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Les recettes de Nestor, autoproclamée première start-up française rentable de livraison de repas

mis à jour le 19 juillet 2017 à 11H08
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La start-up parisienne de food delivery Nestor se dit rentable, un peu plus de deux ans après son lancement et malgré son essor continu. Comment y parvient-elle ?

Les recettes de Nestor, autoproclamée première start-up française rentable de livraison de repas
Les recettes de Nestor, autoproclamée première start-up française rentable de livraison de repas © Nestor

Un modèle économique "rentable" et "scalable" : beaucoup de start-up de la foodtech en rêvent, seule la jeune pousse parisienne Nestor dit y être parvenue, en France et au-delà.  Si elle refuse d'en dire davantage sur ses résultats précis (le chiffre d'affaires d'une start-up est aussi secret que les ingrédients du plat signature d'un grand chef), il y a quelques raisons objectives de la croire.

 

On pourrait penser que les fondateurs de Nestor ont mis du temps à trouver la bonne recette business, trouver et doser les ingrédients… Finalement, pas tant que ça. Certes, ils ont dû mettre la main à la pâte au départ (en mars 2015) pour comprendre les attentes du client. "Notre rêve était d'ouvrir notre propre restaurant, mais nous avions peu d'expérience. On a alors pensé à un resto virtuel qui desservirait les zones de bureaux. On a commencé dans la cuisine de mes parents, avec trois / quatre menus par jour, aidés par une amie douée en cuisine. On a tout fait nous-mêmes : préparer les plats, les livrer à vélo", se souvient Joseph de Chateauvieux, l'un des trois associés. "Parallèlement, on a pris le temps d'analyser les modèles existants aux Etats-Unis à l'époque - Sprig, Spoon Rocket, Munchery – et en France (comme Tok Tok Tok). Ceux qui s'en sortaient le mieux avaient une organisation millimétrée et une cible précise. On en a tiré une conviction : se concentrer sur un marché de niche – les professionnels – avec une offre simple".

 

supply chain optimisée

Nestor assure que c'est en écoutant ses clients qu'elle a petit à petit resserré son offre et trouvé sa formule gagnante : menu unique (entrée/plat/dessert) à 15 euros pour la pause-déjeuner de mi-journée. "C'est ce choix qui nous permet d'optimiser chaque maillon de la chaine", résume le co-fondateur.  Toute la stratégie de Nestor découle de ce parti-pris initial. Optimisation de la supply chain (peu de gaspillage de produits, achats groupés), localisation des cuisines (à moins de 20 minutes de vélo de zones à haute densité de bureaux), mutualisation des livraisons … autant de facteurs qui permettent de baisser les coûts et expliquent la rentabilité du "plus grand restaurant virtuel de France" (avec 1500 à 2000 repas fabriqués et livrés chaque jour). Les deux cuisines parisiennes (trois dès cet automne 2017), où travaillent huit personnes, sont des "mini-usines" où chaque tâche est optimisée.

 

la tech, un ingrédient clé

Nestor ajoute une couche d'intelligence avec son algorithme de répartition des commandes. Jusqu'à 40% des menus sont ainsi livrés "par prédiction" : fabriqués et pré-transportés dans une zone précise avant même d'être réellement commandés.  Avec son système, Nestor peut aussi faire livrer plusieurs menus par un seul "biker". Un modèle presque impossible à répliquer pour des sites de foodtech plus généralistes. "Les sites qui livrent plusieurs menus et produits ne peuvent pas optimiser les trajets de leurs livreurs comme nous le faisons. Difficile pour eux de sortir du paradigme 'un livreur, une commande, un client'", commente Joseph de Chateauvieux. La différence, en termes de coûts de livraison, est énorme : moins de 2 euros par repas pour Nestor, jusqu'à 5 à 6 euros pour ses concurrents.

 

Cet ingrédient technologique sert aussi à connaître les goûts des clients et à renouveler les menus. "On demande systématiquement aux clients ce qu'ils pensent des plats, et on remonte leurs notes et commentaires aux cuisines. Ajoutés aux données chiffrées sur les ventes, ces retours nous permettent d'ajuster l'offre en permanence", indique Marion Alezier, responsable de communication de Nestor.

 

Un excellent taux de "repeat"

Voilà de quoi fidéliser les utilisateurs – 20% commandent au moins une fois par semaine – et assurer la croissance de la start-up, qui a battu ses records de commandes de semaine en semaine jusqu'à cet été 2017 (avec +10% de commandes chaque semaine).

 

 

Mais attention, de par son positionnement sur un marché de niche, Nestor mise sur une croissance "durable" et ne souhaite pas se diversifier tous azimuts. Ses fondateurs veulent continuer à grandir à leur rythme (la start-up compte une trentaine de salariés, contre 200 pour Frichti par exemple) et n'a levé "que" 900 000 euros depuis sa création.   "Nous visons les grandes métropoles européennes ayant les mêmes caractéristiques que Paris en termes de concentration géographiques d'actifs comme Londres, Bruxelles, Luxembourg…", avance Joseph de Chateauvieux. La deuxième ville sera ouverte début 2018. En foodtech comme dans la vie, il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre.

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1 commentaire

Millot
19/07/2017 09h44 - Millot

"Nestor ajoute une couche d'intelligence avec son algorithme de répartition des commandes. Jusqu'à 40% des menus sont ainsi livrés "par prédiction" : fabriqués et pré-transportés dans une zone précise avant même d'être réellement commandés" Sérieusement !! On a pris l'habitude des rédactionnels qui enjolivent la vie merveilleuse des startup ou bien encore s'arrange avec les propos des startupeurs déjà excessifs mais là, on touche à la "poétech" Enfin, bonne croissance à Nestor tout de même !

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