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Lyon et Barcelone collaborent pour lutter contre le terrorisme

Lyon et Barcelone se sont associées dans le cadre du projet européen Secur'Cities pour échanger sur leurs pratiques en matière de sécurité face à la menace terroriste.
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Lyon et Barcelone collaborent pour lutter contre le terrorisme
Lyon et Barcelone collaborent pour lutter contre le terrorisme

Sur les trois prochaines années, Lyon et Barcelone (Espagne ) vont se partager 2,78 millions d'euros de financements européens, afin d'optimiser la sécurité face à la menace terroriste. Cette manne, octroyée dans le cadre du projet européen Secur'Cities, dont Lyon est cheffe de file, vient renforcer une collaboration déjà ancienne entre ces deux villes en matière de sécurité. "Depuis 1985, nous travaillons ensemble sur ces sujets. Nous avons notamment déjà initié des actions de formation croisées de nos forces de police et de secours", indique Jean-Yves Sécheresse, adjoint au maire de Lyon chargé de la sécurité.

 

La subvention arrive donc au bon moment pour mieux formaliser ces échanges, sans jamais perdre de vue un objectif : veiller à impliquer élus et agents des deux villes dans la conception de ces stratégies sécuritaires, même si le déploiement pourra prendre des formes différentes à Lyon et à Barcelone. A cet effet, des groupes de travail paritaires sont à pied d'œuvre depuis fin janvier.  "L'idée est d'amener nos services à collaborer, pour que ce qui se fait à Lyon soit utile à Barcelone et inversement", insiste l'adjoint lyonnais.

 

Caméras nomades

Les deux tiers du budget européen étant fléchés vers l'investissement, chaque ville va d'abord renforcer ses équipements. "Nous allons acquérir du matériel comme des talkies-walkies et des chasubles que nous prêterons aux organisateurs des quelque 1 300 manifestations qui ont lieu chaque année dans l'espace public. Nous allons aussi informatiser le système d'instruction des demandes d'organisation de ces événements. Enfin, nous éditerons un guide de bonnes pratiques pour limiter le risque terroriste qui leur sera distribué. En parallèle, nous investirons dans du matériel fixe et amovible, telles des caméras nomades pour diminuer la vulnérabilité des sites accueillant fréquemment des manifestations", égraine Régine Poulet, directrice du service de sécurité de Lyon.

 

Barcelone va, elle, mettre l'accent sur l'aménagement d'une grande artère reliant la place d'Espagne aux Fontaines de Montjuïc et sur la modernisation de son système de vidéoprotection. Celui "en place a montré des limites lors de l'attentat sur les Ramblas. Nous allons passer au numérique et investir dans des systèmes de détection automatique d'anomalies", résume Ana Isabel Rodriguez- Basante, directrice du service de prévention de la ville de Barcelone.

 

Aménagement urbain

Autant d'initiatives régulièrement évaluées afin de, le cas échéant, rectifier le tir. "Nous ne perdons pas de vue que, d'ici trois ans, nous aurons peut-être besoin de nous adapter à de nouvelles formes de menace terroriste", note Jean-Yves Sécheresse.

 

Ces initiatives doivent également conduire les deux villes à un objectif plus global : repenser l'aménagement urbain en tenant compte de la menace d'attentats. C'est pourquoi les groupes de travail impliqueront, au cas par cas, non seulement des agents des services de sécurité et de prévention, mais aussi d'autres services, comme ceux de l'urbanisme ou des achats. Les partenaires de ce projet entendent ainsi développer une véritable culture de sécurité au sein des services.

 

Un retour d’expérience à l’échelle européenne
A l’issue des trois années de travail, Lyon et Barcelone présenteront le bilan de leurs actions à leurs homologues européennes dans le cadre d’un forum sur la lutte contre la menace terroriste, organisé à Barcelone. L’idée étant de partager leurs expériences afin que d’autres villes s’emparent de ces nouvelles approches." L’objectif final de ce partenariat est bien de diffuser nos pratiques à d’autres villes, car nous sommes tous confrontés au même enjeu qui est de concilier, à long terme, un haut niveau d’attractivité avec un haut niveau de sécurité", estime Jean- Yves Sécheresse, adjoint au maire de Lyon. Aussi, même si, à ce stade, le projet européen n’implique que Lyon et Barcelone, les deux partenaires ne ferment pas la porte à d’autres villes dont l’action en matière de sécurité pourrait venir enrichir leurs travaux.
 
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