Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Les syndicats italiens de STMicroelectronics se mobilisent à leur tour contre la direction

Des délégués des syndicats italiens de STMicroelectronics participent au rassemblement organisé aujourd’hui par la CGT sur le site de Grenoble. Et leur mobilisation s’étend aux sites de Catane et Agrate, en Italie. Avec la même revendication que leurs confrères français : un changement de stratégie industrielle.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Les syndicats italiens de STMicroelectronics se mobilisent à leur tour contre la direction
Les syndicats italiens de STMicroelectronics se mobilisent à leur tour contre la direction © Pascal Guittet

Les syndicats français de STMicroelectronics ne sont plus seuls à se mobiliser contre la stratégie du PDG Carlo Bozotti. Dans leur action, ils sont rejoints par leurs confrères en Italie. Une première depuis dix ans. Une délégation du syndicat italien CGIL du site d’Agrate, près de Milan, participe aujourd’hui au rassemblement organisé par la CGT à Grenoble, qui constitue le principal site de l’activité de circuits numériques avancés menacée de fermeture ou de vente à cause de pertes chroniques.

 

Davantage de pression sur la direction

A deux semaines du point d’étape que Carlo Bozotti prévoit de faire sur ce dossier lors de la présentation des résultats du troisième trimestre le 29 octobre 2015, la CGT, avec l’appui de son confrère italien, veut accentuer la pression sur la direction pour sauver cette activité jugée stratégique à la fois pour l’avenir du groupe et celui de la microélectronique en Europe. "La contestation ne se limite pas au Digital de ST, remarque Marc Leroux, délégué CGT. Le fait que les syndicats italiens se joignent à notre mobilisation prouve qu’il y a une inquiétude générale sur la stratégie globale du groupe. Car il n’y a pas que le Digital qui va mal. A l’exception des microcontrôleurs, tout est aujourd’hui flat ou en régression."

 

Report de la migration aux 200 mm à l'usine de Catane

Jusqu’ici, la partie italienne de STMicroelectronics, centrée sur les circuits analogiques et mixtes, se sentait peu concernée par les soubresauts du groupe dans les circuits numériques, activité localisée essentiellement en France à Grenoble, Crolles et Le Mans. La décision de la direction de reporter la migration de la fabrication à Catane, en Sicile, de plaquettes de 150 mm de diamètre à celles de 200 mm a soudainement réveillé l’inquiétude des salariés du groupe en Italie. D’autant que la direction n’aurait donné aucune nouvelle date pour cet investissement industriel censé améliorer sa productivité. Et face à la baisse des commandes dans les circuits pour automobile, le site sicilien va subir 10 jours de chômage technique d’ici à la fin de l’année. Une grève de 4 heures aurait été programmée aujourd’hui en signe de protestation.

 

Recul de l'activité Mems sur le site d'Agrate

L’inquiétude monte également à Agrate, près de Milan, le site phare du groupe qui fabrique notamment les Mems. Cette activité, naguère florissante, a subi un recul de 25% en deux ans à cause de la perte du marché des deux dernières générations d’iPhone d’Apple, au profit de l’allemand Sensortec et de l’américain InvenSense. Les syndicats italiens prévoient un rassemblement sur le site le 26 octobre 2015.

 

Silence radio du gouvernement italien

Les syndicats français ont réussi à impliquer l’Etat français, actionnaire de référence de STMicroelectronics, dans le dossier du fabricant franco-italien de semi-conducteurs. Plus que le sort du Digital, c’est l’avenir du groupe qui inquiète les politiques jusqu’au sommet de l’Etat, à l’Elysée.

 

A en croire Marc Leroux, reçu le 7 septembre 2015 à Bercy avec ses confrères de la CFDT, CFE-CGC et UNSA, le gouvernement réclame de la direction une nouvelle stratégie "offensive". Mais du côté de l'Etat italien, l’autre actionnaire de référence, c’est le silence radio. L’entrée en action des syndicats italiens devrait l’amener à s’impliquer, lui aussi, dans le dossier. C’est du moins ce qu’espèrent les syndicats français. Les Etats français et italien détiennent ensemble 27,5% du capital de STMicroelectronics.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media