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Les recherches de Microsoft dans l'informatique quantique pourraient subir un coup d'arrêt

Vu ailleurs Microsoft base ses recherches dans l'informatique quantique sur la création de qubits topologiques basés sur l'utilisation de fermions de Majorana. L'existence de ces fermions de Majorana a été prouvée par la publication d'un article scientifique paru en 2018, ce qui avait validé l'approche de Microsoft en la matière. Mais cet article est aujourd'hui remis en cause.
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Les recherches de Microsoft dans l'informatique quantique pourraient subir un coup d'arrêt
Les recherches de Microsoft dans l'informatique quantique pourraient subir un coup d'arrêt © Microsoft

L'existence de la particule sur laquelle s'appuient les recherches de Microsoft dans l'informatique quantique n'est finalement pas prouvée. Un coup dur pour l'entreprise, qui estimait pouvoir créer un ordinateur quantique d'ici mai 2023. Les travaux sur lesquels s'appuie Microsoft pour sa recherche dans ce domaine ont été publiés en 2018 et sont aujourd'hui remis en cause par des chercheurs qui ont accédé à l'ensemble des données, rapporte Wired.

Des données manquantes
Des chercheurs ont affirmé avoir trouvé des preuves de l'existence des fermions de Majorana, une particule sur laquelle les recherches de Microsoft dans l'informatique quantique reposent. Un article écrit sous la direction de Leo Kouwenhoven, un employé de Microsoft, ainsi que 29 autres chercheurs de l'université de Delft aux Pays-Bas a été publié dans la revue Nature en 2018 afin de relater ces résultats.

A la demande d'autres scientifiques, jugeant qu'il manquait des informations, ils ont diffusé plus de données provenant de leurs expériences. Deux physiciens spécialisés affirment aujourd'hui que ces données supplémentaires fournies par le groupe de recherche montrent qu'ils avaient initialement exclu des points de données qui contredisaient leur découverte, relate Wired. "D'après les données complètes, il ne fait aucun doute qu'il n'y a pas de Majorana", déclare Sergey Frolov, un professeur à l'Université de Pittsburgh.

Des biais de confirmation ?
Le document de 2018 expliquait avoir vu des signatures des particules de Majorana dans le courant électrique passant à travers un minuscule filament semi-conducteur porté à ultra basse température. Un graphique dans l'article montrait des points traçant un plateau exactement au niveau de la valeur de conductance électrique que la théorie avait prédit.

Mais Sergey Frolov explique que les informations initialement non publiées contiennent des points de données qui s'éloignent de cette ligne. Or, en les ajoutant, cela montre que la particule Majorana pourrait ne pas être présente. Sergey Frolov ne sait pas pourquoi ces données ont été exclues mais il explique que le fait de vouloir valider des théories à l'aide d'expériences peut mener à la mise en place de biais de confirmations et à la production de preuves faussement positives.

Une ré-examination de l'article de 2018
Microsoft a fourni à Wired une déclaration attribuée à Leo Kouwenhoven disant qu'il ne pouvait pas commenter l'information car le nouveau document qui réinterprète les résultats de son groupe de recherches est en cours d'examen par des pairs. "Nous sommes convaincus que l'informatique quantique à grande échelle va aider à résoudre certains des plus grands défis de l'humanité, et nous restons déterminés à investir dans l'informatique quantique", dit-il.

Nature a ajouté une "note de lecture de préoccupation" à l'article de 2018 en avril dernier et un porte-parole du journal a déclaré que Nature "travaille avec les auteurs pour résoudre le problème". Un porte-parole de l'Université de Delft a déclaré qu'une enquête de son comité d'intégrité de la recherche, lancée en mai 2020, est en cours. Une personne proche du dossier a confié que le rapport final conclura probablement que les chercheurs de Delft ont commis des erreurs mais qu'ils n'avaient pas l'intention d'induire en erreur.

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