Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Matters, le start-up studio français qui met son équipe au service des idées

Matters entre dans la galaxie des start-up studio. Sur les traces de eFounders, TechnoFounders ou encore le pionnier allemand Rocket Internet, cette entreprise française veut aider les entrepreneurs à “construire, produire et itérer les produits alternatifs de demain”.
mis à jour le 20 septembre 2017 à 11H21
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Matters, le start-up studio français qui met son équipe au service des idées
Matters, le start-up studio français qui met son équipe au service des idées © Matters

En vitrine, l’empire de la Silicon Valley échauffe l’âme de conquérant de plus d’un entrepreneur. Vu de l’intérieur, il s'agit d'une jungle  technologique où 90% des jeunes pousses se "plantent" avant leur cinquième anniversaire. Et même si certaines s’envolent, elles ne sont pas à l’abri de retomber aussi sec, à l’instar de Juicero, le Nespresso des jus de fruit fondé en 2013, qui a fait faillite début septembre 2017.

 

Partant de ces constats d’échec, Matters a vu le jour en mai 2017 sous le modèle de start-up studio. Son concept ? Accompagner les entrepreneurs dans la concrétisation de leurs idées afin qu’ils la fassent germer, développent un produit et le testent sur le marché.

 

START-UP STUDIO VS ACCÉLÉRATEUR

Contrairement aux start-up studio traditionnels qui lancent des start-up à la chaîne en trouvant des concepts en interne, Matters met une équipe au service d’un entrepreneur. “Nous avons une équipe de soixante personnes, réparties entre Paris et San Francisco, qui développe plusieurs produits en parallèle. En ce moment, nous co-développons une vingtaine de projets”, explique Baptiste Manson, le cofondateur de Matters, depuis son bureau de Sansome Street à San Francisco. La différence avec un accélérateur ? "Un accélérateur permet d’obtenir des fonds et du conseil dans le but d’aller vers une levée de fonds et de construire une équipe progressivement. Un accélérateur ne met pas des développeurs stars à disposition des start-up et ce n’est pas le responsable du programme qui va venir coder le projet”,

 

Les salariés de Matters ont des profils divers et complémentaires : marketing, développement, expérience utilisateur… L’entreprise française met son collectif au service des entrepreneurs en fonction des besoins. “Si certains produits nécessitent plus d’attention en expérience utilisateur (UX) par exemple, alors nous mettons nos trois spécialistes à plein temps sur ce produit.” Au bout de 90 jours d’accompagnement, l’objectif est d’arriver à un MVP (Produit minimum viable) et de tester le marché.

 

Selon Baptiste Manson, “le start-up studio permet de donner du temps à une idée et de réduire les risques. L’entrepreneur n’est pas obligé d’avoir le poids d’une société indépendante où il paie des commerciaux à ne pas vendre ou des équipes produits à ne pas construire car ce n’est pas le bon moment. Nous éclairons sur l’état des lieux d’un marché que nous connaissons déjà car nous développons des produits concurrents et complémentaires.”

 

D’INOVIA À MATTERS

 

 

Avant de pivoter en mai dernier, Matters s’appelait Inovia. Baptiste Manson a fondé cette société en 2007 avec Eric Raffin. À l’époque, les deux amis étudiaient l’informatique, l’un à Manchester en Angleterre, l’autre à Aarhus, au Danemark. Au départ, Inovia était centrée sur l’expertise. “Nous nous sommes rendu compte que les problèmes techniques étaient mineurs comparés à des problèmes plus globaux liés aux utilisateurs, au financement, à la place de marché. Le modèle consulting ne marchait plus, il fallait passer au start-up studio”, retrace Baptiste Manson.

 

Matters entend aussi se distinguer dans la sélection des projets. “Il faut des concepts qui impactent l’être humain, qui changent la vie des gens, c’est la raison d’être de Matters”, souligne le cofondateur qui souhaite aussi que “les projets soient cool et amènent à un résultat” au nom de “l’épanouissement de l’équipe”. Une condition indispensable, selon lui, pour “fédérer autour d’un concept comme le start-up studio qui doit encore faire ses preuves”.

 

Côté modèle éco, Matters génère 6 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel et a un flux de trésorerie disponible positif. Financé sur fonds propre, le start-up studio propose des forfaits aux jeunes pousses tout en ayant “une approche sur mesure”. “Notre objectif est de coller au mieux à leurs propres modèles. Chaque histoire est différente, chaque marché est différent”, indique Baptiste Manson. Et de préciser que chaque start-up doit trouver son propre financement. “Il faut pouvoir couper le produit de l’arbre, qu’il fasse sa propre bouture et vive sa propre vie.

 

LA POSTE, UBEEQO...

Parmi les aventures technologiques auxquelles a participé Matters : Ubeeqo, la pépite française spécialisée dans l’autopartage d’entreprise, rachetée en 2015 par Europcar. “Quand nous les avons connus, ils étaient trois, ils avaient l’idée mais aucun profil produit, UX et technique. Et quelques années plus tard, ils se sont faits racheter par Europcar”, salue le Français. Matters continue à vendre son expertise à certaines entreprises qui ont besoin de construire un produit en interne. “Nous le faisons pour La Poste, en France, pour qui nous avons mis au point le programme de suivi en temps réel du courrier”.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale