Les télécoms ont déjà les yeux rivés sur la 5G... mais pour quoi faire ?

Les dirigeants de l'industrie des télécoms réunis à Barcelone sont tous d'accord: la prochaine grande étape pour le marché sera la 5G. Mais cette technologie mobile de cinquième génération à très haut débit prévue pour 2020 doit d'abord apporter la preuve de son utilité, la génération actuelle offrant déjà des débits confortables.

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Les télécoms ont déjà les yeux rivés sur la 5G... mais pour quoi faire ?
Photo prise le 2 mars 2015/REUTERS/Albert Gea

La 5G, tout le monde en parle déjà, mais ce bond technologique a-t-il un sens ? "On ne voit pas clairement à quelle opportunité ou quelle faiblesse la 5G pourrait correspondre", a reconnu le GSMA, une association représentant les principaux opérateurs de téléphonie mobile dans le monde, dans une étude publié en décembre. Le secteur n'a tout simplement pas besoin d'investir massivement dans une modernisation des réseaux, ni de pousser les consommateurs à changer leur téléphone si la nouvelle génération du haut débit mobile n'apporte effectivement pas une amélioration significative en termes de vitesse ou de fonctions, disent les opérateurs. Cela n'empêche pourtant pas les équipementiers comme le groupe chinois Huawei, le franco-américain Alcatel-Lucent, le suédois Ericsson et le finlandais Nokia de faire la démonstration de leurs projets 5G au Mobile World Congress, la grand-messe annuelle du secteur.

objectif Jo 2020

Le premier déploiement commercial de la 5G est prévu, selon les experts, juste avant les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. Le premier opérateur télécoms japonais, NTT DoCoMo, et Nokia ont annoncé ce 2 mars travailler de concert pour développer des réseaux compatibles avec la 5G pour les JO de 2020. Les deux groupes ont dit avoir réussi à atteindre une vitesse supérieure à 2,0 gigabits par seconde pour la transmission de données à partir d'un réseau test sans fil fonctionnant sur la bande de fréquences des 70 gigahertz.

Certes, la 5G promet d'améliorer l'expérience des utilisateurs dans de nombreux domaines que bon nombre d'entre eux commencent aujourd'hui tout juste à utiliser, comme la vidéo et le téléchargement. Elle peut aussi permettre une couverture réseau plus dense. Les principaux promoteurs de cette technologie prédisent une capacité réseau multiplié par 100, voire 1 000. Mais la 5G constitue un défi car une grande partie des bandes de fréquences basses est déjà utilisée. Il ne reste donc plus que les hautes fréquences, qui ne peuvent transporter des données que sur de courtes distances.

LA 5G POUR LES OBJETS CONNECTÉS ?

Pour certains experts, les fréquences hautes fonctionneront bien avec les petits paquets de données et les objets opérant à proximité. Ce spectre va alimenter "l'internet des objets", la principale idée justifiant le passage à la 5G. Ses promoteurs imaginent un réseau alloué à la détection de collision en voiture, la navigation en temps réel et des systèmes de freinage automatiques. Dans une usine, les machines pourraient être contrôlées à distance pour savoir quand elles sont en panne ou à court de fournitures essentielles. Un tel réseau serait également intéressant dans la domotique, avec la prolifération des objets connectés à la maison.

"Dans le futur, nous verrons un monde où tout ce qui pourra être connecté sera connecté. Et virtuellement, cela peut concerner absolument tout", assure Sara Mazur, responsable de la recherche chez Ericsson. L'équipementier suédois prévoit 50 milliards d'objets connectés d'ici 2020.

Si cette vision semble prometteuse, le mobile a un long passé de promesses non tenues. Pour résumer, la "1G" a apporté la téléphonie mobile, la 2G a ouvert la voie au SMS et aux premières tentatives de courrier électronique et de navigation sur internet, la 3G promettait l'internet mobile, la photo et la vidéo, mais tout cela ne s'est vraiment réalisé qu'avec l'arrivée de la 4G.

1500 milliards d'euros d'investissements d'ici 2020

Le GSMA estime que les opérateurs mobiles devront investir 1 700 milliards de dollars (1 500 milliards d'euros) pour mettre à jour leurs équipements d'ici 2020. L'essentiel de ces investissements servira à ajouter des capacités 4G à leurs réseaux et à améliorer la couverture dans les zones de fort trafic.

"Les équipementiers ont tendance à parler de 'Big Bang' parce qu'ils veulent vendre plus d'équipements", a déclaré Ian Miller, un cadre de l'opérateur espagnol Telefonica. "Avec la 5G, nous voyons plus une évolution progressive (...) La 4G a encore beaucoup de marge", a-t-il ajouté.

Avec Reuters (Eric Auchard à Barcelone, Claude Chendjou, Marc Angrand)

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