Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Mais qui est le particulier venu vous donner un coup de main via une plateforme ?

Étude La plateforme de jobbing Needelp vient de publier une étude sur le profil des particuliers qui répondent aux demandes de services.  On y découvre un univers beaucoup plus contrasté que ne laissent penser certains discours.  Une réalité à prendre en compte à l'heure où l'on parle de réforme du droit du travail. 
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Mais qui est le particulier venu vous donner un coup de main via une plateforme ?
Le voisin qui vient vous aider à monter votre meuble suédois est-il un professionnel ou un amateur qui veut arrondir ses fins de mois ?

En charabia numérique, on appelle ça le jobbing, en français on parlerait plutôt de coup de main. Toujours est-il qu’avec le développement des plateformes mettant en relation demandeurs et offreurs de services, ce type d’activités acquiert une visibilité qu’elle n’avait souvent pas, confinée qu’elle était le plus souvent dans l’économie souterraine. Désormais, ces coups de main ponctuels peuvent être dûment rémunérés. C’est Needelp, une des ces plateformes, qui vient de publier une étude d’ampleur sur ce phénomène. Menée sur un panel de 1000 membres “représentatifs de la population française”, sans toutefois préciser la méthode retenue, cette étude révèle quelques résultats intéressants. 

 

Un univers ambigü

Tous les débats sur l’évolution du droit du travail tombent dans la caricature entre d’un côté les partisans des nouvelles formes d’emplois qui y voient le chemin vers des lendemains qui chantent et ceux qui dénoncent une destruction des droits sociaux. La réalité est moins univoque, plus ambiguë : dès lors, les débats actuels risquent de passer à côté de la réalité du phénomène. Ainsi, l’étude réalisée par Needelp révèle que l’univers du jobbing est loin d’être uniforme et distingue deux profils types : d’un côté des pros du coup de main qui en moyenne enregistrent un revenu moyen de 1000 euros et réalisent au moins 10 missions par mois et de l’autre des intervenants plus ponctuels qui gagnent en moyenne 656 euros par an en réalisant cinq missions.

 

Pour les premiers, travailler via ces plateformes est vraisemblablement la source principale d’activité, quand, pour les seconds, il s’agit d’un complément de salaire. Il faut d’autant plus avoir à l’esprit cette situation que, dans la réalité, il existe tout un continum entre les deux extrêmes.

 

Du beurre dans les épinards ou de l'argent pour acheter les épinards ? 

Ce que confirme la situation professionnelle des offreurs de services. Plus d’un tiers (35 %) d’entre-eux exercent une activité à temps plein et 5 % sont à la retraite. Une situation professionnelle qui n’a rien à voir avec celle des 30 % qui sont chômeurs, des 20 % qui sont travailleurs à temps partiel, voire des 20 % d’étudiants. Ce que montre cette étude, c’est la disparité entre d’un côté ceux qui vont sur ces plateformes pour trouver de quoi mettre du beurre dans les épinards et ceux qui s’y rendent pour acheter le beurre et les épinards. D’un côté, on cherche un emploi, de l’autre un complément de revenus.

 

Et le phénomène concerne un éventail plus large de personnes qu’on pourrait le croire. AInsi, l’étude réalisée montre que, comme on pouvait s’y attendre, la quasi totalité des missions proposées sur le site de Needelp, concerne du bricolage (54 %) ou du déménagement ou des livraisons (30 %) mais aussi des activités dites intellectuelles dans 7 % des cas. Les auteurs de l’étude parlent d’une “montée en puissance” des activités intellectuelles, qu’ils ne mesurent toutefois pas. Dans cette catégorie entrent aussi bien “l’aide informatique que l’assistance informatique ou encore la photographie qui étaient inexistants sur ce type de plateformes”, poursuivent-ils. On peut donc sans grand riques en déduire que le phénomène ne touche pas que les métiers réputés manuels mais aussi des étudiants, des techniciens et des cadres.

 

Le mérite de ce travail, qui mériterait d’être mené sur un plus gros échantillon et avec des moyens scientifiques plus importants est de montrer toute l’étendue du développement du travail indépendant, parfois assimilé à une ubérisation du CDI, source de bien des angoisses. Il en va de l’auto-entrepreneuriat comme du temps partiel : s’il est subi parce qu’aucun emploi n’est disponible,  il est peut-etre la pire des choses. Choisi, il peut être un instrument de flexibilité choisie et souhaitable. Toute réglementation générale qui impose le même cadre à des situations aussi variées ne peut que manquer son but.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale