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Les opérateurs télécoms sauront en février s'ils ont le droit d'utiliser les équipements 5G de Huawei

Vu ailleurs Le directeur général de l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (Anssi) assure aux Echos que les réponses aux demandes d’autorisation déposées par les opérateurs télécoms pour leurs équipements 5G seront données en février. Ces derniers craignent un bannissement de Huawei... et patientent fébrilement.
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Les opérateurs télécoms sauront en février s'ils ont le droit d'utiliser les équipements 5G de Huawei
Les opérateurs télécoms sauront en février s'ils ont le droit d'utiliser les équipements 5G de Huawei © Huawei

Alors que la procédure d’attribution des fréquences 5G a déjà débuté, les opérateurs télécoms ne savent toujours pas s’ils auront droit de s’équiper chez Huawei. Une situation qui dure depuis plusieurs mois et qui a tendance à les crisper, tant l’investissement devrait être colossal pour déployer ce réseau. Dans un entretien aux Echos paru ce lundi 20 janvier 2020, Guillaume Poupard, directeur général de l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (Anssi), a réagi pour la première fois à leurs critiques… gageant que les réponses à leurs demandes d’autorisation seront "délivrées en février".

 

UNE MESURE TOTALEMENT INéDITE

L’intervention de l’Anssi dans ce processus est tout à fait inédite. Rendue obligatoire depuis le vote de la loi dite "Huawei" à l’été 2019, elle a pour but de s’assurer que les choix des opérateurs télécoms en matière d’antennes et de cœurs de réseau ne compromettent par la sécurité nationale. Dans les faits, elle bannit également les équipements douteux des secteurs hébergeant des lieux de pouvoir. Pour la première fois dans l’histoire de la téléphonie mobile, l’autorité publique dictera en quelque sorte aux acteurs du secteur les entreprises avec lesquelles collaborer. Et cela les rend fébriles.

 

Pour Bouygues Telecom et SFR, l’interdiction de Huawei entraînerait l’obligation de reconstruire en partie leurs réseaux 3G et 4G… qui reposent déjà sur du matériel fourni par l’équipementier chinois. "Evidemment qu’ils sont stressés et on n’est pas là pour rajouter du stress, on est là pour la sécurité, a indiqué à nos confrères Guillaume Poupard, soulignant que le délai de réponse ne peut excéder les deux mois après le dépôt du dossier. Nous savons que si nous laissons les opérateurs tout faire seuls, les questions de souveraineté ne seront pas prises en compte. C’est la raison pour laquelle ils doivent demander des autorisations à l’Anssi sur leurs choix d’équipementiers."

 

UNE TRANSITION envisagée EN CAS DE REFUS

Au-delà des réseaux existants, les conséquences seraient aussi importantes pour le déploiement de la 5G en France. Les spécialistes estiment ainsi que le coût total de la procédure pourrait flamber en cas de bannissement du géant chinois des télécoms, qui propose un bon rapport qualité-prix. "Dire aux opérateurs du jour au lendemain : vous ne pourrez plus utiliser tel équipementier, c’est très dur, on ne peut pas leur faire cela, admet Guillaume Poupard. Mais, en même temps, cela ne peut pas être une faiblesse à l’infini, car cela ne sont pas des solutions ad vitam æternam. On trouvera un bon équilibre."

 

Si Orange n’est pas dépendant du matériel de Huawei pour les précédentes générations de téléphonie mobile, il a montré son intérêt pour la marque au lotus sur la 5G. Free ne devrait, lui, pas ressentir une éventuelle interdiction. L’opérateur télécoms de Xavier Niel a déjà signé un partenariat avec son partenaire historique, Nokia. Chez l’équipementier finlandais et son concurrent suédois Ericsson, qui s’apprête à ouvrir un centre de R&D en France, les voyants sont au vert. Les Européens capitalisent sur les doutes persistants concernant la sécurité des produits des Chinois Huawei et ZTE. Avec 74 et 50 contrats commerciaux à leur actif, ils se placent respectivement sur les première et troisième marches du podium. Un fossé qui pourrait se creuser avec la proposition de sénateurs américains, la semaine dernière, de financer les alternatives occidentales à hauteur de un milliard de dollars.

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