Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Matterport et ses modélisations 3D désormais cotées en bourse

La start-up américaine Matterport, spécialiste de la capture 3D, a annoncé ce 23 juillet son introduction en bourse sur le Nasdaq. La société, qui développer des outils permettant de réaliser facilement des jumeaux numériques de bâtiments ou d'espaces, souhaite s'internationaliser davantage, investir dans ses logiciels et explorer de nouvelles verticales, dont le retail.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Matterport et ses modélisations 3D désormais cotées en bourse
Matterport et ses modélisations 3D désormais cotées en bourse © Matterport

Matterport, spécialiste de la modélisation 3D des bâtiments, a annoncé ce 23 juillet 2021 son introduction en bourse sur le Nasdaq. Cette cotation est le résultat d'un accord de fusion, conclu en février 2021, avec Gores Holdings VI, une société d’acquisition à vocation spécifique ("special purpose acquisition company" ou SPAC) parrainée par une filiale de The Gores Group.

À l'issue de cette opération boursière, "le nouvel ensemble sera valorisé à 2,91 milliards de dollars et donnera environ 640 millions de dollars de liquidités à l'entreprise pour son développement", a confié James Morris-Manuel, le responsable Europe de Matterport, à L'Usine Digitale. Fondée il y a une dizaine d'années, Matterport est spécialisée dans la création et la capture d'environnements en 3D. Ses solutions sont très utilisées dans le secteur de l'immobilier notamment pour des visites digitales.

20 milliards d’espaces à scanner
Depuis sa création, la société a scanné 5 millions d'espaces, ce qui représente moins de 1% du monde construit et l'équivalent de 1,5 milliard de mètres carrés, soit 5 fois la taille de toutes les propriétés de New York. Il s'agit d'un marché très vaste dont Matterport entend bien s'emparer.

"Il y 4 milliards de bâtiments à scanner, 20 milliards d’espaces potentiels, ce qui représente 230 000 milliards de dollars en valeur", dévoile James Morris-Manuel. "C'est plus de trois fois la valeur estimée de toutes les actions mondiales combinées", détaille-t-il. L'entreprise se targue pour l'heure d'une vitesse de croisière de 250 000 biens supplémentaires chargés sur sa plateforme tous les mois.

La pandémie, une aubaine ?
Depuis la pandémie mondiale de Covid-19, l'importance de la numérisation et de la visualisation 3D a été exacerbée notamment en matière immobilière. À travers ses jumeaux numériques, Matterport a permis aux ventes de se poursuivre malgré les mesures de distanciation sociale et de confinement. "Nous avons eu des retours sur une maison de ville à New York et un chalet à Aspen vendu plusieurs millions de dollars, sans que les clients n'aient eu à se déplacer et visiter les biens. Tout s'est fait à travers la modélisation 3D", indique Matterport. De manière générale, "les propriétés utilisant Matterport se vendront jusqu'à 12 jours plus rapidement", assure James Morris-Manuel.

La pandémie a ainsi fait naître un sentiment d'urgence et a boosté le recours à Matterport, "créant de nouveaux usages de la technologie." Alors que l'activité de Matterport est principalement tournée vers l'immobilier résidentiel (à hauteur de 50% à l'échelle mondiale et 53 % en France), "de nombreux autres acteurs font appel à nous comme l'assurance, le tourisme, l'ingénierie, l'architecture, etc.", indique l'entreprise. La technologie a également été sollicitée pour illustrer les points de désinfection et encore les zones de distanciation sociale en amont du retour au bureau et à l'école. "Nous voulons nous concentrer sur les bâtiments, mais la réalité est que tout ce qui est physique peut être capturé, nous avons vu des gens utiliser Matterport pour capturer des yachts, des voitures, des tunnels et autres ", révèle le responsable Europe.

Internationalisation et recours à l'IA
Avec cette introduction en bourse, Matterport franchit une nouvelle étape de son histoire et souhaite s'étendre davantage à l'international et multiplier le recours à sa solution permettant de capturer un espace et de le modéliser en 3D en quelques heures seulement. La société dispose de 330 000 abonnés dans plus de 150 pays et vient tout juste d'ouvrir un nouveau bureau à Singapour. Sa solution est très utilisée en Amérique du Nord et en Europe. "Nous avons aussi constaté une nette croissance au Moyen-Orient, en Israël ou encore Afrique du Sud", ajoute James Morris-Manuel.

Matterport souhaite aussi investir dans sa technologie et notamment dans son intelligence artificielle Cortex afin de permettre "la reconnaissance d'objets et la dimensionnement automatique en utilisant l'intelligence artificielle et le machine learning", projette la société. Matterport prévoit également de diversifier sa boîte à outils pour permettre aux développeurs et aux fournisseurs de personnaliser leurs données spatiales en fonction des besoins. "Pour les agences immobilières, par exemple, cela passera par l'ajout de points d'intérêt, d'une visite audio, d'une mise en scène virtuelle d'un espace,...", détaille James Morris-Manuel. 

Prochaine étape : s'illustrer dans le retail
Pour atteindre ces objectifs, Matterport compte sur ses nombreux partenaires actuels et à venir. Récemment l'entreprise a mis au point, avec les équipes de Facebook AI Research, un ensemble de 1000 jumeaux numériques d'espaces intérieurs dédié à l'entraînement de modèles d'intelligence artificielle. L'objectif à terme, est de "concevoir un robot qui peut naviguer correctement dans différents espaces et aider à ouvrir la porte d'entrée, prendre les courses et les mettre dans le réfrigérateur par exemple", dévoile James Morris-Manuel.

Pour Matterport, "la digitalisation du bâtiment est là pour rester et elle se développe rapidement. Nous pouvons imaginer un monde où chaque actif a un jumeau numérique d’ici à 15 ans". La société envisage par la suite de mettre son savoir-faire au profit de nouveaux secteurs. En France, la société a vu émerger de nouveaux besoins dans le domaine du retail tels que "la possibilité de mettre des produits sur une étagère dans un magasin et de faire des visites guidées des enseignes en permettant aux clients de naviguer, sélectionner un produit et l'acheter directement dans le jumeau numérique", explique James Morris-Manuel. La société prévoit pour ce faire de nombreux contrats à venir en Hexagone. Affaire à suivre.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.