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Microsoft apporte un soutien discret au français TurboHercules, en guerre avec IBM

L'éditeur américain vient d'investir dans la jeune pousse française TurboHercules, à l'origine d'un émulateur en open source pour les grands systèmes « mainframe ». Signe particulier : elle est en guerre avec IBM, qu'elle accuse d'abus de position dominante...
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Microsoft apporte un soutien discret au français TurboHercules, en guerre avec IBM
Microsoft apporte un soutien discret au français TurboHercules, en guerre avec IBM © IBM

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis... A priori, la jeune pousse française TurboHercules, qui a développé un émulateur de systèmes d'exploitation en open source pour les « mainframe » (les « grands systèmes », principalement conçus par IBM), n'a pas grand chose en commun avec Microsoft. Mais à y regarder de plus, cette entreprise créée en 2009 a un sérieux atout pour s'attirer les bonnes grâces du géant de Redmond, qui vient d'entrer très discrètement à son capital (pour un montant non dévoilé). Elle partage avec Microsoft un même concurrent : IBM. Lequel ne porte pas dans son coeur TurboHercules, qu'il accuse d'agir pour le compte de Microsoft, au même titre que l'américain T3, afin de le déstabiliser sur le marché des serveurs centraux.

 

Deux plaintes « antitrust » contre IBM…

 

Petit rappel des faits. En mars 2010, TurboHercules a porté plainte contre IBM à Bruxelles pour abus de position dominante sur le marché des mainframe. Se défendant d'être « anti-IBM », l'entreprise a à cette époque accusé Big Blue d'« empêcher ses clients d'utiliser Hercules, en liant le système d'exploitation du mainframe avec le hardware du mainframe ». Sa plainte arrivait deux mois seulement après une autre procédure européenne contre IBM ouverte par T3, une petite entreprise américaine.

 

Un mauvais coup contre IBM. Le 26 juillet 2010, la Commission européenne a en effet annoncé dans un communiqué son intention « d'ouvrir des enquêtes antitrust formelles contre IBM Corporation dans deux affaires distinctes d'infractions présumées aux règles de l'UE en matière d'abus de position dominante sur le marché. [...] La première enquête fait suite à des plaintes déposées par les vendeurs de logiciels d'émulation T3 et Turbo Hercules, selon lesquelles IBM lierait le matériel pour serveurs centraux à son propre système d'exploitation de ces serveurs. La deuxième enquête, ouverte à l'initiative de la Commission, porte sur le comportement discriminatoire présumé d'IBM vis-à-vis de ses concurrents fournissant des services d'entretien des serveurs centraux ». Dont acte.

 

… un actionnaire en commun pour les plaignants

 

Mais il est probable que le nouvel investissement de Microsoft dans TurboHercules, qui fait suite à une précédente injection de fonds dans T3, en novembre 2008, va jeter un sérieux doute sur l'honnêteté des deux plaintes antitrust déposées au niveau européen. En réaction à l'ouverture des enquêtes européennes, IBM avait en effet déjà estimé en juillet que « les accusations de TurboHercules et T3 contre IBM sont poussées par certains des plus gros concurrents d'IBM, menés par Microsoft ».

 

Pour TurboHercules, il ne faut pas voir de lien entre l'investissement de Microsoft et sa plainte contre IBM : « L'investissement date d'il y a une semaine », affirme une porte-parole. Et la société d'annoncer qu'elle envisage d'utiliser « cette injection de capital » pour développer de nouvelles « solutions novatrices » et améliorer « l’interope?rabilite? [avec] les clients mainframe ».

 

Contacté, Microsoft n'a quant à lui pas souhaité s'exprimer sur cet investissement.

 

Christophe Dutheil

 

 
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