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Mais au fait, comment a fait Salesforce pour devenir l'employeur préféré des Français ?

Si Salesforce est arrivé premier des employeurs français dans un classement réalisé par Glassdoor, ce n'est sûrement pas un hasard. L'entreprise hébergée dans la plus haute tour de San Francisco soigne aussi son image d'employeur soucieux de son écosytème, à commencer par ses salariés. Olivier Derrien, le directeur général pour la France, nous explique la culture de cette entreprise très imprégné de philanthropie (de bons sentiments diront les critiques) made in USA. Le résultat est incontestable : ça marche !
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Mais au fait, comment a fait Salesforce pour devenir l'employeur préféré des Français ?
Salle de méditation dans les bureaux californiens de Salesforce © Christophe Bys

La filiale française a été désignée meilleure entreprise de France par ses propres salariés mi-décembre selon un classement établi par Glassdoor. A l'occasion de Dreamforce à San Francisco fin novembre, nous avions rencontré Olivier Derrien, le directeur général de Salesforce. Il nous avait expliqué alors quels étaient selon lui les atouts RH de son entreprise. 

 

Parmi les facteurs qu'il citait, la confiance arrivait en première place. "Travailler dans la confiance est au coeur de Salesforce aux Etats-Unis, comme en France. Cela commence avec les clients qui nous confient leurs données". Et le responsable français de lancer une comparaison aussi audacieuse que pertinente : "c'est comme confier un bébé à une baby sitter". On ne la choisit pas à la légère, on écoute des recommandations, on teste.

 

La confiance c'est une pratique pas du blabla

Et l'entreprise pratique ce qu'on appelle la symétrie des attentions, qu'on pourrait résumer d'une formule : traite tes employés comme tes clients. "Chez nous, chaque manager doit créer un environnement de confiance où chacun pourra s'exprimer. Ce qu'on attend ? Qu'il créer une forme de sécurité psychologique (pychological safety) qui est fondamentale pour avoir de bonnes relations", poursuit Olivier Derrien. Ce dernier illustre ce point avec un exemple éclairant : "si j'ai confiance en vous et que vous le savez, le jour où je ferai un feed-back défavorable, vous ne le prendrez pas négativement, comme une attaque. Si vous avez confiance, vous le percevrez comme une forme d'aide", conclut-il. 

 

Deuxième valeur cardinale de l'entreprise : la satisfaction du client. C'est à en croire le DG français un état d'esprit de tous les collaborateurs."Chez nous, tout le monde est chief customer officer". 

 

Et cela s'applique à la culture d'innovation de l'entreprise. "Pas d'innovation où on n'intègre pas le client. Dès le départ d'un processus d'innovation, on pense à l'adoption par le client" poursuit le DG. L'entreprise s'oblige à intégrer dans son planning annuel d'innovation des idées qui viennent de ses clients. "C'est un engagement fort que nous prenons vis-à-vis d'eux" ponctue Olivier Derrien. 

 

Rendre le monde meilleur 

Autre valeur plus inattendue pour une entreprise de la Silicon Valley : l'égalité. "Nous devons aider le monde à être meilleur, dans l'entreprise et en dehors de l'entreprise" précise Olivier Derrien. "Et pour ne rien vous cacher, on a du boulot". Cela passe par une action en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes. "Il y a 6 ans, le comité de direction était 100 % masculin. Aujourd'hui, il est 50 50. C'est pour donner une impulsion", poursuit le DG France. Insatisfait et peut être impatient, ce dernier ajoute qu'il faut y arriver davantage dans l'entreprise et qu'il y oeuvre. Actuellement, l'entreprise compte 30 % de femmes. Cela passe par la création d'un meilleur équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle. 

 

La mesure est emblématique et a beaucoup fait parler. Marc Benioff, le pdg de Salesforce, a mis en place le modèle dit 1 1 1, soit l'idée que l'entreprise doit redonner une partie de ses gains : 1 % de sa production, 1% de temps et 1% du profit. Ainsi, chaque salarié peut chaque année doit prendre 7 jours par an pour aider une association de son choix. Il est payé par Salesforce pour le faire. Le directeur général indique que le calcul de son bonus dépend aussi des activités philanthropiques de l'entreprise. Mais, bien sûr, l'essentiel n'est pas là, assure le DG français : "il faut voir la lumière de nos collaborateurs quand ils reviennent de cette semaine. Ils sont transformés et ça donne envie aux autres de le faire. Des valeurs ce ne sont pas des mots dans un rapport. Il faut les faire vivre", assure-t-il. 

 

Des salariés engagés et fidèles

Cela profite à l'entreprise qui aurait un très faible taux de turn over. Les salariés sont très attachés à la possibilité qui leur est donné d'aller dans une association. "On ne l'a pas fait pour ça, mais on a constaté après coup que cela avait cet effet", commente Olivier Derrien, qui indique qu'il essaie dès qu'il le peut de convaincre aussi ses clients de le faire. 

 

Partager, travailler pour la communauté, des valeurs qui ont au coeur de ce que défend aussi publiquement Marc Benioff, le fondateur et dirigeant de Salesforce. Pendant son speach d'ouverture à Dreamforce, il ne rate pas une occasion de parler d'ohana, un mot qui désigne la famille étendue en hawaïen, lieu où le charismatique fondateur passe une partie de l'année. 

 

Ainsi, le dernier étage de la tour Salesforce qui domine San Francisco et d'où la vue panoramique (voir ci-dessous) est époustouflante, n'est pas dévolu aux équipes de direction. C'est un espace commun où les salariés qui le souhaitent peuvent inviter leurs familles le week-end ou organiser des événements avec des associations. 

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