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Microsoft dépouille Nokia de ses mobiles

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Microsoft rachète l’activité mobile de son partenaire Nokia pour 5,44 milliards d’euros. Un moyen pour lui de maîtriser l’ensemble de la chaîne et de prouver sa volonté de réussir sur le secteur. L'opération laisse l'ex-leader mondial de la téléphonie mobile quasi-exsangue.

Microsoft dépouille Nokia de ses mobiles
Microsoft dépouille Nokia de ses mobiles © Microsoft

Microsoft veut sa place dans le mobile. Au point de mettre 5,4 milliards d’euros sur la table pour avaler l’activité mobile et les licences des brevets de son partenaire Nokia, ancien numéro un mondial du secteur. Malgré l’échec de Windows Mobile et l’incrédulité des observateurs quant à sa capacité à réussir face à Apple, Google et Samsung, l’américain vient de frapper un grand coup. Si l’on excepte le très mal en point BlackBerry, il devient le seul acteur avec Apple à disposer à la fois des téléphones et de l’OS mobile. Il devient un industriel du mobile avec le design, la R&D, les brevets, un fort réseau de distribution sur les marchés émergents et même quelques usines. Et, à l’instar d’Amazon qui a fini par développer le Kindle lui-même parce que personne ne le faisait comme il le souhaitait, Microsoft a désormais son destin mobile entre les mains.

Début 2011, le géant du logiciel avait conclu un accord avec le Finlandais en grandes difficultés. Ensemble, en moins d’un an, ils ont mis sur le marché de tous nouveaux mobiles équipés de Windows Phone. Ce dernier tranche avec son interface dans ce monde dominé par un iOS maitre du monde mais vieillissant, et un Android omniprésent. Même chose pour les smartphones : les Lumia design et colorés se démarquent du noir, du blanc et du métal omniprésents. Selon IDC, Nokia conserverait 14% de parts de marché avec 61 millions de téléphones vendus, mais demeure en chute de 27%. Si l’on en croit les dernières analyses, ce sont les mobiles finlandais qui soutiennent aujourd’hui Windows Phone.

Le patron de Nokia en successeur de Steve Ballmer

La surprise est toute relative. Nombreux étaient ceux qui, dès 2011, avaient anticipé ce mouvement de la part de Microsoft. Cet été, le géant a d’ailleurs annoncé une nouvelle stratégie "services et matériel". Lors de l’accord avec Nokia, il avait placé un pion de choix  à la tête du Scandinave : Stephen Elop. Nul doute que l’américain avait alors déjà en tête le scénario d’aujourd’hui. L’ancien patron de Microsoft Office devrait d’ailleurs réintégrer Microsoft et, murmure-t-on déjà, sans doute succéder à Steve Ballmer. L’homme de l’accord Microsoft-Nokia. Stephen Elop emmène avec lui 32000 employés de Nokia dont 4700 en Finlande.

Reste que l’Américain laisse son partenaire quasi-exsangue. Le communiqué du finlandais chiffre à 14,9 milliards d’euros le chiffre d'affaires de l’activité mobile, soit près de la moitié de ses revenus. Il lui reste les systèmes de cartographie et sa filiale d’équipements télécoms, tout juste rachetée à Siemens. Il ne peut donc plus compter sur l’allemand pour partager la charge de cette activité – même si celle-ci rebondit depuis début 2013 - sur un marché où la concurrence est de plus en plus rude, dominé par le Suédois Ericsson et le toujours plus puissant Chinois Huawei. L’ancien géant du mobile s’est transformé en petit poucet.

Emmanuelle Delsol

 
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