Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Marathon de Paris : ce qu’ont retenu les multiples objets que portaient les coureurs les plus connectés du monde

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Deux journalistes de la rédaction ont couru le marathon de Paris le 12 avril dernier bardés de capteurs pour monitorer leur performance. Retour sur une course hyper connectée.

Samedi 11 avril, 15h00. Ca y est, nous avons tout. Une quinzaine d’entreprises nous ont équipés de la tête au pied pour faire de nous les marathoniens les plus connectés du monde.

La pression monte. A 18 heures du départ, un petit test s’impose pour s’habituer aux différents objets connectés à porter le lendemain et vérifier la connectivité de chacun aux différentes applis smartphones ou plateformes web dédiées.

Dimanche 12 avril. 8h00. Quand faut y aller, faut y aller.

Le suivi live

Les deux boitiers GPS autonomes fournis par Dotvision permettent une diffusion en live de notre course avec un rendu très visuel. Vous serez d’ailleurs plus de 3 000 à suivre notre progression sur le Marathon en temps réel ! Du jamais vu. Pour ceux qui ont raté cela, le replay est encore en ligne.

L'interface du live Dotvision :

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

A l’issue du Marathon, Dotvision nous a livré un résumé de nos performances. Gaëlle, qui avait bien allumé son boitier 30 minutes avant le départ, a bien réalisé plus de 42 kilomètres (voir ci-dessous), alors que seuls un peu plus de 39 km ont été analysés pour Charles, qui n’a allumé son boitier qu’au troisième kilomètre.

Le bilan de la course de Gaëlle par Dotvision :

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Au-delà de la vitesse et de la topographie du parcours, l'interface Dotvision apporte de nombreux éléments très précis comme le temps et la distance passés en montée, en descente et à plat ou encore la visualisation 3D du parcours.

La mesure de la performance

Tandis qu'elle courrait, se livrait aux poignets de Gaëlle la bataille entre deux trackers d’activité qui savent relativement bien se faire oublier : l'Archos Activity Tracker et l'Activité Pop de Withings. Résultat ? Selon Withings, elle a parcouru 48,98 kilomètres (un peu ambitieux, un marathon ne représentant que 42,195 kilomètres !) et effectué 34829 pas, pour un bon millier de calories dépensées. Pratique : le bilan recense les informations pour chaque demi-heure.

Chez Archos, la distance est plus réaliste, mais peu détaillée : 43,58 kilomètres. Un chiffre crédible, vu qu’il a fallu s’échauffer entre la zone de vestiaire avenue Foch et le départ sur les Champs Elysées. En revanche le nombre de pas mesuré est énorme (48413) et celui du nombre de calories dépensées explose (3368).

Les pas, kilomètres et calories comptés par l'Archos Activity Tracker :

Ces résultats étaient directement disponibles sur les applis smartphones des deux marques. A noter que la montre Withings se connecte automatiquement par Bluetooth au téléphone, sans aucune manipulation de la part de l'utilisateur. Facile.

Charles était également doté d'un tracker d'activité signé Withings mais à la ceinture : le Pulse Ox. Sur les 4h30 de son marathon, le capteur lui indique 45477 pas effectués (53803 sur la journée) pour une distance parcourue de... 63,17 kilomètres (71,34 kilomètres sur la journée) !

Les pas, kilomètres et calories mesurés par le Pulse Ox de Withings :

Ces trackers d'activité sont davantage des outils simples de santé pour suivre l'activité quotidienne de leur utilisateur que des instruments de monitoring de sportifs. Pour une analyse fine d'un effort tel que ce marathon, une montre GPS et une mesure de la fréquence cardiaque sont nécessaires.

Selon la montre Polar M400 portée par Gaëlle associée à un cardiofréquencemètre placé au niveau du buste, celle-ci a dépensé 2382 calories sur cette course et a passé 67% de son marathon en zone rouge de fréquence cardiaque ! Son tableau de bord disponible sur Internet et baptisé Polar Flow donne tous les détails sur sa performance dans une interface efficace.

Le tableau de bord Polar analysant la course de Gaëlle :

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Polar a réalisé un ajout remarquable : il crée à l'aide des données recueillie et de cartes et d'images récupérées sur Google street view une vidéo interactive permettant de revivre la course. Le résultat est bluffant !

Copie d'écran de la vidéo par Polar de la course de Gaëlle :

Cliquez sur l'image pour voir la vidéo

Très précise et facile à prendre en main, la montre a aidé Gaëlle à tenir l’allure qu'elle s'était fixée (4 minutes et 40 secondes par kilomètres) et à rester dans les clous... jusqu’aux deux derniers kilomètres, particulièrement pénibles. Malheureusement, dans les nombreux tunnels qui jalonnent le parcours, impossible pour le GPS de détecter le moindre signal. Résultat : plus d’information durant ces passages, parfois très (trop) longs...

