Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

"Les objets connectés posent un problème environnemental", affirme Pierre Bonzom (Ela Innovation)

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Entretien Pierre Bonzom, fondateur et PDG d’ELA Innovation, spécialiste des systèmes RFID, alerte sur la multiplication des objets connectés. Ils représenteront un marché de 7000 milliards de dollars en 2020. Leur besoin en énergie et leurs massives émissions radioelectriques poseront un problème environnemental.

Les objets connectés posent un problème environnemental, affirme Pierre Bonzom (Ela Innovation)
Pierre Bonzom, fondateur et PDG d’ELA Innovation.

L'Usine Digitale : Quel danger représentent les objets connectés ?

 

Pierre Bonzom : Les objets connectés sont une vraie révolution. Et leurs multiples applications sont très alléchantes. Mais, attention, ils posent des problèmes environnementaux en matière d’émissions radioélectriques et de besoins en énergie. Ce n’est pas une découverte, on connaissait déjà ce problème avec les télécommandes. Mais, ici, nous allons changer des échelles, les objets connectés vont être beaucoup plus nombreux à l’avenir (NDR : 50 milliards d’objets connectés en 2020).

 

Les dangers des émissions radioélectriques ne sont pas démontrés...

 

Certes, rien n’est prouvé et des tests sur la santé humaine sont menés afin de s’assurer de l’innocuité des objets émetteurs. Mais le problème n’est pas tant le risque pour la santé humaine que le risque de collision. Lorsque plusieurs voisins vont utiliser des dizaines d’objets connectés, sera-t-il possible de faire cohabiter tous ces éléments sans saturer les réseaux.

 

Quant à l’énergie consommée, elle peut être produite à partir de source bas ou sans carbone...

 

En matière d’énergie, le problème n’est pas la production. C’est le stockage. C’est l’aspect chimique des batteries qui posent question. Certes les batteries récentes fonctionnent au lithium, qui n’est pas aussi nocif que le plomb des anciens accumulateurs, mais leur impact n'est pas anodin non plus.

 

Comment pallier ce problème ?

 

Nous pouvons espérer que la R&D amène au développement de systèmes de réserves d’énergies de plus en plus écologiques. Sans compter que des améliorations sont à faire du côté de la consommation, le remplacement du Bluetooth par du Bluetooth low-energy (faible énergie) permet déjà de limiter le recours aux batteries. Pour aller plus loin, nous pourrions envisager des objets à énergie positive.

 

"Energie positive", c’est du fantasme ou une solution réellement possible ?

 

C’est une vraie possibilité ! Il existe déjà des gammes de produits qui ne requièrent pas de source d’énergie interne. Par exemple, il existe des interrupteurs de porte qui ne demande pas de tirer des câbles d’alimentation, car la puissance transmise par un humain en appuyant dessus est suffisante pour envoyer un signal radioélectrique.

 

L’idée est de développer les technologies de l’energy harvesting, qui consiste à récupérer toutes les microsources d’énergies (mouvement, lumière, chaleur…). Reste ensuite le problème du coût. Tout ne sera pas rentable. Mais si on réussit à faire de l’energy harvesting pour 50 ou 60% des objets connectés à venir, ce sera déjà gigantesque.

 

Propos recueillis par Ludovic Dupin

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale