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Memo Bank (ex-Margo Bank) lève 20 millions d'euros pour séduire les PME

Levée de fonds Margo Bank change de nom et passe la seconde avec un nouveau tour de table de 20 millions d’euros. Trois ans après sa création, l’entité parisienne s’affirme comme une banque indépendante au service de la transformation digitale des petites et moyennes entreprises. Les précisions de Jean-Daniel Guyot, son cofondateur et président.
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Memo Bank (ex-Margo Bank) lève 20 millions d'euros pour séduire les PME
Memo Bank (ex-Margo Bank) lève 20 millions d'euros pour séduire les PME © Memo Bank

Les PME en quête de financement vont pouvoir compter sur un nouvel acteur à partir de la rentrée, et ce nouvel entrant met les moyens pour faire la différence. Memo Bank, lancée il y a trois ans sous le nom de Margo Bank, annonce avoir bouclé un nouveau tour de financement de 20 millions d’euros auprès d’investisseurs institutionnels comme BlackFin Capital Partners, créé par les fondateurs de Fortuneo, Daphni et Bpifrance Investissement.

Ce second tour de table inclut également Founders Future, le venture studio créé par Marc Ménasé, et des business angels comme Xavier Niel, Marc Simoncini ou encore Jacques-Antoine Granjon. La jeune banque muscle aussi sa gouvernance avec Gilles Denoyel (ancien directeur général délégué de HSBC France), Paul Mizrahi (cofondateur de Fortuneo), l’homme d’affaires Jacques Veyrat et l’avocate Valentine Baudouin-Barbelivien.

Une cible de 150 000 petites et moyennes entreprises en France
Créée en 2017, l’entreprise a mis trois ans pour obtenir l’agrément d’établissement de crédit de la part de de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de la Banque centrale européenne (BCE). Un précieux sésame qui permet à Memo Bank de proposer ses propres services de paiement, de dépôt et de crédit à sa future clientèle de PME. "Nous sommes la première banque créée en France depuis 50 ans, explique Jean-Daniel Guyot, cofondateur et président de Memo Bank, à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue ce 23 juin. L'entrepreneur réfute néanmoins les termes, courus, de néobanque et de fintech. "Nous ne nous appuyons pas sur une grande banque, et nous ne vendons pas de suite logicielle", insiste celui qui a créé Captain Train en 2009.

Memo Bank cible une clientèle bien précise : les entreprises réalisant au moins 2 millions de chiffre d’affaires par an et comptant plus de 10 collaborateurs, soit quelque 150 000 petites et moyennes entreprises en France. Ces sociétés françaises, qui créent des emplois et qui constituent un véritable tissu économique, n’occupent que le 11e rang en Europe en matière de numérisation. Un constat qui justifie donc de construire une offre autour de l’accompagnement et du financement de leur transition numérique. "La crise du Covid-19 a accéléré la nécessité de réaliser la transition numérique des petites et moyennes entreprises", ajoute Jean-Daniel Guyot.

Un Core Banking System développé en interne
Si cette transformation n’est pas nouvelle, ces sociétés sont mal comprises par les banques traditionnelles. "La réglementation et le digital ont considérablement alourdi la relation entre la banque et son client, analyse Ronan Le Moal, président du conseil de surveillance de Memo Bank. Les systèmes bancaires sont restés figés sur des process qui ne sont adaptés qu’aux grands comptes", poursuit l’ancien directeur général d’Arkéa. D’où le lancement d’une offre dédiée pour accompagner le développement et la numérisation des PME en proposant des financements de matériel et d’immatériel, comme les logiciels. Le tout en dématérialisé, avec des délais rapides et des tarifs transparents et attractifs, assure le dirigeant, sans donner de détails.

Et malgré le refus de ses dirigeants de la classer parmi les fintech, l’approche de Memo Bank est bien technologique. Elle repose sur une infrastructure technique développée en interne. La construction d’un Core Banking System à partir de zéro constitue une première dans le secteur, habitué à adosser de nouvelles briques à l'existant. Elle permet de sécuriser l’ensemble des données confiées au sein d’une source centralisée et non modifiable. "Les PME ne maîtrisent pas leurs données alors que celles-ci sont la clé de leur transition numérique", ajoute l'entrepreneur. Par ailleurs, l’infrastructure est conçue pour permettre "des traitements en temps réel, offrir une fiabilité renforcée et surtout être évolutive pour accompagner les nouveaux besoins des clients".

Un déploiement dans les  métropoles européennes
Pour séduire, la société parisienne compte aussi sur l’humain. Une équipe de quatre chargés d’affaires est dédiée à la prospection commerciale. Reste maintenant à créer la notoriété de la marque et à lui trouver une place dans un marché où se côtoient déjà fintech (Qonto, Shine…) et grandes banques (Crédit du Nord, Crédit Agricole…). Mais pour le patron de Memo Bank, il y a encore largement de la place. "Nous sommes là pour développer un marché, pas pour prendre des parts de marché à d’autres", explique-t-il, arguant que les offres existantes s’adressent davantage aux microentreprises... ou aux très grandes structures.

Accessible à la rentrée aux professionnels franciliens, la banque a également des ambitions européennes. Après un déploiement à Lyon, puis dans les grandes villes françaises, elle s’attaquera en effet aux métropoles d’Europe pour répondre aux problématiques internationales des petites et moyennes entreprises. Memo Bank vise 4 000 clients en 4 ans.

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