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Les vrais résultats de SAP et Oracle dans le cloud décryptés par Morgan Stanley

Comme d’autres éditeurs de logiciels en transition, SAP et Oracle affichent des chiffres mirobolants dans le cloud. L’analyse de Morgan Stanley montre des résultats bien plus modestes, mais une transformation globalement bénéfique.
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Les vrais résultats de SAP et Oracle dans le cloud décryptés par Morgan Stanley
Les vrais résultats de SAP et Oracle dans le cloud décryptés par Morgan Stanley © lennysan - Flickr - C.C.
Que vaut réellement le cloud chez SAP et Oracle, les deux plus grands éditeurs de logiciels de gestion d’entreprise au monde? Est-il en train de cannibaliser leur activité traditionnelle de logiciels en licence? La croissance affichée dans ce domaine est-elle durable et profitable? Autant de questions qui agitent le monde de la finance. Certes, le management des deux entreprises se montre confiant. Mais la chute de leurs revenus de licences au cours des derniers trimestres inquiète les investisseurs et soulève des interrogations sur l’impact réel de leur transition vers le cloud.
 
 
Des chiffres difficiles à décrypter
 
Pas facile de décrypter les chiffres d’un éditeur en transition. L’analyse de Morgan Stanley vise à clarifier la situation avec l’objectif de répondre à trois questions: quelle est la croissance organique de SAP et Oracle dans le cloud? Cette croissance est-elle durable et profitable? Est-elle suffisante pour contrebalancer la baisse des revenus de licences? 
 
 
Au deuxième trimestre 2015, SAP affiche un chiffre d’affaires de 555 millions d’euros dans le cloud, soit un bond de 129% en un an. Mais ce résultat inclut la contribution de deux acquisitions, Concur Technologies (137 millions d’euros) et Fieldglass (7 millions d’euros), et l‘effet de change (89 millions d‘euros). Au final, le vrai chiffre d’affaires organique dans le cloud tombe à 322 millions d’euros et la progression à 33%. La même analyse des chiffres des 10 derniers trimestres conclut à une croissance stable aux alentours de 30%.
 
 
Accélération du cloud de SAP
 
Mais qu’en-est-il de l’avenir? Pour répondre à la question, Morgan Stanley s’intéresse aux nouvelles commandes, promesses de revenus futurs. Au deuxième trimestre 2015, SAP a engrangé 203 millions d’euros de nouvelles commandes cloud, en augmentation de 162%. Mais en tenant compte des acquisitions et de l’effet de change, les chiffres passent à 157 millions d’euros et 74%. La croissance est plus modeste que celle publiée mais dépasse celle du premier trimestre (+37%). L’analyse de six derniers trimestres montre une réelle accélération dans ce domaine.
 
 
Qu’en est-il du bilan global? Au deuxième trimestre 2015, SAP a généré 62 millions d’euros de revenus supplémentaire avec le cloud mais perdu 67 millions de revenus des licences. A première vue, le bilan est négatif. Seulement voilà, on ne peut pas comparer des pommes et des poires. Le revenu de licence est encaissé une fois pour toute. Celui du cloud est étalé dans le temps sous forme d’abonnement d’un montant plus faible (environ 40% de la valeur d’une licence sur un an).
 
 
Pour la comparaison, Morgan Stanley multiplie le chiffre du cloud par un facteur 2,5. Ce qui le porte à 90 millions d’euros, largement supérieur à la perte de revenus de licences. La transition vers le cloud s’avère donc bénéfique pour SAP, avec une croissance réelle des revenus du cloud et des licences de 8%, conclut l’étude de la banque.
 
 
Cannibalisation faible
 
La même analyse appliquée à Oracle conduit à une conclusion comparable avec une croissance globale des revenus du cloud et de licences de 7%. Des résultats qui font dire à la banque que le risque de cannibalisation de l’activité traditionnelle par le cloud est plus virtuel que réel. 
 
Cette analyse reste toutefois purement financière. Elle s’appuie sur les chiffres déclarés par SAP et Oracle. Or, selon le cabinet Synergy Research, les acteurs en transition ont tendance à gonfler leurs résultats dans le cloud en y incluant ceux d’activités ne relevant pas du vrai cloud. Le but étant d’impressionner les investisseurs et d’apparaître mieux que les concurrents.

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