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Lumo parie sur la blockchain pour doper le financement des énergies renouvelables

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La start-up bordelaise Lumo a développé une plate-forme d'épargne participative dédiée à la transition énergétique. Depuis 2014, elle a permis de financer 35 projets. Les "lumonautes" peuvent désormais percevoir une rémunération en SolarCoins en plus de leur rémunération classique en euros. Lumo expérimente aussi la blockchain dans d'autres applications avec la Caisse des Dépôts.

Lumo parie sur la blockchain pour doper le financement des énergies renouvelables
Lumo parie sur la blockchain pour doper le financement des énergies renouvelables © Soprema

Lumo est à la croisée des fintechs et des greentechs. Récemment incubée dans les locaux de Darwin à Bordeaux, cette start-up propose aux particuliers de placer leur épargne, et ce dès 25 euros, pour financer des projets d'énergies renouvelables, comme des centrales photovoltaïques ou des parcs éoliens. Son cofondateur et président, Alexandre Raguet, a présenté ses ambitions à l'occasion de la troisième édition de Bordeaux Fintech, qui se tient ces 5 et 6 octobre 2017. 
"La plate-forme est opérationnelle depuis 2014 et nous comptons aujourd'hui 5000 investisseurs que nous appelons des lumonautes. Ils ont permis de réunir 4 millions d'euros pour le financement de 35 projets, dont plus de la moitié se trouve en Nouvelle Aquitaine", expose l'entrepreneur.

 

Une dizaine de millions d'euros en 2018

Parmi ces projets, la centrale photovoltaïque de Brassemonte, située dans la commune de Sainte-Hélène (33). "200 lumonautes ont permis de financer le projet à hauteur de 300 000 euros grâce à un placement sur cinq ans avec un rendement de 4,75%", détaille Alexandre Raguet. Dans la région, un projet de toitures photovoltaïques porté par Technique Solaire est en cours de financement. "Nous cherchons à réunir 500 000 euros pour une quarantaine de toitures à construire. Cette fois-ci, il s'agit d'un placement d'une durée de 7 ans rémunéré à 6%", indique-t-il.

Aujourd'hui, Lumo compte une dizaine de clients. La start-up espère en comptabiliser 20 à 30 en 2018 et atteindre la dizaine de millions d'euros collectés. Pour accélérer sa croissance, après avoir lévé 400 000 euros, elle prépare également une deuxième levée de fonds. Son autre grand chantier ? L'intégration de la blockchain.

 

Une cryptomonnaie pour l'énergie solaire

La start-up utilise actuellement le SolarCoin. "C'est un certificat offert par une fondation américaine", explique le cofondateur. Un SolarCoin est généré dès qu'un mégawattheure issu de l'énergie photovoltaïque est injecté dans le réseau. Le lumonaute ayant choisi cette option dispose donc d'un compte en euros et d'un compte en SolarCoins

 

En plus de sa dimension de certification, cette unité a aussi une valeur financière. Le SolarCoin est actuellement échangé pour 20 centimes d'euros, contre 5 centimes il y a un an, et certains distributeurs d'énergie, comme ekWateur, l'acceptent comme moyen de paiement. Alexandre Raguet aimerait également que cette cryptomonnaie soit reconnue par les collectivités territoriales : "Un particulier pourrait prouver que son épargne contribue à financer la transition énergétique et ses actions pourraient être valorisées".

 

La blockchain avec la Caisse des Dépôts et le Catie

Les travaux de Lumo sur la blockchain ne s'arrêtent pas là. La jeune pousse collabore avec la Caisse des Dépôts afin d'utiliser ce protocole pour l'échange de titres. "Nous souhaiterions que le titre financier qu'on émet soit directement inscrit dans la blockchain", explique le président de Lumo. Le recours à la chaîne de blocs permettrait alors de numériser "le service après-vente" des titres financiers pour en faciliter la gestion et donc de diminuer leur coût de distribution. Elle permettrait aussi de dynamiser le marché secondaire. Des tests sont déjà en cours sur les mini-bons (catégorie de produits financiers) et Lumo souhaiterait étendre cette approche aux obligations.

 

Pour imaginer d'autres applications autour de la blockchain, Lumo s'est aussi rapprochée du Catie (Centre aquitain des technologies de l'information et de l'électronique), qui vient de lancer une plate-forme spécifiquement dédiée à ce protocole. Objectif : aller plus vite sur les projets blockchain, les tester et les faire évaluer en mode collaboratif en associant start-up, grands groupes et monde académique.

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2 commentaires

Jdfor
09/10/2017 13h05 - Jdfor

Les rémunérations à 4,75% et 6% même sur 7 ans sont "dangereusement" élevées (pour l'investisseur particulier et pas crédibles...à un moment ou il y a des "crédits" à taux zéro sur certains secteurs! On est dans le syndrome "Tunnel sur la Manche" !!!

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Monique M
10/10/2017 15h13 - Monique M

Je me suis fait la même réflexion sur la "dangerosité". Mais je suis allée sur le site. Dans les détails du projet, on voit que c'est du financement par des filiales "projets", ce qui est moins risqué me semble-il que si c'était pour financer une société, car c'est déjà financé par des banques... Je vais les appeler pour en savoir plus

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