Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Les quatre travaux du nouveau patron de Microsoft

Satya Nadella, qui vient de prendre les rênes de Microsoft, est attendu au tournant sur trois dossiers chauds: les mobiles, les services en ligne et les jeux vidéo. Le plus dur sera de gagner la confiance de Wall Street.

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Les quatre travaux du nouveau patron de Microsoft
Les quatre travaux du nouveau patron de Microsoft © Auxo.co.kr - Flickr - C.C

Ni applaudissement, ni protestation. La nomination de Satya Nadella, jusqu’ici patron de l’activité services cloud et logiciels pour entreprises, à la tête de Microsoft, ne suscite aucune réaction de la part des investisseurs financiers. Et pour cause: ils auraient préféré une personnalité extérieure à poigne, capable de secouer le cocotier et de tailler dans le vif. Les voilà face à un homme du sérail, qui a passé 22 ans chez le géant de Redmond et qui pourrait donc s’inscrire dans la continuité de son prédécesseur Steve Ballmer, devenu ces deux dernières années le dirigeant d’entreprise cotée le plus honni par Wall Street.

Le nouveau directeur général de Microsoft est attendu au tournant sur trois dossiers brûlants: les mobiles, les services en ligne et les jeux vidéo. Ses décisions stratégiques sur ces sujets seront scrutées à la loupe par les analystes.

1/ Mobiles

Dans les mobiles, Satya Nadella hérite d’une situation plus confortable que prévue, avec un doublement des ventes de la tablette Surface et le renfort à venir des mobiles de Nokia. Il devra réussir l’intégration de l’activité terminaux du constructeur finlandais, tout en continuant à pousser son système d’exploitation mobile Windows Phone auprès d’équipementiers tiers comme HTC, Samsung ou Huawei. L’intention de Sony de construire des smartphones avec cet OS lui apporte une bonne nouvelle. Dans la tablette Surface, il devra décider s’il faut maintenir Window RT (une version de Windows 8 fonctionnant sur un processeur à architecture ARM), jugé comme un facteur de confusion sur le marché, ou se recentrer sur un seul OS qui garantit la compatibilité de toutes les applications écrites pour l’univers des PC.

2/ Services en ligne

Dans les services en ligne, le nouveau patron de Microsoft est confronté à une situation difficile, avec selon les analystes des pertes moyennes de 300 millions de dollars par trimestre. Malgré des investissements colossaux ces dernières années, le géant de Redmond ne parvient pas à rattraper son retard sur Google, qui domine largement la recherche Web et le marché de la publicité en ligne. Satya Nadella prendra-t-il la décision d’arrêter cette activité stratégique pour l’avenir du groupe sur internet, comme certains analystes le suggèrent ? On le voit mal le faire. Ceci reviendrait à laisser le terrain libre à Google.

3/ Jeux vidéo

Dans les jeux vidéo, Microsoft fait face à un bouleversement du marché du fait du développement des jeux en ligne et sur mobiles. Sa nouvelle console Xbox One rencontre un vif succès, avec la vente de 3,9 millions d’exemplaires entre son lancement en novembre 2013 et fin 2013. Mais selon le cabinet Nomura, Microsoft devrait y laisser des plumes : plus de 1 milliard de dollars. Et les perspectives s’annoncent encore plus sombres, avec la déferlante annoncée des consoles low cost (comme la Ouya, lancée en juin 2013 à moins de 100 dollars) et l’arrivée prochaine des géants du Net comme Amazon, Apple et Google sur le marché. Le nouveau directeur général devra décider s’il faut garder cette activité ou l’arrêter.

4/ Wall Street

Plus généralement, Satya Nadella se trouve face au défi d’un changement profond de modèle. Avec la stratégie centrée sur les "Devices & services", impulsée par Steve Ballmer, il y a un an, Microsoft cherche à se transformer en passant d’un modèle de vente de logiciels sous licence à un modèle de vente de services en ligne (cloud computing) et de matériels. Au dernier trimestre, ses services cloud affichent une croissance à trois chiffres. C’est bien. Le problème c’est que ce changement de modèle provoque un effondrement des marges. On le voit dans les résultats du dernier trimestre : les marges sont de 23% pour les services cloud, contre 93% pour la vente de logiciels sous licence.

Mais le plus dur pour Satya Nadella sera de convaincre Wall Street, qui garde un souvenir amer de la gestion de Steve Ballmer. Et ce que les investisseurs veulent, c’est de voir la stratégie du patron de Microsoft se traduire par une montée sensible du cours en bourse. Sans cela, il risque de subir le même sort que son prédécesseur.

Ridha Loukil
 

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale