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Luko repense l'assurance habitation en alliant digitalisation et prédiction

La start-up Luko propose une assurance habitation mobile et solidaire, dont le modèle ressemble sensiblement à celui de l'insurtech new-yorkaise Lemonade qui cartonne aux Etats-Unis. La jeune pousse française entend se distinguer grâce à une offre de protection du foyer basée sur des capteurs et des algorithmes d'intelligence artifcielle. Xavier Niel fait partie des premiers investisseurs.

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Luko repense l'assurance habitation en alliant digitalisation et prédiction
Luko repense l'assurance habitation en alliant digitalisation et prédiction © Luko

Le résultat de l'association est peu prévisible. L'un cumule des expériences entrepreneuriales dans la foodtech et le transport aérien à la demande, l'autre est un spécialiste de l'apprentissage automatique profond et des réseaux électriques intelligents. Ensemble, les deux compères se lancent dans… l'assurtech !

 

Raphaël Vullierme (CEO) et Benoît Bourdel (CTO) ont fondé il y a 18 mois la start-up Luko, qui vient de boucler une levée de fonds de 2 millions d'euros auprès de plusieurs business angels, dont Xavier Niel et Bruno Rousset, fondateur d’April Assurances.

 

Prévenir les sinistres

La jeune pousse est née de la volonté de protéger les foyers des sinistres (comme les incendies, les inondations, les intrusions) grâce à l'utilisation d'algorithmes de deep learning et de capteurs permettant de récolter des données sur la température, la consommation électrique, etc. Le tandem collabore alors avec des assureurs pour leur proposer cette solution technologique de prévention. "Nous avons notamment été accélérés par Munich Re, (un réassureur allemand, ndlr). Quelques centaines de foyers en Europe ont ainsi été équipés de notre solution", précise Raphaël Vullierme, le CEO de Luko.

 

Quelques mois plus tard, la jeune pousse parisienne, basée à Station F, décide de pivoter pour packager son propre produit d'assurance à destination du grand public, dont le modèle ressemble sensiblement à celui de la start-up américaine Lemonade, qui a récemment levé 120 millions de dollars. "Nous pensions que notre solution n'était qu'une demi réponse. Nous voulions proposer une réponse plus globale avec une proposition de remboursement et d'intervention", explique l'entrepreneur. Luko ne dispose pas de sa propre licence et s'est donc associée à la compagnie La Parisienne, qui porte les risques.

 

Produit unique et parcours en ligne

A l'image de ce que proposent les néobanques, l'assurtech a construit un parcours entièrement en ligne, sur web ou application mobile, de la souscription à la gestion des risques, en passant par la déclaration de sinistre. L'expérience se veut simple avec un seul produit d'assurance habitation pour les appartements, auquel différents packages peuvent être ajoutés selon le profil (famille, colocation, location courte durée, etc.) "La déclaration d'un sinistre peut se faire en vidéo depuis un smartphone. L'assuré reçoit une proposition d'indemnisation en moins de deux heures et, si besoin, un opérateur peut intervenir dans un délai de 48h dans toute la France grâce à notre réseau de plus de 1000 partenaires", assure Raphaël Vullierme.

 

L'offre de protection, qui repose sur trois boîtiers connectés (pour le compteur électrique, l'eau et la porte d'entrée), est proposée gratuitement mais n'est pas obligatoire. Si l'assuré choisit cette option, il pourra recevoir des notifications sur son smartphone si une activité anormale est détectée, après une période, plus ou moins longue, d'apprentissage du dispositif (de quelques jours à plusieurs mois selon les appareils).

 

Economique et solidaire

Côté tarification, Luko assure proposer des offres 8 à 15% moins chères que les assureurs classiques grâce à des frais de structure plus légers permis par la digitalisation et l'automatisation de son offre et l'absence d'équipe commerciale. Par ailleurs, les cotisations versées par les assurés non utilisées pour l'indemnisation de sinistres sont reversées à une association, choisie préalablement.

 

La start-up prévoit d'utiliser les fonds levés pour développer son offre de protection. Des travaux de R&D sont encore nécessaires pour améliorer la conception des boîtiers connectés. Côté logiciel, la détection d'événements anormaux ne peut se faire qu'après une période d'apprentissage des habitudes de consommation des utilisateurs. L'enjeu est d'affiner les modèles pour éliminer les faux-positifs (c’est-à-dire les fausses alertes) qui pourraient agacer les assurés.

 

Luko, disponible dans l'Hexagone, entend également s'attaquer à d'autres marchés européens. "Des discussions sont en cours avec des fournisseurs d'énergie et des entreprises des télécoms", précise le CEO. L'insurtech envisage également, dans un second temps, de proposer une assurance habitation pour les maisons, dont l'offre de protection est plus complexe à mettre en place.

 

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