Les jours fériés du mois de mai, une arme de démotivation massive pour une start-up

Ex-directeur commercial de relaxnews et de My Little Paris, Thomas Barret a décidé en 2015 de créer son entreprise.
Ambition : ré-enchanter nos matins, avec sa gamme d’accessoires siglés The Morning Company.
Chose peu commune, il choisit dès le début de son aventure de tenir un carnet de bord, afin de partager ses premiers pas et ses péripéties d’entrepreneur.
L’Usine Digitale publie, chaque semaine, ses récits.

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Les jours fériés du mois de mai, une arme de démotivation massive pour une start-up

Trois fois qu’on me fait le coup. Ça commence à faire beaucoup.

La 1ère fois, j’ai rien dit. J’ai encaissé. Je crois que j’ai même lâché un "c’est normal" de rigueur dans ces circonstances.

La seconde fois, ça a été déjà plus pénible. Un vague sentiment de dis-donc-vous-seriez-pas-tous-en-train-de-me-chercher m’a envahi, et je n’ai pu cette fois réprimer un "ah bon, vous aussi ?" (tentative de culpabilisation subtile mais pas trop).

Quant à la troisième fois, je suis passé par différentes phases. J’ai d’abord cru à une blague. Puis à une épidémie. Enfin à un complot. Et puis la réalité s’est imposée à moi, en cinq lettres : N.O.P.S.T.

Pris dans l’ordre alphabétique, ces cinq signes semblent inoffensifs. Voire presque mélodieux. Mais les PONTS, pris en mai, et dans le bon ordre, se muent en Armes de Démotivation Massive pour un projet comme The Morning Challenge.

En mai, il n'y a personne pour usiner des prototypes

C’est un fait. Terrible mais incontestable. Les ponts de mai sont à l’entrepreneuriat ce que le slip est à la langue anglaise : un faux-ami.

Ben oui. Comment voulez-vous que mon projet avance, si tout le monde est en vacances ? Comment faire produire mes prototypes The Morning Company s’il n’y a personne pour usiner ?

Alors certes, j’entends déjà certains d’entre vous objecter, à raison, qu’on est bien content d’avoir des jours fériés, quand même, qu’on les mérite, et qu’il manquerait plus que ça qu’on nous les enlève, parce que bon, déjà que c’est difficile, tout ça, alors hein, avec tout le reste en plus… Et c’est pas faux.

Seulement je trouverais ça plus pratique qu’on les mérite… pas tous en même temps. Comme ça, le monde tout entier de toute la France ne s’arrêterait pas pile au même moment, pour 15 jours. Vous voyez ?

Par exemple, à titre personnel, je pourrais fêter la fin de la Seconde Guerre mondiale le 20 avril dorénavant. En plus, comme ça, j’économise des morts (bah oui, 18 jours de guerre en moins, c’est toujours ça de pris).

En tout cas, la morale, c’est que plus on travaille avec des petites entreprises, plus il faut garder un oeil sur le calendrier pour anticiper ce genre de surprises. Parce que quand le patron d’une entreprise unipersonnelle part en vacance, il reste… bref, vous voyez le tableau.

Je me retrouve donc à user de ma plus belle persuasion pour faire avancer les choses, avec un minimum de ressources. Ça tombe bien, j’ai pas grand chose à faire en mai : finaliser 5 prototypes, créer un site internet, tourner une vidéo de présentation… et prendre des bières en terrasse. Heureusement pour mon moral, il y a au moins 1 sujet sur les 4 qui avance bien.

Le reste de ma semaine, en quelques chiffres :

6 heures de tournage pour une chouette vidéo à venir (merci Charlie!)

278 kilomètres en une matinée pour une réunion de 17 minutes

1 journée de découverte de la Picardie et de ses industries locales

50 pourcent des jours fériés travaillés

3 bières en terrasse (-25% versus début mai – à surveiller)

Merci encore pour votre soutien, vos emails, vos commentaires. Dans ce sprint printanier qui s’engage, c’est plus précieux que jamais !

Et à mercredi prochain.

Thomas Barret, néo-entrepreneur

Ce billet a également été publié sur le blog de l’auteur : The Morning Challenge

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

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