Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Les télécoms à la française sur France 5 : quatre opérateurs, quatre patrons, quatre capitalismes

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Vu ailleurs Vous avez aimé la bataille Free contre tous ? Vous avez aimé Orange ne rachète pas Bouygues qui n’avait pas acheté SFR racheté par Numéricable ? Vous avez aimé la conquête des fréquences 4G ? Vous allez adorer "Guerre dans les télécoms, les quatre couleurs du capitalisme". France 5 diffuse le documentaire de Alain Rabatté et Jean-Baptiste Diebold, le 25 octobre à 20h45.

La guerre des télécoms sur France 5
Les télécoms à la française sur France 5 : quatre opérateurs, quatre patrons, quatre capitalismes © Les Batelières Productions / Julie Guesnon Amarante et Justine Henochsberg

Du suspense, de l’angoisse, de la colère, des amitiés improbables qui se nouent et se dénouent, des jeux de pouvoir et même de l’humour… et surtout des faits. Que l’on soit passionné de télécoms (oui, ça existe) ou que l’on n’ait jamais rien compris à ce jeu de go à la française, les 70 minutes de "Guerre dans les télécoms, les quatre couleurs du capitalisme" sont à la fois éclairantes et presqu’aussi haletantes qu’un épisode de House of cards. Pour raconter cette période-clé de l’histoire du secteur qui a commencé avec le big bang de l’arrivée d’un quatrième opérateur mobile, ce documentiare laisse la parole aux quatre acteurs principaux. Avec la patte du réalisateur Alain Rabatté et l’expertise du journaliste Jean-Baptiste Diebold, c’est sur le ton d’un épisode de série que ce film diffusé le 25 octobre sur France 5 dévoile les quatre visages du capitalisme incarnés par le quatuor qui dirige les télécoms français.

 

Stéphane Richard et Martin Bouygues, Raison et sentiments

Il y a Stéphane Richard, à la tête d’Orange, le big one, l’historique. Cet énarque, diplômé de HEC, est passé par le cabinet de Christine Lagarde. A la barre de son paquebot gigantesque, il représente le capitalisme de grand groupe, dans lequel l’Etat a encore et toujours son mot à dire. Et s’il se rêve en médiateur neutre, au-dessus de la mêlée, il ne résiste pas à raconter son altercation avec Martin Bouygues, qui a si mal digéré l’épisode de "l’itinérance Free" et n’a cessé de le lui reprocher, en particulier dans les medias. Puis, il y a Martin Bouygues, justement. L'industriel, fils de son père, qui a créé Bouygues Télécom, alors qu’il a hérité de tout le reste. Le documentaire montre l’incroyable affection de ce patron pour son opérateur. Un sentiment qui lui fera refuser les 10 milliards d'euros de Patrick Drahi –deux fois sa valorisation– dans un sursaut d'orgueil. "Vous vendriez votre femme, vous ?"

 

Xavier Niel, l’entrepreneur impitoyable derrière l’ex-trublion

Il y a encore, le troisième mousquetaire, Xavier Niel. L'ex trublion, le geek, à fleur de peau. Celui par qui le scandale, le mal –la baisse des prix– sont arrivés. Celui qui a construit son entreprise "à la main", comme on bâtit une infrastructure informatique et se revendique du numérique et de la Silicon Valley. L'homme fébrile, à la voix ébranlée par un mélange d’enthousiasme, de stress et de colère, lorsqu’il a lancé en janvier 2012 son opérateur mobile, et surtout son offre à 2 euros. Le pavé dans la mare télécoms, de la taille d’une météorite. Celui qui défend le mors aux dents la concurrence, "la vraie". Aujourd’hui, il est un membre à part entière de la bande des quatre. Reste Patrick Drahi. Le self made man venu du câble, l’ingénieur télécoms mué au fil des ans en magnat du secteur.

 

Un entretien exclusif avec le plus controversé des quatre, Patrick Drahi

 

Si Martin Bouygues est le seul à ne pas avoir été interviewé expressément pour le documentaire, avec son entretien avec le patron d’Altice, le film enchâsse une vraie pépite. Depuis qu’il a avalé SFR, Patrick Drahi ne cesse de faire la Une, mais pour autant ne donne quasiment aucune interview. Dans "La guerre des télécoms", il incarne sans détours un capitalisme du 21eme siècle, financier, efficace, dur, qu’il assume. Il rappelle que s’il est le patron de son groupe, il est aussi le seul à en être le propriétaire ! Et il relate sans ambages, des dessous de l’histoire que l’on ne connait qu’en partie… Et encore, sans doute seulement pour ceux qui suivent de près le secteur... Etonnant moment par exemple, où il raconte sa rencontre avec Jean-René Fourtou, pour vendre Numéricable à SFR. Le président du conseil de surveillance de Vivendi lui explique alors que son groupe hésite. Il lui confie que finalement, il serait plutôt vendeur de son opérateur. "Là, je retourne ma casquette !", se souvient Patrick Drahi, geste à l’appui, signifiant qu’en un instant, il était passé de vendeur à acheteur. Acheteur d’une entreprise bien plus grosse que la sienne et qui allait lui coûter près de 13,5 milliards d’euros ! Car ainsi commencèrent les discussions qui ont mené à l’imprévisible absorption de SFR par Numéricable.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Jeremy
25/10/2016 22h29 - Jeremy

Un super reportage avec derrière un débat constructif et ouvert. Vraiment super

Répondre au commentaire | Signaler un abus

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale