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Magic Leap licencie la moitié de ses effectifs, prétextant de la crise du Covid-19

Magic Leap se sépare d'environ un millier de personnes, soit 50% de sa masse salariale. Officiellement, la start-up floridienne justifie cette restructuration majeure par l'impact économique de la pandémie de Covid-19. Dans les faits, son absence de revenus, ses erreurs stratégiques et le tarissement des investissements laissaient présager de cette issue depuis des mois.
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Magic Leap licencie la moitié de ses effectifs, prétextant de la crise du Covid-19
Magic Leap licencie la moitié de ses effectifs, prétextant de la crise du Covid-19 © Magic Leap

La start-up Magic Leap, qui fabrique des lunettes de réalité augmentée, a annoncé le licenciement d'une partie de ses effectifs le 22 avril dans un message publié sur son site web. La moitié de ses employés serait concernée, soit environ 1000 personnes, d'après Bloomberg. Rony Abovitz, fondateur et CEO de l'entreprise, présente ce choix difficile comme étant lié à la crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19. Une explication cousue de fil blanc.

Erreurs stratégiques, Mauvaise gestion et échec commercial

Les déboires financiers de Magic Leap ne datent pas d'hier et sont liés à sa mauvaise gestion financière couplée à l'échec commercial de son premier produit, dont la sortie a par ailleurs été plus que tardive. Pour rappel, la jeune pousse a levé plus de 2,6 milliards de dollars de fonds depuis sa création en 2014. Elle a su séduire des investisseurs comme Google, Alibaba, NTT Docomo, le fonds souverain de l'Arabie Saoudite ou encore l'opérateur télécoms AT&T.

La start-up promettait alors de conquérir le marché grand public avec des lunettes de réalité augmentée qu'elle vantait comme technologiquement très avancées, se moquant au passage de rivaux comme Oculus ou Microsoft. Des promesses qu'elle n'a pas su tenir. Pas plus en pointe que les autres, elle n'a mis un produit sur le marché qu'en 2018, et il ne se serait vendu qu'à 6000 exemplaires au cours des six premiers mois. Au-delà des limitations de son casque Magic Leap One, c'est son objectif irréaliste d'atteindre le marché grand public avant tous les autres qui a été remis en cause.

Too little, too late

Dans le message annonçant les licenciements, Rony Abovitz confirme donc que Magic Leap va désormais se concentrer entièrement sur le marché professionnel, abandonnant ses ambitions grand public à court terme. Un revirement logique, mais qui arrive probablement trop tard. Microsoft domine déjà ce marché avec HoloLens, et Magic Leap a dilapidé les fonds qu'elle avait levé dans des partenariats artistiques ou des projets de R&D qui n'ont pas abouti. Elle est désormais à court de liquidités. En mars, Bloomberg révélait que la start-up avait rencontré des partenaires pour chercher à se faire racheter, mais sans succès.

L'autre problème de Magic Leap est que même si elle survit jusqu'à ce que les lunettes de réalité augmentée deviennent viables pour le marché grand public, elle devra aussi faire face à Apple et Facebook, qui investissent lourdement dans cette technologie depuis des années. Facebook notamment a reconnu très tôt le potentiel des technologies immersives pour créer la prochaine grande révolution informatique après les smartphones. Mais il avait aussi prévenu qu'il s'agissait d'une vision à long terme. L'échec de Magic Leap, couplé aux promesses creuses et à la rhétorique grandiloquente de son dirigeant, illustre donc parfaitement le célèbre adage de La Fontaine : rien ne sert de courir, il faut partir à point.

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