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Les industriels des semi-conducteurs confrontés à des difficultés sans précédent, selon AlixPartners

Inflation des investissements de R&D, augmentation des frais généraux, baisse de la rentabilité… Le cabinet de conseil AlixPartners pointe les risques croissants auxquels sont exposés les industriels de la microélectronique. Une situation propice à la consolidation, qui relance l’idée de fusion entre les trois ténors européens STMicroelectronics, Infineon et NXP.
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Les industriels des semi-conducteurs confrontés à des difficultés sans précédent, selon AlixPartners
Les industriels des semi-conducteurs confrontés à des difficultés sans précédent, selon AlixPartners © DR

Alors que le marché des semi-conducteurs renoue avec la croissance avec, selon le cabinet Gartner, un bond de 5,2% en 2013, le cabinet de conseil AlixPartners se montre plutôt pessimiste sur la solidité financière des industriels de la microélectronique. Dans une étude, il a passé au crible les 191 sociétés cotées du secteur, à l’exception des groupes dont les semi-conducteurs ne sont qu’une activité parmi d’autres, comme IBM, Samsung ou Toshiba. La conclusion est sans appel : au moins 53% d’entre elles sont exposées à des risques financiers et 45% d’entre elles pourraient connaître des problèmes de trésorerie à cause de marges inférieures ou égales à 10%.

Une rentabilité en chute libre

Même les cinq plus gros acteurs - Intel, Qualcomm, TSMC, Texas Instruments et SK Hynix -, qui génèrent 30% du chiffre d’affaires du secteur et 52% de son EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, amortissements et provisions), sont sous pression. Selon l’étude, le ratio de leurs investissements en R&D sur leur chiffre d’affaires atteint 15,9%, un record sur ces cinq dernières années. Entre 2010 et 2012, la somme de leurs frais généraux et de leurs dépenses en R&D a augmenté de 35%. Résultat : la rentabilité de leurs capitaux investis a chuté de 26% à 17% sur la même période.

Les trois ténors européens du secteur, STMicroelectronics, Infineon et NXP, font partie du groupe d’acteurs le plus exposés à des risques financiers. "Cela vient du fait qu’ils sont présents sur une multitude de marchés pas toujours porteurs, explique David Benichou, directeur général en charge du département Technologies, Médias et Télécoms d’AlixPartners, en France. Leurs portefeuilles de produits sont en plus orientés vers l’Europe et ils sont liés à des clients en perte de vitesse comme Nokia ou Sony. S’ils ne vont pas sur les marchés en forte croissance des mobiles et objets connectés, ils risquent de rencontrer de sérieuses difficultés."

Vers un airbus de la microélectronique ? 

Selon AlixPartners, cette situation, propice à la consolidation, pourrait impulser cette année un mouvement de fusions et d’acquisitions, à l’instar des opérations récentes impliquant Avago Technologies et LSI, Micron Technology et Elpida Memory, ou encore Applied Materials et Tokyo Electron. Sans parler du projet d’IBM de ceder son activité de production de semiconducteurs. Elle relance aussi l’idée de fusion entre STMicroelectronics, Infineon et NXP. "Cette hypothèse, évoquée depuis de nombreuses années, se traduirait par la création d’un grand champion européen, estime David Bénichou. Mais la complexité d’une telle opération ne laisse pas envisager un aboutissement à très court terme."

Dans ce contexte morose, certains acteurs parviennent à tirer tout de même leur épingle du jeu. C’est le cas des équipementiers des semi-conducteurs. Seulement 11% d’entre eux sont exposés à des difficultés financières, selon l’étude. Ils sont suivis par les sociétés fabless (13%), comme Qualcomm, Nvidia ou Broadcomm, puis par les fondeurs (25%), ces sous-traitants fabriquant des circuits intégrés sur les plans de leurs clients, comme TSMC, GlobalFoundries ou UMC.

Pour consulter l’étude d’AlixPartners  

Ridha Loukil

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