Matériaux critiques, métavers, mobilité… ce que prépare Bruxelles pour 2023

La Commission européenne a dévoilé mardi 18 octobre son programme de travail pour 2023. Cette année encore, le numérique ne sera pas en reste. 

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Matériaux critiques, métavers, mobilité… ce que prépare Bruxelles pour 2023

La Commission européenne vient de présenter son programme de travail pour l’année prochaine et, une fois encore, il compte de nouvelles initiatives pour “une Europe adaptée à l’ère du numérique”.

L’exécutif européen ambitionne de proposer, dès le début de l’année, un projet de règlement sur les matières premières critiques dont l’objectif sera "d’assurer un approvisionnement adéquat et diversifié pour l’économie numérique de l’Europe ainsi que pour la transition écologique — et donner la priorité à la réutilisation et au recyclage”.

"Sans une approche plus stratégique du développement des capacités en matières premières primaires et secondaires en Europe, il n’y aura pas de transition écologique et numérique, pas de leadership technologique et pas de résilience", avait déclaré en avril dernier le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, alors même que la pandémie de Covid-19 puis la guerre en Ukraine ont mis en lumière des défaillances dans les circuits d’approvisionnement et conduit à des pénuries un peu partout sur le continent.

Anticiper les défis du Métavers

La Commission européenne compte également se pencher sur le "métavers", avec une initiative attendue au printemps sur le sujet. Il ne s’agira pas d’une loi, mais plutôt "d’outils pour développer des mondes virtuels ouverts et centrés sur l’humain, tels que les métavers”. “Ceux-ci offrent une myriade de possibilités aux industries et aux secteurs de services, les arts créatifs et les citoyens, ainsi que des possibilités de relever des défis sociaux plus larges tels que la santé et les villes intelligentes”, note le programme.

Il semblerait que, pour l’heure, Bruxelles ait confiance dans les outils déjà à sa disposition pour faire face aux défis que posent ce nouveau concept de "métavers" dont la définition est encore floue. Notamment au cœur des préoccupations sont d'éventuels comportements anticoncurrentiels. “Ces problèmes potentiels de concurrence ne sont pas nouveaux”, ont écrit deux responsables de la Direction générale de la concurrence de l’UE dans une note publiée lundi, soulignant que le cadre réglementaire en vigueur est “neutre sur le plan technologique et polyvalent”.

Bruxelles préfère imaginer un métavers "organisé sur la base de multiples mondes interopérables, entre lesquels les utilisateurs peuvent facilement déplacer des biens et services virtuels de manière sécurisée” où les avatars pourraient se déplacer librement d’un environnement à un autre, “sans se heurter à des murs virtuels”. Une vision similaire à celle de Meta (ex-Facebook) et à d'autres partisans de cette vision, comme Epic Games.

Hyperloop, piratage, cybersécurité

Les questions de mobilité devraient aussi occuper une place importante avec l’arrivée d’un espace européen commun de données sur la mobilité pour "stimuler la numérisation du secteur […] et encourager les solutions innovantes”.

La Commission prévoit par ailleurs de proposer un cadre réglementaire pour le concept d'Hyperloop, cette solution de transport – uniquement théorique à l'heure actuelle – à grande vitesse et à faible émission de carbone. Enfin, Bruxelles veut continuer son combat contre le piratage et proposer une “boîte à outils” pour lutter contre les retransmissions illégales d’événements, sportifs notamment, et va présenter un nouveau cadre politique pour le spectre radioélectrique, pour les télécoms.

Le troisième trimestre de 2023 devrait également voir naître une “Cybersecurity Skills Academy”, alors que l’année 2023 a été placée sous le thème des “compétences”, et le programme de travail indique que la Commission va s’engager à répondre aux plaintes des Cnils européennes qui exigent plus d’harmoniser dans les procédures de coopération transfrontalière.

Évidemment, le travail de la Commission européenne, et des colégislateurs que sont le Conseil et le Parlement européen, ne se limitera pas à ces débats en 2023 puisque bon nombre de dossiers sont encore en cours de discussion, certains plus épineux que d’autres. Intelligence artificielle, contenu pédopornographique, données industrielles, identité numérique, semi-conducteurs… de nombreux chantiers sont déjà en cours et devraient progresser dans les 12 prochains mois.

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