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Manuel Valls à court de munitions contre le cybercrime

Au Forum international de la cybersécurité (FIC), si le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a rappelé le développement de la menace informatique qui pèse sur les entreprises françaises, il n’a pas annoncé de moyens supplémentaires pour y faire face.
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Manuel Valls à court de munitions contre le cybercrime
Manuel Valls à court de munitions contre le cybercrime © @ThalesPress - Twitter

Le Forum international de la cybersécurité (FIC) qui se tient à Lille du 21 au 22 janvier 2014 attire de plus en plus de monde : plus de 3 000 visiteurs sont attendus pour cette 6e édition contre environ 2000 l’an dernier. Lors de son intervention d’ouverture, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a tenu à rappeler la réalité quotidienne de la menace informatique qui pèse sur les entreprises françaises : "En décembre, dans deux régions, deux PME ont été victimes d’escroquerie aux faux ordres de virement pour des montants respectifs de 480 000 euros et 450 000 euros. Pour l’une d’entre elles, les escrocs ont pris la main sur le système d’information de la société pour finaliser la transaction. Depuis 2011, ce type d’escroquerie représente un préjudice estimé à plus de 200 millions d’euros pour les entreprises du pays", a-t-il précisé. En 2011, les gendarmes et les policiers ont recensé auprès des entreprises et des administrations plus de 1100 faits d’atteinte à leur système d’information. Les jeunes sont également des victimes du cyberespace : selon une étude, 40% des élèves disent avoir été victime d’une agression en ligne.

Pas de plan de lutte contre la cybercriminalité

Face à ce constat inquiétant, ceux qui attendaient de la part du "premier flic de France" un grand plan de lutte contre la cybercriminalité resteront sur leur faim. Le ministre s’est contenté d’annoncer à l’occasion du salon la création du centre expert contre la cybercriminalité. Cette entité associera dans un premier temps la gendarmerie et la police nationale, les douanes, plusieurs écoles d’ingénieurs et des universités technologique ainsi que les industriels Orange, Thales, et Microsoft France. Son objectif est triple : contribuer à la réflexion stratégique en matière de cybersécurité, développer des actions de formation, et encourager la mise au point d’outils d’investigation numérique et de travaux de recherche.

Un échec ?

Une initiative qui ne semble pas aujourd’hui à la hauteur de l’urgence de la situation. Un constat partagé semble-t-il, par la plupart des visiteurs du salon. A la question posée lors de la table ronde d’ouverture, "La cybersécurité est-elle un échec ?", près de 70% d’entre eux ont répondu par l’affirmative. L’un des intervenants n’a pas caché son pessimisme sur l’efficacité des solutions actuellement déployées et l’évolution des mentalités face aux cyber-risques: "Selon moi, rien ne changera tant qu‘un accident terroriste du type 11 septembre 2001 touchant l’Internet, les populations et les grandes entreprises, ne sera pas arrivé. Et là seulement, il y aura une sacrée réaction."

A Lille, Hassan Meddah

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