Microsoft et Facebook critiquent l'interdiction par Apple des services de cloud gaming sur iPhone

Un ras-le-bol général commence à se faire sentir quant à la gestion tyrannique de l'App Store par Apple. Microsoft et Facebook ont vertement critiqué l'attitude de l'entreprise, qui refuse notamment tout service de jeu par abonnement autre que le sien. Apple est actuellement visé par plusieurs enquêtes aux Etats-Unis et en Europe pour abus de position dominante.

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Microsoft et Facebook critiquent l'interdiction par Apple des services de cloud gaming sur iPhone

Apple ne s'inquiète visiblement pas des enquêtes pour abus de position de dominante que mènent actuellement les Etats-Unis et l'Union européenne à son encontre. L'entreprise de Tim Cook continue de farouchement verrouiller l'accès à son App Store, barrant l'accès à quiconque pourrait faire de l'ombre à ses propres services.

La dernière affaire en date concerne Microsoft et son service de cloud gaming xCloud. Il sera lancé officiellement le 15 septembre et sera disponible sur Android, mais pas iOS. Apple refuse l'application sous prétexte qu'elle enfreint ses règles, à savoir le fait que chaque jeu doit être soumis individuellement à l'App Store afin qu'Apple puisse le vérifier et se satisfaire qu'il respecte ses règles. Dans les faits, la problématique est surtout liée au fait qu'Apple ne recevrait aucun revenu d'un tel service. L'App Store n'est en effet pas exempt de jeux à la qualité discutable – voire de plagiats assumés – sur lesquels Apple ferme les yeux.


Pas de service de jeu par abonnement... sauf celui d'Apple
Cela vaut pour xCloud, mais aussi Google Stadia, GeForce Now, ou tout autre service de ce genre. L'application Stadia sur iOS ne permet par exemple pas d'accéder aux jeux. La start-up française Blade, à l'origine du service cloud Shadow, a pu passer outre ces restrictions car elle fournit un service de PC virtuel qui n'est pas exclusivement dédié aux jeux vidéo. Microsoft a critiqué officiellement la position d'Apple, déclarant "qu'elle est la seule plateforme généraliste à priver les consommateurs de services de cloud gaming et de jeu par abonnement comme le Xbox Game Pass." L'absence de concurrents profite évidemment à Apple Arcade, le service de jeu par abonnement d'Apple.

Cette échauffourée a conduit Facebook à y aller de son propre commentaire. Il vient de lancer une application Facebook Gaming, principalement dédiée au visionnage en direct de streamers jouant aux jeux vidéo, mais qui contenait aussi des mini-jeux. Il a dû supprimer ces derniers pour que l'application soit acceptée par Apple, d'après une déclaration faite à The Verge. Facebook a également par le passé dû supprimer sa fonctionnalité de mini-jeux de son application principale et de Messenger pour éviter leur rejet de l'App Store.

Tim Sweeney, fondateur et CEO d'Epic Games, en est aussi allé de son commentaire sur les réseaux sociaux suite à l'affaire. Pouvoir publier son jeu à succès Fortnite sur iOS avait aussi donné lieu à des frictions, la monétisation s'effectuant à partir d'achats directement dans le jeu.

Les petits développeurs sont les plus vulnérables
Apple est connu pour sa raideur quant à ce qu'il autorise ou pas dans son magasin d'applications, et à quel prix. Qu'il s'agisse de l'application Kindle d'Amazon (lecture de livres) ou de Spotify pour la musique, Apple se réserve le droit de refuser toute application qui ne se conforme pas à ses règles ou qui refuse de céder 30% de ses revenus, même lorsqu'il s'agit d'un abonnement mensuel. Ces derniers mois, Apple s'était déjà fait remarquer pour sa rudesse vis-à-vis d'un service de messagerie électronique baptisé Hey, refusé sous prétexte qu'il ne rapporterait aucun revenu.

Car si ces grandes entreprises technologiques souffrent de la politique sans pitié d'Apple en ce qui concerne les applications qu'il autorise sur ses appareils, l'effet est démultiplié pour les petites entreprises et les développeurs indépendants. Car le risque pour eux s'ils se plaignent est de se voir fermer l'accès purement et simplement. Ces faits ne sont pas nouveaux, et les conclusions des enquêtes antitrust en cours sur le sujet ne sont pas dures à deviner. Reste à savoir jusqu'où Apple ira pour conserver sa main-mise sur son écosystème.

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