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Lunchr lève 11 millions d'euros et s'ancre un peu plus sur le marché du titre-restaurant

[ACTUALISE] Lunchr annonce ce mardi 29 mai 2018 une levée de fonds de 11 millions d'euros. Cette opération fait suite au lancement le 1er février dernier d'une nouvelle génération de titres-restaurant inspirée des néobanques. Objectif : déployer cette solution dématérialisée à davantage d'entreprises. Connue au départ comme une application de commande de repas, la start-up affirme sa volonté de s'installer sur un marché évalué 6 milliards d'euros.
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Lunchr lève 11 millions d'euros et s'ancre un peu plus sur le marché du titre-restaurant
Loïc Soubeyrand, fondateur de Lunchr, tient dans sa main la carte de paiement qui dématérialise les titres-restaurant. © @GuilhemCanalPhotographer

Lunchr sort de sa chrysalide. La start-up annonce ce 29 mai 2018 une levée de fonds de 11 millions d'euros. Une opération qui fait suite  au lancement le 1er février 2018 d'une nouvelle solution pour dématérialiser les titres-restaurant. Un changement de dimension pour la start-up française, initialement spécialisée dans la commande de repas. Elle se définit désormais comme une fintech B2B.

 

Une interface inspirée des néobanques

Basée à Montpellier, Lunchr propose aux salariés une carte de paiement permettant de régler leurs repas dans plus de 180 000 établissements français : tous les restaurants, boulangeries et supermarchés français du réseau Mastercard. Sur la plateforme, dont l'interface est inspirée des néobanques, les employés peuvent effectuer des commandes en groupe et payer chacun de leur côté. Plus ils sont nombreux, plus ils bénéficient de réductions.

Quatre mois après le lancement de cette nouvelle solution, Lunchr affirme avoir déjà conclu avec plus de 600 entreprises. Avec cette levée de fonds, la start-up compte encore acrropitre le nombre de clients-employeurs et "dépasser ainsi la barre des 100 000 employés utilisant Lunchr dans quelques mois seulement”, indique son fondateur Loïc Soubeyrand dans un communiqué.
 

Une stratégie “écran de fumée”

Début 2017, à son lancement, Lunchr avait réalisé une première levée de fonds de 2,5 millions d’euros auprès de Daphni, la société de capital-risque pilotée par Marie Ekeland. La start-up se présentait alors publiquement comme un simple outil pour pré-commander et payer des repas en ligne.

Comment expliquer ce changement de modèle ? Lorsqu’on lui demande s’il s’agit d’un pivotage, le fondateur de Lunchr Loïc Soubeyrand assure à L’Usine Digitale qu’il menait une stratégie "écran de fumée" pour réunir un maximum d’utilisateurs avant de démarrer les choses sérieuses : "Cela fait un an qu’on prépare la bataille. On ne voulait surtout pas officialiser ce positionnement tant que nous n’étions pas prêt sur notre solution digitale et au risque que les concurrents réagissent et nous copient."

 

Un marché de près de 6 milliards d’euros

En 2015, la valeur des titres-restaurant émis frôlait les 6 milliards d’euros selon la Commission Nationale des Titres-Restaurant (CNTR). Ces titres profiteraient par ailleurs à 3,5 millions de salariés. Malgré tout, les émetteurs affiliés à la CNTR sont à peine une dizaine. "On s’attaque à un marché qui vient de fêter ses cinquante ans et qui est un oligopole tenu par quatre acteurs : Edenred, Chèque-déjeuner, Natixis et Sodexo", décrit Loïc Soubeyrand.

Alors que la très grande majorité des titres est encore en papier, Lunchr compte bien infiltrer l’oligopole grâce à sa solution digitale. L’entreprise base son business model sur des commissions liées à l’utilisation de sa carte. L’employeur doit par exemple payer jusqu’à un euro pour chaque recharge de carte par un salarié. Pour les restaurants, une commission de 3 % est appliquée pour les paiements effectués avec la carte. Elle est de 5 % si la commande est passée via l’application.

Lunchr loue les avantages de cet outil pour les entreprises : il simplifie la gestion des titres-restaurant et évite les abus. La carte est en effet bloquée le dimanche et les jours fériés. Elle rend également impossible les achats de produits non-alimentaires.

 

Un objectif de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 2018

Aujourd’hui, Lunchr regroupe une équipe de 20 personnes réparties entre Paris et Montpellier. "On a fait le choix d’entrée de jeu de recruter une équipe extrêmement senior et autonome où on retrouve des profils qui ont toujours travaillé dans des contextes d’hypercroissance. Je pense au directeur marketing de Deliveroo, au directeur grands comptes de Facebook ou à deux commerciaux de Groupon”, détaille Loïc Soubeyrand. D’autres viennent de start-up de la foodtech comme Frichti, feu Take Eat Easy ou Foodora.

 

A terme, le fondateur aimerait développer un pôle opérationnel à Paris et garder le pôle technique et innovation à Montpellier. Pour 2018, la jeune pousse compte tripler ses effectifs, à 60 collaborateurs. Objectif : "dépasser la barre des 100 employés en 2019", indique-t-elle dans un communiqué.

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