LinkedIn adapte sa politique de confidentialité aux exigences du RGPD
Le réseau social professionnel s’engage à recueillir le consentement de ses membres avant de traiter leurs données personnelles à des fins de profilage publicitaire. La déclaration de confidentialité de la plateforme sera également mise à jour d’ici le 22 janvier 2025, pour permettre aux utilisateurs d’avoir des informations sur les pratiques de publicité ciblée et leurs finalités.
Classé parmi les plus grands fournisseurs de services de recrutement en ligne avec un peu plus d’un milliard de membres dans le monde (dont 28 millions en France), LinkedIn vient d’annoncer la mise à jour du cadre juridique régissant le traitement des données personnelles à des fins de personnalisation des publicités.
"Dans les semaines précédant le 22 janvier 2025, il sera demandé à nos membres d’accepter l’utilisation de certaines données auparavant traitées au nom de l’intérêt légitime", précise dans un communiqué, l’entreprise propriété de Microsoft.
Une plus grande transparence dans le traitement des données
Les informations qui seront soumises à l’accord des utilisateurs concernent leur tranche d’âge, leur sexe, leurs centres d’intérêt, d’autres caractéristiques ainsi que les données de géolocalisation déduites à partir de l’adresse IP observée. L’obligation de consentement couvrira aussi les informations déduites par l’activité des utilisateurs sur les services de Linkedln. Par ailleurs, il ne sera plus possible au réseau d’exploiter de manière discrétionnaire, des données issues de tiers (annonceurs et éditeurs) à des fins de personnalisation des publicités.
"Nous n’utilisons pas de données de tiers pour déduire des centres d’intérêt ou des caractéristiques à l’aide de l’analyse de profils", explique Linkedln qui mettra également à jour sa déclaration de confidentialité pour l’Europe. Dans un souci de plus grande transparence, les utilisateurs de la plateforme auront désormais la possibilité d’obtenir, des informations sur les pratiques de publicité ciblée et savoir à quelles fins précisément leurs données sont utilisées.
En amendant sa politique de confidentialité et ses conditions d’utilisation, LinkedIn cherche à se conformer avec la réglementation européenne sur la protection de la vie privée. Le consentement est d’ailleurs l’une des principales bases légales prévues par le RGPD, qui autorisent la mise en œuvre de traitements de données à caractère personnel.
Le RGPD en ligne de mire
En 2018, la Quadrature du Net, une association de défense et de promotion des droits et libertés sur Internet, s’est fondé sur cette loi de l’UE pour porter plainte contre l’entreprise et lui demander de mettre fin à ses pratiques d’analyse comportementale algorithmique et de ciblage publicitaire.
Elle lui reprochait notamment d’utiliser des clauses spécifiant que l’utilisation du service par un utilisateur vaut acceptation. La plainte déposée en France, auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a été prise en charge ensuite par la Commission irlandaise de protection des données (DPC) qui agit pour le compte de l’Union européenne. Le 24 octobre dernier, le régulateur irlandais a rendu sa décision, infligeant une amende de 310 millions d’euros à LinkedIn sur la base de pratiques illégales et opaques de profilage publicitaire.
"La licéité du traitement est un aspect fondamental du droit relatif à la protection des données et le traitement de données à caractère personnel sans base juridique appropriée constitue une violation claire et grave du droit fondamental à la protection des données d'une personne concernée", avait indiqué Graham Doyle, commissaire adjoint de la DCP.
Outre LinkedIn, Meta a été visée par une amende de la DPC en janvier 2023, d’un montant de 390 millions d’euros. Ses deux réseaux, Facebook et Instagram ont été sanctionnés pour avoir également traité les données personnelles des utilisateurs sans leur consentement.
En France, c’est le réseau social Pinterest qui est ciblé par une plainte devant la Cnil. L’ONG autrichienne de défense de la vie privée, Noyb qui est à l’origine de cette action datant d’octobre dernier, accuse à la plateforme "de suivre les utilisateurs sans jamais leur demander leur consentement" pour des pratiques de publicité personnalisée.
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