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"Les véhicules de l’avenir seront forcément partagés", selon André Haddad (Turo)

mis à jour le 07 septembre 2017 à 18H55
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"J’ai tout de suite été séduit par cette idée de rentabiliser tous ces véhicules inutilisés en les mettant au service d’autres utilisateurs". Voilà six ans qu’Andre Haddad est aux commandes de Turo, le pionnier des services d'autopartage entre particuliers aux USA, fondée par Shelby Clark sous le nom de RelayRides. Il devient PDG de la start-up en 2011 pour "se relancer dans une expérience plus entrepreneuriale".

Les véhicules de l’avenir seront forcément partagés, selon André Haddad (Turo)
"Les véhicules de l’avenir seront forcément partagés", selon André Haddad (Turo) © Turo

Actualisation du 7 septembre 2017: Daimler Mobility Services annonce avoir participé à la levée de fonds de 92 millions de dollars bouclée par Turo. Le constructeur automobile va fusionner son propre service d'autopartage Croove avec Turo, qui va être bientôt relancé en Allemagne.

 

Né au Liban pendant la guerre, Andre Haddad a "toujours été un techie dans le coeur". Il fait partie de ces entrepreneurs qui ont surfé sur la première vague de l’e-commerce. Fondateur d’iBazar en 1999, il rebondit après l’éclatement de la bulle internet, en vendant sa start-up 140 millions d'euros à eBay pour qui il s’installe dans la Silicon Valley en 2002.


La voiture communautaire

Au départ, le modèle de RelayRides s’apparentait à celui de Zipcar : une location à l’heure et un boîtier pour un accès 24/7 aux véhicules. La seule différence reposait sur une flotte de véhicules décentralisée, appartenant aux particuliers, comme le fait Getaround. "Nous avons pivoté vers un modèle plus communautaire qui met plus en avant l’aspect humain que l’aspect utilitaire, souligne Andre Haddad. Il s’agit de la voiture de monsieur et madame Tout-le-monde. Nous n’installons pas de boîtier car il est important de créer une relation de confiance entre le loueur et le locataire."

 

Les utilisateurs sont mis en relation directe via l’application puis en personne lors de l’échange des clés. Turo a mis au point un algorithme qui suggère aux loueurs un tarif de location en fonction de la marque du véhicule, de la ville ou encore de la période de l’année. "Beaucoup de variables entrent en jeu, explique le PDG. La moitié de nos loueurs font confiance à notre algorithme." Turo prend 25 % de commission sur le prix de la location.

 

 

 

 

Sur Turo, la durée moyenne d’une location est de quatre jours. Les utilisateurs ont le choix entre 850 modèles différents suivant les zones géographiques, de la Smart Cabriolet à la Tesla modèle X. "Je mets en location ma Tesla", révèle le PDG qui constate que "Turo résonne également auprès des passionnés d’automobile. Un quart des voitures disponibles sont des marques premium". Ce qui a poussé Turo à relever le seuil de la valeur des véhicules assurés de 25 000 dollars à 150 000.

 

Rentabiliser son véhicule

Aux États-Unis, il faut compter près d’une voiture par habitant et pas loin d’un milliard de véhicules circulent au niveau mondial. "Entre le coût de l’emprunt, de l’entretien, de l’assurance, du parking et de la dépréciation d’un véhicule, cela correspond à des sommes colossales investies. La voiture est le deuxième budget le plus important pour un ménage américain", détaille Andre Haddad qui rappelle qu’une automobile est en moyenne utilisée moins de 10 % du temps.

 

"En 2016, nos véhicules ont été loués neuf jours par mois, en moyenne. Nous permettons à de plus en plus de gens de couvrir leur frais grâce à leur revenu locatif sur Turo." La plateforme Turo est aussi exploitée par des micro-entrepreneurs qui décident de se constituer une flotte automobile à des fins locatives. "En tant que plateforme, nous sommes dans l’obligation d’émettre une déclaration aux impôts pour tout individu qui gagne plus de 20 000 dollars par an et/ou au-delà de 200 transactions", précise Andre Haddad.

 

Réinventer l’assurance

Avec l’émergence des services tels que Turo, les modèles d’assurance ont dû être réinventés. "Il y a six ans, nous avons dû imaginer un nouveau produit d’assurance", affirme le PDG. Aux États-Unis, Turo a un partenariat avec Liberty Mutual afin de permettre au loueur d’être protégé pendant la durée de la location et le reste du temps, d’être couvert par son propre assureur. Ce type de produit couvre la responsabilité civile du loueur jusqu’à un million de dollars de dommages, sans aucune franchise. Côté locataire, la responsabilité civile est comprise dans le prix de location. Pour les accidents éventuels, trois niveaux de franchise sont proposés.

 

Après s’être lancé au Canada en avril 2016, puis au Royaume-Uni à la fin de l’année dernière, Turo compte bien suivre son petit bonhomme de chemin au niveau européen. "Nous avons l’ambition de construire une marque globale. J’espère que l’on aura l’occasion de s’étendre en France, en Allemagne et aussi en Asie", aspire Andre Haddad. Quant à l’avenir qui se dessine à travers la ruée vers les voitures autonomes, le PDG de Turo est persuadé que "plus les véhicules deviennent autonomes et connectés, plus le partage sera facilité et sécurisé". Selon lui, "les véhicules de l’avenir seront forcément partagés et Turo espère jouer un rôle important dans ce domaine".

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