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Michael Baum : serial entrepreneur, de la Silicon Valley... au Château de Pommard en Bourgogne

Michael Baum a 50 ans. Après avoir mené pendant un quart de siècle une carrière d'entrepreneur dans la Silicon Valley, où il a créé 6 entreprises high-tech, il a décidé de se consacrer à sa passion, le vin. Ce "start-up junkie" a racheté en août le Château de Pommard, l'une des plus belles propriétés viticoles de Bourgogne. Un investissement qui amuse l'Américain, mais qui pourrait aussi lui rapporter gros : le domaine réalise chaque année 6 millions d'euros de chiffre d'affaires en moyenne, un résultat que Michael Baum compte bien faire gonfler.
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Michael Baum : serial entrepreneur, de la Silicon Valley... au Château de Pommard en Bourgogne
Michael Baum : serial entrepreneur, de la Silicon Valley... au Château de Pommard en Bourgogne © Wikimedia commons

Il aime la France du terroir. Il aime déguster le jus de la treille dans de grands verres à vin qui lui permettent de humer les arômes délicats du bout du nez. Michael Baum, un multi-entrepreneur américain de 50 ans, a mis la main en août pour un montant tenu secret sur l'un des trésors de la viticulture hexagonale : le Château de Pommard (Côte-d'Or).

De la high-tech aux vignes

Les 20 hectares de vignes qui composent ce domaine permettent de produire tous les ans 80 000 bouteilles de "Château de Pommard" et 20 000 de "Clos du Château", des vins de Bourgogne exclusivement rouges, des cépages de pinot noir. Galerie d'art, restaurant gastronomique… La propriété accueille aussi 35 000 visiteurs par an. Chiffre d'affaires annuel de ce symbole du patrimoine français ? 6 millions d'euros environ.

Mais cela pourrait être nettement plus : "ce business a beaucoup de potentiel", estime Michael Baum, qui va gérer le domaine avec sa femme. Un investissement plaisir pour cet entrepreneur de la Silicon Valley, plus habitué à parcourir en voiture les routes de la baie de San Francisco qu'à arpenter la campagne hexagonale chaussé d'une paire de bottes.

dotBank, la boite à 190 millions de dollars

Car avant de se lancer dans la viticulture, Michael Baum a créé en un quart de siècle 6 entreprises. "Trois d'entre elles ont été de véritables succès", raconte l'entrepreneur californien, qui s'auto-qualifie de "start-up junkie". Il lance sa première jeune pousse en 1984 alors qu'il est encore étudiant en sciences de l'informatique à la Drexel University, en Pennsylvanie. Appelée Reality, elle offrait à ses clients un service en ligne pour optimiser la gestion de leur portefeuille d'investissements. La société est rachetée en 1987 par Reuters.

Sa deuxième success-story démarre en 1999 avec la création d'un service de paiement en ligne concurrent de celui de PayPal, dotBank. Un an plus tard, Yahoo! achète l'entreprise pour 190 millions de dollars. L'Américain lance en 2003 sa sixième entreprise, qui sera elle aussi une poule aux œufs d'or : Splunk, pionnière dans le champ du big data, développe des logiciels de gestion qui permettent de trier des amas de données informes pour en extraire de la valeur et permettre aux sociétés d'améliorer leur reporting, de mieux gérer leur cybersécurité….

100 millions de dollars placés dans une fondation

La firme compte aujourd'hui 300 employés et plus de 5 000 clients, dont la moitié des entreprises du "fortune 100", la liste des 100 plus gros groupes américains en termes de chiffre d'affaires. Splunk a été introduite au Nasdaq en mai 2012 où elle est actuellement valorisée 7 milliards de dollars.

La même année, Michael Baum quitte la direction de son dernier bébé, dont il était le PDG. Il crée alors Founder.org. "Cette fondation aide les jeunes étudiants entrepreneurs qui ont une idée à très fort potentiel de développement à décoller, notamment grâce à un programme de mentoring. Nous cherchons des projets qui permettent de résoudre de GROS problèmes", insiste l'homme d'affaire. Il a placé 100 millions de dollars qui lui appartenaient dans sa structure, également financée par des subventions d'Etat.

60 start-up sorties de l'œuf

"Nous avons tissé des partenariats avec 25 universités. Stanford, Harvard, le MIT… Nos collaborateurs sont aux Etats-Unis mais aussi ailleurs dans le monde, en France nous travaillons par exemple avec Polytechnique, l'Edhec et l'ESCP." Les étudiants de ces écoles peuvent proposer leurs projets sur le site de la fondation. S'ils sont sélectionnés, ils participent pendant un an à un programme éducatif virtuel baptisé 8D, pour 8 dimensions, concocté par Michael Baum et son équipe.

Depuis sa création en septembre 2012, Founder.org a aidé 60 start-up à éclore. La fondation investit des fonds dans certaines des jeunes pousses qu'elle soutient. Ces sommes peuvent aller de 100 000 à 5 millions de dollars. "En échange, nous prenons des parts dans ces sociétés. Si nous faisons des bénéfices, ils sont réinjectés directement dans la fondation, pour lui permettre de se développer plus encore", explique Michael Baum, businessman jusqu'au bout des ongles, même lorsqu'il gère une organisation à but non lucratif.

Lélia de Matharel

 
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