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Les systèmes avancés d'aide à la conduite n'aiment toujours pas la pluie

Par pluies modérées à fortes, les systèmes de freinage d'urgence ou d'aide au maintien dans la voie peinent à fonctionner correctement. Une nouvelle étude de l'American Automobile Association vient mettre en garde contre les méthodes d'évaluation de ces systèmes et plaide pour qu'ils soient testés sous différentes conditions météorologiques.
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Les systèmes avancés d'aide à la conduite n'aiment toujours pas la pluie
Les systèmes d'aide à la conduite du Volkswagen Tiguan ont été testé sous la pluie par l'AAA. © Volkswagen

La pluie n'est pas la meilleure amie des véhicules autonomes et autres systèmes avancés d'aide à la conduite (ADAS). Une nouvelle étude de l'American Automobile Association (AAA), publiée le 14 octobre 2021, conclut que les pluies modérées à fortes affectent la capacité des systèmes de sécurité du véhicule à "voir" et peuvent entraîner des problèmes de performances. L'association a testé les systèmes du Buick Enclave Avenir 2020, du Hyundai Santa Fe 2020, du Toyota RAV4 2020 et du Volkswagen Tiguan 2020.

Les pluies affectent le fonctionnement des ADAS
Les ADAS comptent sur des capteurs et caméras pour percevoir le marquage au sol, identifier les piétons, véhicules et autres obstacles rencontrés sur la route. L'AAA a mené des tests en circuit fermé.

Elle a simulé des précipitations et d'autres conditions environnementales (insectes et saleté) pour mesurer l'impact sur les performances de l'ADAS, comme le freinage d'urgence automatique et l'assistance au maintien de la voie. Lors des tests avec un pare-brise sale (recouvert d'insectes, de saleté et d'eau), des différences mineures ont été notées mais les performances n'ont pas été affectées négativement.

La fiabilité des systèmes embarqués est surtout réduite lorsqu'il pleut. Les véhicules d'essai équipés d'un freinage d'urgence automatique roulant à 56 km/h sont entrés en collision avec un véhicule arrêté lors d'un tiers des essais (33%). Ce pourcentage baisse à 17% lorsque le véhicule circule à 40 km/h. L'assistance au maintien de la voie n'a pas mieux fonctionné : les véhicules d'essai ont quitté leur voie 69% du temps.

Certains systèmes peuvent fournir une alerte ou se désactiver dans des situations extrêmes. Mais, lors des tests menés par l'AAA, aucune alerte ou avertissement de ce type n'a été fourni. Il convient de préciser que lors des simulations de pluie, le système mis en place par l'AAA aspergeait directement et en continu le pare-brise, sans atteindre la chaussée ou les pneus du véhicule.

Une meilleure prise en comptes des conditions météorologiques
"L'AAA reconnaît que ces systèmes ont la capacité de réduire les risques d'accident et d'améliorer la sécurité globale de la conduite", tempère Greg Brannon, directeur de l'ingénierie automobile et des relations industrielles pour l'AAA. Mais l'association déplore que les ADAS soient évalués principalement dans des conditions opérationnelles idéales. Elle demande à ce que les normes des tests incorporent les conditions réelles auxquelles les conducteurs sont confrontés.

"La réalité est que les gens ne conduisent pas toujours par temps parfait et ensoleillé, nous devons donc étendre les tests et prendre en considération les problèmes auxquels les gens sont réellement confrontés dans leur conduite quotidienne", ajoute Greg Brannon. Une meilleure information auprès des conducteurs du fonctionnement de ces systèmes avancés d'aide à la conduite peut également être bénéfique pour qu'ils puissent bien comprendre comment, quand et où les utiliser.

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