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Microsoft joue à fond l’ouverture dans le cloud

Microsoft multiplie les initiatives d’ouverture de ses services de cloud computing vis-à-vis d’autres plates-formes du marché. L’objectif est de progresser plus vite sur le marché en se distinguant de ses deux plus gros rivaux, Amazon et Google.
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Microsoft joue à fond l’ouverture dans le cloud
Microsoft joue à fond l’ouverture dans le cloud © Nils Geylen - Flickr - CC

Ouverture. C’est désormais le maître-mot de Microsoft dans le cloud computing. Il a été le fil conducteur de la conférence plénière du deuxième jour des TechDays 2015, la neuvième édition de son événement annuel qui réunit quelque 10 000 clients, développeurs et partenaires en France, du 10 au 11 février 2015 à Paris. " Venez comme vous êtes, avec vos applications, vos usages et votre patrimoine informatique ", a martelé Nicolas Petit, directeur marketing et opérations chez Microsoft France, en direction des entreprises qui souhaitent aller vers le cloud sans perdre l’existant.

Ainsi, le service bureautique en ligne Office 356 n’est plus réservé aux terminaux tournant sous le système d’exploitation Windows de Microsoft. Il a été étendu d’abord à la plate-forme iOS d’Apple puis à Android de Google. Et tant pis si cela entraîne une cannibalisation des terminaux mobiles du géant de Redmond, comme ses tablettes Surface ou ses smartphones Lumia. "Notre priorité est d’élargir la base d’utilisation de nos outils de productivité, de donner goût à nos technologies uniques et peut-être ainsi inciter les utilisateurs à venir aux produits de Microsoft comme les tablettes ou les smartphones", justifiait Satya Nadella, le patron du groupe, lors d'une réunion avec les investisseurs.

"J'aime Linux"

L’éditeur a également intégré Box et DropBox de façon à ce que les utilisateurs habitués à ces services de stockage et partage de documents en ligne continuent à les utiliser à l‘intérieur d‘Office 365, au détriment de son propre service OneDrive. Le résultat semble au rendez-vous puisque le service Office 365 a atteint 9,4 millions d’abonnés à la fin de 2014. Voilà sur le front du logiciel à la demande (SaaS pour Software as a service).

Sur le front de Microsoft Azure, le service de cloud d’infrastructure (IaaS pour Infrastructure as a service) et de plate-forme (PaaS pour Platform as a service), l‘ouverture se traduit par des accords avec des concurrents comme Salesforce, SAP, Oracle, Cisco ou encore IBM. "Si vous avez des licences de logiciel de ces éditeurs, vous pouvez venir les faire tourner sur notre cloud Azure", assure Nicolas Petit.

Enfin, Microsoft n’hésite pas à clamer son soutien à la communauté des logiciels Open Source. "J’aime Linux", déclare à répétition Satya Nadella, en référence au noyau de base de la plupart des logiciels libres. C’est étonnant de la part du patron d’un éditeur, considéré comme le temple des logiciels propriétaires. Mais c’est symptomatique du changement qu’il veut imprimer au groupe.

UNe situation unique sur le marché

"Nous sommes dans une situation unique sur le marché du cloud, estime Anne-Lise Touati, directrice de l’activité serveurs et cloud chez Microsoft France. Cela nous démarque fortement des autres acteurs." Cette politique d’ouverture a été amorcée par Steve Ballmer. Elle a été ensuite amplifiée par Satya Nadella, son successeur à la tête de Microsoft depuis un an.

Microsoft est engagé dans une course au leadership dans le cloud computing avec Amazon et Google, avec à la clé un investissement de 5 milliards de dollars dans l’extension de son réseau de datacenters aujourd’hui au nombre de 19 dans le monde. Il est l’acteur qui croît le plus vite sur le marché, selon le cabinet Synergy Research. Sur le quatrième trimestre 2014, ses revenus dans ce domaine ont bondi de 114 % à près de 1,4 milliard de dollars. Sur l’année 2014, son chiffre d’affaires dans le cloud computing est estimé à 4,7 milliards de dollars, ce qui le place au coude à coude avec Amazon et Salesforce crédités respectivement de 4,6 et 4,8 milliards de dollars, mais loin devant Google crédité, lui, de seulement 1,6 milliard de dollars par le cabinet TBR.

Ridha Loukil

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