Charles était de son côté doté d'une Garmin Forerunner 620 et d'une TomTom Multisport. La montre GPS de Garmin est la Rolls du coureur. Appairée comme la Polar à un cardiofréquencemètre à placer au niveau du buste, elle remonte les mêmes informations sur le rythme cardiaque et la zone cardiaque du coureur, l'altitude, la vitesse, l'allure etc... mais elle donne aussi la cadence (nombre de pas par minute), l'oscillation verticale (la hauteur à laquelle s'élève le coureur à chaque foulée), et le temps de contact des pieds avec le sol. L'écran tactile est complétement configurable et permet à celui qui la porte d'afficher la ou les informations (jusqu'à quatre par écran) qu'il juge utiles. Revers de la médaille d'une telle complexité : un manque d'intuitivité et de convivialité dans les interfaces.

Copie d'écran d'une partie du bilan par Garmin de la course de Charles :

Cliquez sur l'image pour l'agrandir et jouer avec les données

En course, une différence de 0,2 à 0,4 km/h existait toujours entre la vitesse instantanée affichée par la Garmin et celle affichée par la TomTom. La Garmin était-elle trop pessimiste ou la TomTom trop optimiste ? Ni l'un ni l'autre. Tout dépend du delta de temps sur lequel chacune calcule cette vitesse "instantanée". Dans la course et alors qu'il s'était plutôt entrainé avec la Garmin, Charles a eu tout de même tendance à regarder davantage la TomTom, dont l'affichage est plus lisible. Si la navigation à l'aide du gros bouton carré sous le cadran dérange dans un premier temps, sa logique s'apprivoise assez vite. L'interface web d'analyses des résultats donne l'essentiel mais demeure basique. Contrairement à ses consœurs, elle ne propose étonnamment pas le partage des résultats sur les réseaux sociaux. Sur l'image ci-dessous, le kilomètre 26 ne présente pas de données. En cause : un long passage sous tunnel comme évoqué plus haut.

Copie d'écran de l'analyse de la course de Charles par TomTom :

Déjà tous les deux bien chargés, Gaëlle et Charles avaient délégué le port de la Geonaute OnMove 200 à une autre coureuse qui s'en est dit très satisfaite. Aussi basique qu'efficace, elle donne les informations dont peut avoir besoin un coureur amateur sur trois écrans configurables proposant deux valeurs chacun et offre une expérience utilisateur assez intuitive.

Copie d'écran des résultats de la course de notre cobaye équipée de la Géonaute OnMove 200 :

Cliquez sur l'image pour l'agrandir et jouer avec les données

 L’impact du marathon

Le bracelet June de Netatmo que portait Gaëlle était censé lui révéler son exposition au soleil durant toute l’épreuve. Mais il ne s’est jamais déclenché... faute de batterie apparemment. Comme il n’est doté d’aucun bouton ni indicateur, impossible de le savoir. Dommage, il faisait particulièrement beau ce 12 avril à Paris.

Quelques heures après la course et un déjeuner très copieux bien mérité, Gaëlle s'est pesée sur la balance connectée de Withings. L’impact du marathon est spectaculaire : elle a perdu 800 grammes comparé à la veille à la même heure (jour durant lequel elle avait déjeuner léger).

 

Copie d'écran des pesées de Gaëlle du 10 au 13 avril avec la balance connectée de Withings :

Sa masse grasse est, elle, passée de 11,2% à 9,8% de son poids.

Copie d'écran des mesures de la masse grasse de Gaëlle entre le 10 et le 13 avril avec la balance connectée de Withings :

De son côté, Charles a testé l'appareil de MyBiody Balance qui, en envoyant cinq courants électriques entre la cheville et la main, mesure divers paramètres tels que la masse musculaire, la masse grasse, la masse osseuse et l'hydratation. Dans une interface pas encore tout à fait au point (accès seulement à la dernière mesure par exemple), il a pu constater une baisse de 2 kilos de sa masse grasse et une augmentation de 0,5 kilos de sa masse musculaire entre la veille et le lendemain du marathon.

Copie d'écran des analyses de la masse de Charles après le marathon par MyBiody Balance :

Enfin, le prototype de lunettes-caméra prêté par Archos pour filmer le marathon n'a pas enregistré la moindre image. Des tests préalables avaient pourtant été effectués avec succès. Jérémy Blondeau, le product manager en charge des objets connectés pour Archos, s'est montré aussi déçu que nous : "Après plusieurs tests concluants les semaines précédentes, nous sommes surpris par le dysfonctionnement le jour J du premier échantillon de nos lunettes camera." Mais l'ingénieur reste confiant et nous affirme que "[ses] équipes vont faire le nécessaire pour finaliser ce produit, qui devrait être commercialisé dans le courant de l’été 2015." Vivement la prochaine course pour un nouvel essai !

Gaëlle Fleitour et Charles Foucault

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Clément B
21/04/2015 10h15 - Clément B

Bonjour, Bravo pour l'expérience originale qui permet de relever les avantages/inconvénients de certains produits. J'en conclus que des produits axés activités/bien-être ne sont pas adaptés à une pratique réellement sportive.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale