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Les méthodes "brutales" d’Altice inquiètent les syndicats des opérateurs

Dans l’attente de la réponse du groupe Bouygues à l’offre d’Altice sur sa filiale télécoms, les syndicats des opérateurs concernés par l’opération s’inquiètent des conséquences sur le travail et l’emploi d’une telle opération. En cause ? Les méthodes du groupe de Patrick Drahi, basées essentiellement sur la réduction des coûts, déjà éprouvées par les équipes de SFR depuis un an.
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Les méthodes brutales d’Altice inquiètent les syndicats des opérateurs
Les méthodes "brutales" d’Altice inquiètent les syndicats des opérateurs © DR

Le 23 juin au soir, on devrait connaître l’avis à la fois du gouvernement et du groupe Bouygues sur la proposition d’Altice d’acquérir Bouygues Telecom. Les syndicats des opérateurs concernés, qui ont appris par la presse l’offre faite par Altice sur Bouygues Telecom, ne cachent pas une forte inquiétude. Dans un communiqué du 22 juin, la CGT FAPT (Postes et télécoms) notait que "cette concentration se fera au détriment de la filière des télécommunications et de ses salariés. […] Les opérations de consolidations de ces dernières années se font avec plusieurs milliers de suppressions d’emplois chez Bouygues Telecom et SFR." Résumant la situation, Damien Bornerand, responsable CGT chez SFR déclarait le même jour à l’AFP : "il va y avoir du doublon à la pelle".

 

L'emploi, au coeur des inquiétudes


"L’emploi est notre premier sujet d’inquiétude dans la perspective de la concrétisation de cette opération. La CFDT de Bouygues Telecom a la même inquiétude d’autant qu’ils viennent de vivre deux plans sociaux consécutifs. Ils ont la même structure d’entreprise que nous. Tout le monde a du réseau, du support, du marketing et travaille grosso modo sur les mêmes produits," a confirmé à l’Usine Digitale, Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT de SFR.

 

Ce qui n’a pas été le cas pour SFR et Numéricable, plutôt complémentaires. D’autant que – même sans plan de départs – le syndicat a comptabilisé 250 départs au premier trimestre, sans même intégrer l’ensemble du management de SFR, parti dès la validation de la fusion. "Cela a beaucoup déstabilisé l’entreprise", précise Olivier Lelong. Le syndicaliste dénonce d’ailleurs les méthodes jugées "brutales" du groupe Altice, qui seraient sans nul doute aussi appliquées à la nouvelle entité, si Bouygues Telecom était absorbée.

 

Des méthodes déstabilisantes 


"Du jour au lendemain, vous coupez tous les budgets, partout dans l’entreprise, raconte-t-il. Et comme dans une PME, chaque fois qu’une opération doit être lancée, il faut justifier la dépense, voir si on ne peut pas faire moins cher ou reporter. Et ce, même pour une opération de maintenance. C’est très déstabilisant, et cela immobilise l’entreprise." Le syndicaliste confirme aussi que les déplacements de salariés entre les entités SFR, Numericable et Completel, ne leur sont présentées que lorsque la réorganisation est déjà confirmée

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Dégradation du service...

 

Mais cette façon de travailler est aussi, pour Olivier Lelong, à la source d’une dégradation du service et du départ des clients vers d’autres opérateurs. "Avec l’arrivée de Numericable, on a connu un très gros problème de qualité de service", raconte le syndicaliste. Pour lui, SFR Numericable n’est "pas au niveau avec le déploiement de la 4G" et le déploiement chaotique de cette dernière dégrade aussi le réseau 3G.

Olivier Lelong impute cette dégradation à une façon de travailler qui fait passer les coûts en priorité, et qui est aussi brutale vis-à-vis des fournisseurs et des partenaires que des employés. "On a besoin de beaucoup de fluidité, notamment dans les relations avec les bailleurs pour l’installation des antennes", précise Olivier Lelong, qui constate plutôt des conflits entre Numericable et ces derniers.

 

...ET FUITE DES ABONNÉS


Le groupe a annoncé lors de ses derniers résultats trimestriels avoir perdu 400 000 abonnés. "Au niveau financier, on s’en sort, commente Olivier Lelong. Mais nos tarifs augmentent et cela pourrait provoquer d’autres départs. Sans services nouveaux ni amélioration de la qualité, c’est difficile d’expliquer cela aux clients…"

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