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Malgré les poursuites, le spécialiste de la reconnaissance faciale Clearview AI lève 30 millions de dollars

Vu ailleurs Alors qu'elle est visée par plusieurs plaintes, Clearview AI vient de boucler une série B de 30 millions de dollars. Cette entreprise new-yorkaise, qui a développé un outil de recherche des criminels reposant sur la reconnaissance faciale, est accusée de récolter et de stocker illégalement les données des personnes.
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Malgré les poursuites, le spécialiste de la reconnaissance faciale Clearview AI lève 30 millions de dollars
Malgré les poursuites, le spécialiste de la reconnaissance faciale Clearview AI lève 30 millions de dollars © Tumisu/Pixabay

La start-up Clearview AI, spécialisée dans la reconnaissance faciale, annonce ce jeudi 22 juillet une levée de fonds de 30 millions de dollars. Cette nouvelle opération la valorise à 130 millions de dollars.

Les investisseurs ont souhaité rester anonymes. Seule information soufflée par Hoan Ton-That, CEO de Clearview AI, au New York Times : le tour de table inclut "des investisseurs institutionnels et des family office". A noter que lors de sa précédente levée de fonds, Clearview AI avait été soutenue par Peter Thiel, cofondateur de PayPal, Kirenaga Partners, une société de capital-risque basée à New York ainsi que Hal Lambert, le créateur basé au Texas de MAGA ETF, un fonds d'investissement.

Un outil de reconnaissance faciale
Fondée en 2017 et basée à New York, Clearview AI est à l'origine d'un un outil de recherche reposant sur une technologie de reconnaissance d'images qui a pour objectif de rechercher et d'identifier des auteurs d'infraction. Son fonctionnement est le suivant : il suffit de prendre une personne en photo, de téléverser l'image puis de consulter toutes les images correspondantes. Le système repose sur une base de données qui regroupe plusieurs milliards de photographies aspirées de Facebook, YouTube et Venmo principalement.

La liste des utilisateurs de cette technologie est longue. D'après Buzzfeed News, en février 2020, Interpol, le FBI, Verizon, Walmart, Macy's, la NBA ainsi que les établissements scolaires américains utilisaient ce logiciel. Quelques mois plus tard, sous le feu des critiques, Clearview AI avait promis de ne vendre sa technologie qu'aux forces de l'ordre. Une promesse qui ne convainc pas certaines autorités et associations qui ont décidé de lancer des procédures.

Accusé de surveillance de masse au Canada
Ainsi, en février 2021, l'autorité suédoise de protection des données personnelles (IMY), l'équivalent de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), a condamné la police nationale suédoise à une amende de 250 000 euros pour l'utilisation illégale du logiciel de Clearview AI. Au Canada, ce sont l'agence fédérale et ses homologues provinciaux du Québec, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, qui se sont penchés sur l'utilisation de l'outil par les forces de l'ordre. Ils ont conclu que l'entreprise violait la loi nationale sur la protection des données en récoltant et stockant des informations sur les Canadiens sans leur consentement.

Clearview AI est également critiqué en Europe où quatre organisations non gouvernementales (ONG) – Privacy International, Hermes Center for Transparency and Digital Human Rights, Homo Digitalis et Noyb – ont déposé plusieurs recours contre la start-up auprès des autorités de protection des données en France, en Autriche, en Italie, en Grèce et au Royaume-Uni.

Procédure en cours devant la Cnil
En France, c'est la start-up Jumbo Privacy, spécialisée dans la protection des données personnelles, qui a déposé une réclamation devant la Cnil affirmant que Clearview AI violait de nombreuses dispositions du RGPD. Cette procédure, lancée en juillet 2020, est toujours en cours.

Face aux critiques, Clearview AI utilise toujours le même moyen de défense. Elle affirme ne pas avoir besoin de recueillir le consentement des personnes parce qu'il s'agit de renseignements auxquels le public a déjà accès sur Internet. "Clearview AI explore le web accessible à tous et ne peut pas rechercher d'informations privées ou protégées, notamment dans les comptes de réseaux sociaux privés", a expliqué à plusieurs reprises Doug Mitchell, l'avocat de la société américaine.

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