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Mais qui achètera SFR ? Résumé de la saison 1

La vente de SFR à Numericable semblait scellée. C’était sans compter sur la ténacité de Bouygues, qui a enchéri sur son offre. Retour sur les premiers épisodes d’une série à suspense signée Vivendi.

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Mais qui achètera SFR ? Résumé de la saison 1
Mais qui achètera SFR ? Résumé de la saison 1 © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

On a cru la saison 1 de la série "Mais qui achètera SFR ?" achevée quand Vivendi a annoncé, le 14 mars, son entrée en négociations exclusives avec Altice, maison mère de Numericable. C’était sans compter sur Bouygues pour un climax de dernière minute. Malgré ces discussions qui semblaient sceller la vente de SFR, le groupe de BTP a relevé son offre à 13,15 milliards d’euros le 21 mars. Une offre qu’il annonce valide jusqu’au 8 avril, quelques jours après la date d’expiration de la négociation Vivendi-Altice. Et selon La Tribune, il y aurait ajouté une clause, se disant prêt à payer d'énormes dédommagements à Vivendi si l'opération devait échouer pour des raisons de concurrence.

En attendant le dénouement de l’histoire ou un nouveau rebond, rappel des épisodes précédents.

Mise en place de l’histoire et des personnages principaux

On l’attendait depuis plusieurs mois, mais le 13 février, Vivendi confirme finalement qu’il introduira en bourse sa filiale télécoms SFR. Un signal qui déclenche en quelques jours à peine, le 24 février, le dépôt de la première offre d’achat par Altice, maison mère de Numericable. Le groupe de Patrick Drahi se tenait prêt depuis plusieurs mois (il avait d’ailleurs tenté une première offre début 2013, mais Vivendi n’était alors pas vendeur).

Bouygues n’a pas tardé non plus à entrer dans la danse. Le 9 mars, il présente son dossier à Vivendi pour contrer Numericable. Depuis, les deux opérateurs ne cessent de se battre pour emporter le numéro deux des télécoms français.

Bouygues, un personnage de trop ?

Dans le cas d’un rapprochement SFR-Bouygues, le paysage français retrouverait 3 opérateurs comme avant l’arrivée de Free. Un choix préféré par les opérateurs qui pensent pouvoir retrouver des revenus plus élevés. Avec une acquisition par Altice, la France conserverait 4 acteurs et devrait aussi garder ses prix bas. Mais cette dernière option laisserait la filiale Bouygues Telecoms en posture difficile. Quelle que soit l’issu, le paysage français des télécoms en sera changé.

Les jours qui ont suivi le dépôt des deux candidatures ont vu les deux prétendants renchérir pour gagner la bataille, mais aussi le gouvernement et les autres opérateurs tenter de faire pencher la balance en faveur de Bouygues. Le 13 mars, ce dernier a relevé son offre de 800 millions d’euros à 11,3 milliards d’euros en numéraire, laissant 43% du capital du nouvel ensemble à Vivendi. Altice a suivi, relevant son offre de 850 millions d’euros pour qu’elle atteigne 11,75 milliards d’euros et propose à Vivendi de garder seulement 32% de SFR.

Iliad, Oscar du meilleur second rôle

A l’occasion des résultats d’Orange, le 6 mars, Stéphane Richard a expliqué pourquoi il serait plutôt favorable à Bouygues. Quant à Iliad, on a cru un temps qu’il déposerait lui-aussi sa candidature au rachat de SFR mais finalement, l’entreprise de Xavier Niel a trouvé plus judicieux de proposer à Bouygues de lui racheter son réseau mobile, dans le cas où il serait choisi par Vivendi. Pour rendre la mariée plus présentable au regard du gouvernement et de l’autorité de la concurrence, Martin Bouygues a donc accepté de se réconcilier avec un Xavier Niel qu’il est loin de porter dans son cœur. L’accord a été signé à grande vitesse dans la nuit du samedi 8 au dimanche 9 mars.

Numericable, vainqueur… provisoire

Comme dans une bonne série, contre toute attente et malgré l’insistance particulière d’Arnaud Montebourg, le 14 mars, c’est avec Altice que Vivendi choisit d’entrer en négociations exclusives durant 3 semaines et non avec Bouygues. Dès le 17 mars, Patrick Drahi organise une de ses rares conférences de presse pour fêter l’événement et rendre publics certains éléments de son offre. Deux jours plus tard, il donne des détails complémentaires.

Mais Bouygues ne veut pas s’avouer vaincu et, nouveau retournement de situation, le 21 mars il rehausse une nouvelle fois son offre ! A 13,5 milliards d’euros en numéraire abaissant la part de Vivendi dans SFR à seulement 21,5% contre 32% dans l’offre Numericable. Il a obtenu pour cela le soutien financier de la Caisse des dépôts et consignations et des groupes de JC Decaux et François Pinault. Lundi 24 mars, il précise que son offre est valide jusqu’au 8 avril et les actionnaires minoritaires de Vivendi en profitent pour réclamer davantage de transparence à leur groupe sur la comparaison entre les deux offres. Le 25 mars, on apprend dans la presse que Bouygues aurait assorti son offre améliorée d'une clause de non-exécution colossale : La Tribune évoque une indemnisation comprise entre 500 millions et 1 milliard d'euros si le rachat de SFR était retoqué par les autorités de concurrence.

Martin Bouygues ne veut pas lâcher l’activité télécoms qu’il a lancée dans les années 90. Mais il sait aussi que si SFR lui échappe, sa filiale se retrouvera dans une situation très délicate. Vivendi, lui, a pris acte plutôt laconiquement dans un simple communiqué. Quoiqu’il en soit, l’épilogue de la saison 1 reste à écrire, avant d’entamer une possible saison 2.

Emmanuelle Delsol

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