Memo Bank, la discrète néobanque qui monte

Titulaire d'une licence bancaire complète, la néobanque française a développé une large palette de produits qui lui permet de poursuivre son chemin vers la rentabilité sans avoir à faire la course au nombre de clients. Son modèle est unique sur le marché.

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Memo Bank, la discrète néobanque qui monte

Sur un marché des néobanques où la rentabilité fait encore largement défaut, accumuler les clients et compter sur des levées de fonds de plus en plus importantes pour tenir jusqu'au point mort ne suffit plus. La rentabilisation du modèle est devenue un facteur clé. A cet égard, un acteur qui évolue sous les radars, Memo Bank, est bien parti pour s'ancrer dans le paysage bancaire français, et c'est son souhait, européen.

Sans levée de fonds mirobolante, alors que sur le marché B2B la licorne Qonto prend toute la lumière avec son offre pour les TPE, et que la banque en ligne pour les pros de Crédit du Nord, Prismea, a fermé ses portes au mois d'octobre, Memo Bank poursuit son petit bonhomme de chemin. Son cœur de cible : les PME réalisant plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires. Memo Bank revendique aujourd'hui 300 clients, et vise la rentabilité en 2024 avec plusieurs milliers de clients.

Une banque complète

Pour cela, elle a adopté une stratégie à part. Créée en 2017 par des fondateurs de Captain Train, la banque est opérationnelle depuis septembre 2020. Le temps pour elle d'obtenir une licence bancaire complète, délivrée par l'ACPR et la BCE en juillet 2020. C'est la première banque française indépendante à avoir obtenu une licence depuis 1970. Ce sésame lui permet de couvrir l'ensemble des besoins d'une PME, du compte au crédit, en passant par les moyens de paiement.

Elle a très vite exploité cette capacité en multipliant les produits, commercialisés au sein de forfaits mensuels, avec un positionnement prix dont l'objectif n'est pas d'être le moins cher. Découvert, carte à débit différé, mise en place de prélèvement, et depuis peu la possibilité de recevoir des virements internationaux hors zone SEPA, grâce à un partenariat avec JP Morgan… "Nous avons énormément étoffé notre gamme pour être en mesure de devenir la banque principale de nos clients", explique Jean-Daniel Guyot, cofondateur et président du directoire de Memo Bank.

"Nous sommes tout de même moins chers que les banques traditionnelles au final, car nous ne facturons pas de commissions de mouvement, notamment pour les virements SEPA et les virements instantanés, qui coûtent entre 1 et 8 euros dans les grandes banques. Ce qui explique qu'ils représentent 30% des virements en émission et seulement 3% en réception chez nous", ajoute Jean-Daniel Guyot à sa démonstration.

Un core banking system maison

Si la start-up est en capacité de lancer rapidement de nouveaux produits, c'est grâce à une autre de ses spécificités. Memo Bank a développé son propre "core banking system", l'architecture informatique qui constitue le cœur du réacteur des activités bancaires.

"Cela nous permet de régler les bugs plus rapidement, la plupart du temps dans la journée, assure le cofondateur. Cela nous permet aussi de proposer les virements instantanés, et les virements classiques en 45 minutes à toute heure, en étant branchés directement à une chambre de compensation de l'Autorité bancaire européenne, ce qui a également l'avantage de réduire les coûts en diminuant les intermédiaires. Enfin, nous pouvons lancer de nouveaux produits rapidement, par exemple une offre de compte à terme sur laquelle nous travaillons, maintenant que les taux sont revenus en territoire positifs. Bref, ça change tout !"

Des banquiers sur le terrain pour épauler les clients

Cette attention portée aux produits est un facteur clé de succès pour augmenter la rentabilité par client. Les PME sont séduites par la proposition de la néobanque qui mise sur la relation client, avec des chargés d'affaires disponibles sur le terrain et à distance. Une grosse partie du développement technologique est orienté vers le travail de ces banquiers, en back office. "On les équipe en techno pour que la relation client soit la plus efficace sur les choses importantes". Tandis que pour les opérations du quotidien, comme toutes les néobanques, Memo Bank mise sur le selfcare.

Ensuite, la fidélisation se fait sur l'efficacité dans la gestion des flux, estime Jean-Daniel Guyot. "Par exemple, nous avons pas mal de clients dans l'import-export, un secteur où c'est le premier qui paye qui est fourni avant les autres". Des fonctionnalités aussi discrètes que l'est la banque, mais qui font la différence. Et pour rendre les process encore plus efficaces, la start-up a lancé en août une API permettant aux PME d'automatiser certaines opérations, sans avoir à passer par l'espace client. Par exemple, le transfert de fonds du locataire au propriétaire pour une agence de gestion locative.

En moyenne, les clients de Memo Bank réalisent entre 4 et 5 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, et comptent une quinzaine d'employés. La start-up, qui ne communique pas son chiffre d'affaires, emploie elle-même 65 salariés. Elle devrait procéder à une nouvelle levée de fonds d'ici 2024.

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