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Amazon conteste l'attribution à Microsoft du contrat cloud de 10 milliards de dollars avec le Pentagone

Le contrat de cloud computing du Pentagone a finalement été remporté par Microsoft et sa solution Azure, devant l'offre d'Amazon. Une attribution controversée du fait de l'animosité du président Trump envers Amazon. Le "Joint Enterprise Defense Infrastructure" Cloud (JEDI) a pour objectif de moderniser le système d'information des forces armées américaines, et se traduit par un pactole de 10 milliards de dollars. Amazon Web Services (AWS) a finalement décidé de contester cette décision devant une cour fédérale. 
mis à jour le 15 novembre 2019 à 09H12
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Amazon conteste l'attribution à Microsoft du contrat cloud de 10 milliards de dollars avec le Pentagone
Amazon conteste l'attribution à Microsoft du contrat cloud de 10 milliards de dollars avec le Pentagone © Pixabay/12019

Actualisation (15/11/2019) : C'était prévisible. D'après un article de TechCrunch, Amazon Web Services (AWS) conteste fermement l'attribution par le Pentagone à Microsoft du contrat JEDI. "De nombreux aspects du processus d'évaluation de JEDI comportaient des lacunes évidentes, des erreurs et des préjugés sans équivoque. Il est important que ces questions soient examinées et rectifiées", a déclaré un porte-parole d'Amazon au média américain. L'entreprise a déclaré avoir déposé un dossier devant une cour fédérale. De son côté le département de la Défense maintient que l'évaluation a été menée de façon impartiale. 

 

Article original : 

La bataille s'annonçait rude et c'est finalement Microsoft qui l'a remportée. Le département américain de la Défense a annoncé, le 25 octobre 2019, que la firme dirigée par Satya Nadella a obtenu le contrat JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure) Cloud pour un montant de 10 milliards de dollars. Cet accord vise à moderniser la totalité des systèmes informatiques des forces armées américaines dans un système géré par l'intelligence artificielle.

 

Pour une durée de 10 ans, Microsoft via sa solution Azure devra fournir des services IaaS (Infrastructure as a service) et PaaS (Plateform as a service) au Pentagone. L'objectif est de permettre aux militaires d'avoir un meilleur accès aux données depuis les champs de bataille et d'autres terrains éloignés.

 

AWS était donné grand favori

Cette victoire de Microsoft a surpris outre-atlantique. En effet, Amazon Web Services (AWS) était donné grand favori pour cet appel d'offre car il avait déjà remporté un contrat avec la Central Intelligence Agency (CIA) en 2013. Il s'était également vu gratifier d'un haut niveau de protection par le Pentagone. Oracle et IBM s'étant fait éliminé et Google s'étant retiré, il ne restait qu'AWS et Microsoft Azure en lice.

 

Et le département de la Défense a finalement décidé d'attribuer la totalité du contrat à un seul prestataire plutôt que de le scinder en plusieurs d'appels d'offres. AWS s'est déclaré "surpris de cette décision". Il faut dire que l'attribution de ce contrat s'est faite sur fond d'animosité entre le président Trump et Jeff Bezos, fondateur d'Amazon mais également propriétaire du Washington Post, média relativement critique vis-à-vis de l'administration Trump.

 

Google se retire de la course

Le Département de la Défense avait lancé cet appel d'offre en mars 2018. Le Pentagone avait dû le reporter, en août 2019, en attendant le feu vert du nouveau ministre de la Défense, Mark Esper. En octobre 2018, Google s'était retiré de la course en avançant une contradiction avec ses nouveaux principes éthiques liés à l'intelligence artificielle. "Nous ne soumettons pas de propositions pour l'accord JEDI parce que nous ne pouvons pas être assurés qu'il serait conforme à nos principes dans l'intelligence artificielle", avait déclaré un porte-parole de la firme à Bloomberg.

 

Cette annonce intervenait après l'affaire "Maven" dont l'objectif était d'analyser l'énorme volume de données capturé par les drones de reconnaissance de l'armée américaine. Ce projet avait provoqué un véritable tollé en interne, à tel point que la dirigeante de Google Cloud, Diane Greene, avait annoncé son arrêt en juin 2018. En réponse, le CEO de Google Sundar Pichai avait rédigé un document dans lequel il exposait les sept principes auxquels une technologie d'IA doit répondre (être bénéfique à la société, se conformer à des standards d'excellence scientifique, éviter de créer ou de renforcer des perceptions injustement biaisées…). Google s'engageait également à ne pas développer de technologies pouvant causer des dommages. Comme l'expliquait un article de L'Usine Digitale publié en juin 2018, cette déclaration partait d'un bon sentiment mais laissait toujours une certaine marge de manœuvre à l'entreprise.

 

Des collaborations qui interrogent

Les collaborations entre géants technologiques et forces de l'ordre inquiètent de plus en plus. Vu les sommes en jeu, il est pourtant logique que les GAFAM s'intéressent à ce type de partenariat. "Tous ceux qui vivent dans ce pays dépendent de la puissance de sa défense", avait écrit dans un billet de blog Brad Smith, le président de Microsoft. Une rhétorique reprise par Jeff Bezos, le patron d'Amazon, qui déclarait, au Sommet Wired25 tenu en octobre 2018, que le pays serait "en difficulté" si "les grandes entreprises de technologie tournaient le dos au ministère de la défense américaine". 

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