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Maître du jeu : Antonia McCahon, Digital acceleration officer de Pernod Ricard

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Maître du jeu : Antonia McCahon, Digital acceleration officer de Pernod Ricard
Maître du jeu : Antonia McCahon, Digital acceleration officer de Pernod Ricard © Guittet Pascal

En septembre 2013, ce n’est pas une CDO que Pernod Ricard a décidé de nommer, mais une digital acceleration officer. Antonia McCahon est chargée de poursuivre une transformation qui est désormais au cœur de la réorganisation du groupe. L’industriel a d’ailleurs lancé, un mois seulement après son arrivée, ses quatre chantiers numériques : l’exploitation marketing des données, la gestion des contenus publicitaires, les nouvelles formes de commerce et la transformation digitale du travail des salariés.

Antonia McCahon estime qu’elle doit d’abord faire disparaître le terme digital de l’entreprise. "Chez Pernod Ricard, nous ne parlons pas de stratégie digitale, notamment pour prouver que le sujet n’est pas un silo à part, précise-t-elle. En revanche, nous avons des champs de bataille numériques intégrés à l’activité." Pour gagner ces batailles, elle mise sur la maturité des collaborateurs dans ce domaine. Chez Pernod Ricard, le terrain était favorable.

Sa première initiative a été de lancer Digifit, une sorte de Trivial Pursuit pour sensibiliser les employés au numérique en général, à la régulation dans la vente et à la communication en particulier. De quoi mesurer et motiver à la fois. Ce jeu a remporté un immense succès, à la grande surprise d’Antonia McCahon. Elle a donc décidé de prolonger l’expérience en imaginant des "battle weeks" : chaque trimestre, pendant une semaine, les employés se lancent des défis sur Digifit. Une manière de motiver l’apprentissage. Et de disposer de nouveaux indicateurs de la transformation.

Pour trouver de nouvelles idées, la patronne du digital de Pernod Ricard s’appuie sur deux dispositifs d’innovation récemment créés. Le Kangaroo fund, qui collecte les propositions des salariés, puis développe celles qui ont été sélectionnées. Et la Digital distillery, lancée au début de l’année, qui, après avoir identifié les besoins des filiales du groupe, met en relation ces filiales avec des start-up dans le monde (à San Francisco, Dublin…) qui ont des réponses aux problématiques. Antonia McCahon s’inspire aussi des Gafa, avec qui elle noue des collaborations. En 2014, elle a sélectionné, avec Google, sept équipes de trois ou quatre salariés qui avaient proposé des projets numériques (média, management du changement…). Ils ont passé une semaine, en juillet, sur le campus de Google, à Mountain View . Ils y ont peaufiné leurs idées avec le patron du moteur de recherche, celui de YouTube, des ingénieurs de l’innovation lab du géant de la Silicon Valley. L’un des projets est en cours de lancement. L’expérience sera renouvelée tous les deux ans.

Emmanuelle Delsol

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