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Les opérateurs télécoms américains ont bien vendu les données de géolocalisation de leurs clients

Après plus d'un an d'enquête, la Commission fédérale des communications (FCC) a confirmé que les quatre grands opérateurs télécoms américains ont bien violé la loi fédérale sur la protection de la vie privée en vendant illégalement les données de géolocalisation de leurs clients. Si l'affaire a débuté en 2018 par la publication de nombreuses enquêtes, l'autorité américaine a néanmoins tardé à réagir.
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Les opérateurs télécoms américains ont bien vendu les données de géolocalisation de leurs clients
Les opérateurs télécoms américains ont bien vendu les données de géolocalisation de leurs clients © Unsplash/NESA by Makers

Plusieurs opérateurs télécoms américains ont enfreint la loi fédérale sur la protection de la vie privée en vendant les informations sensibles de leurs clients comme les données de localisation en temps réel, a confirmé Ajit Pai le président de la Commission fédérale des communications (FCC).

 

Dans une lettre envoyée le 31 janvier 2020 au Congrès dans le cadre d'une enquête, l'agence gouvernementale en charge de réguler les télécommunications prévient qu'elle prendra des mesures contre les opérateurs incriminés pour s'assurer qu'ils protègent enfin suffisamment les informations sensibles des consommateurs.

 

Vente à des chasseurs de prime

Tout a commencé en 2018 lorsque les quatre grands opérateurs américains  – Verizon Wireless, AT&T, T-Mobile et Sprint – ont été accusés de vendre les données de géolocalisation à des agrégateurs, qui les revendaient ensuite à d'autres entreprises. L'affaire a été révélée via une enquête journalistique menée par Motherboard (Vice) qui démontrait que les informations été achetées par les bail bond companies et les bounty hunter. Les premières prêtent de l'argent aux délinquants pour qu'ils obtiennent leur libération sous caution. Les seconds traquent les fugitifs en échange d'une récompense. Ce business est particulier et spécifique aux Etats-Unis. Par leurs activités, ces acteurs ont un grand intérêt à connaître la localisation précise de leurs clients. 

 

Suite à cette révélation, les quatre principaux opérateurs de téléphonie américains avaient promis de cesser la vente de ces données. Promesse tenue, selon la FCC. Jessica Rosenworcel, membre de la FCC, a déclaré qu'il était "dommage qu'il ait fallu si longtemps à l'autorité pour parvenir à une conclusion qui était si évidente" dans une lettre publiée en parallèle du document envoyé au Congrès. C'est elle qui avait soulevé à de nombreuses reprises cette problématique mais jusqu'ici ignorée par l'autorité américaine.

 

Quelle punition ?

La FCC n'a toutefois pas un pouvoir de sanction très étendu. Les opérateurs télécoms qui seront déclarés coupables ne pourront être sanctionnés que d'une amende dont le montant varie en fonction de la gravité des faits allégués. Mais la somme serait-elle suffisamment prohibitive pour que les opérateurs arrêtent totalement ces activités ? A noter tout de même que l'absence d'équivalent du Règlement général sur la protection des données (RGPD) n'empêche pas les autorités américaines d'investiguer sur de potentielles violations de données personnelles.

 

Plus généralement, les données de localisation sont au centre d'un business mis en lumière depuis quelques années. En décembre 2019, les journalistes du Times révélaient l'existence d'un fichier contenant 50 milliards de données de localisation de 12 millions d'Américains. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce fichier n'appartenait pas à un géant technologique mais à "une société de collecte de données de géolocalisation, l'une des dizaines à récupérer tranquillement des mouvements précis à l'aide d'un logiciel glissé sur les applications de téléphonie mobile", selon l'enquête. Chaque élément contenu dans ce fichier représentait l'emplacement précis d'un seul smartphone sur la période de plusieurs mois entre 2016 et 2017. Chaque personne était traquée, qu'elle habite "dans des mobiles homes à Alexandria, en Virginie, ou dans des tours de luxe à Manhattan".

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