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Mastercard lance une plateforme pour tester les monnaies numériques des banques centrales

Le spécialiste des paiements Mastercard veut aider les banques centrales à s’emparer des enjeux liés aux monnaies numériques, et lance un environnement pour simuler l'émission, la distribution et l'échange de ces monnaies.
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Mastercard lance une plateforme pour tester les monnaies numériques des banques centrales
Mastercard lance une plateforme pour tester les monnaies numériques des banques centrales © Unsplash/Stanislaw Zarychta

Mastercard a annoncé le 9 septembre le lancement d’une plateforme permettant de tester les monnaies numériques des banques centrales (CBDC pour Central Bank Digital Currencies). Cet environnement de test virtuel, exclusivement dédié aux banques centrales, permettra de simuler l'émission, la distribution et l'échange de ces monnaies entre les banques, les prestataires de services financiers et les utilisateurs.

Tester les échanges entre banques et utilisateurs
Concrètement, cette plateforme permettra aux différents partenaires de tester un écosystème dédié, d’implémenter ces monnaies dans les réseaux et infrastructures de paiement existants, comme par exemple des cartes de paiement, de tester en temps réel ces modes de paiement "partout où Mastercard est acceptée dans le monde", ou encore de comparer différentes technologies afin de déterminer plus rapidement la valeur et la faisabilité sur un marché.

Dans un contexte mondial marqué par la diminution des espèces en circulation et l’essor des paiements numériques – avec des pics inédits depuis le début de la pandémie de Covid-19 – les banques centrales se penchent sérieusement sur la question des monnaies numériques. Selon une étude de la Bank for International Settlements citée par Mastecard, 80% des banques centrales affirment avoir commencé des travaux sur les CBDC, et environ 40% des d’entre elles sont passées de la recherche conceptuelle à l'expérimentation du concept et à la création.

Cette réalité pousse les acteurs de l’écosystème fintech, dont Mastercard, à proposer des solutions pertinentes avec la garantie de travailler avec les acteurs au cœur des politiques monétaires. "Mastercard souhaite mettre son expertise au service du développement pratique, sûr et sécurisé des monnaies numériques", résume l’entreprise basée à Purchase, dans l'Etat de New York.

Valider les cas d'usage
Contrairement aux projets de monnaie numérique privée de type Libra ou Bitcoin, les CBDC sont émises et distribuées par les banques centrales et conçues pour être soumises aux réglementations en vigueur. Elles sont adossées en valeur aux monnaies en circulation et peuvent être considérées comme des représentations virtuelles de la monnaie fiduciaire d’un pays. Un chemin qu’a adopté à marche forcée la cryptomonnaie de Facebook pour ne pas tomber à l’eau. Mastercard a été, pour rappel, l'une des premières sociétés à se désengager de ce projet très controversé.

Cette approche, que l’on retrouve dans les initiatives chinoises et suédoises, implique néanmoins des spécificités nationales. Pour les respecter, Mastercard explique avoir mis au point une plateforme virtuelle qui peut être personnalisée en fonction de l'environnement dans lequel la banque centrale opère. La société américaine invite "les banques centrales, les banques commerciales et les sociétés de technologie et de conseil à s'associer à Mastercard" pour évaluer les conceptions technologiques des CBDC, valider les cas d'usage et mesurer l'interopérabilité avec les circuits de paiement existants.

A noter que la Banque centrale européenne (BCE) ne voit, selon des déclarations de juin dernier, aucun "business case" qui justifierait le lancement de sa propre monnaie numérique.

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