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Miimosa lance une plateforme de crowdlending pour accélérer la transition agricole

Créée en 2015, la plateforme de crowdfunding Miimosa, qui a déjà accompagné plus de 2 000 projets en France et en Belgique, lance désormais une nouvelle offre de crowdlending, baptisée “Miimosa Transition”, exclusivement dédiée aux projets de transition agricole, alimentaire et énergétique. Objectif : faire appel aux consommateurs et aux distributeurs, coopératives et fonds de dettes pour financer en partie des projets que les aides traditionnelles ne peuvent soutenir en totalité. Danone, Herta, D'aucy ou Carrefour y participent déjà.

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Miimosa lance une plateforme de crowdlending pour accélérer la transition agricole
La fintech Miimosa ambitionne de lever 100 millions d’euros sur sa plateforme pour accélérer la transition agricole, alimentaire et énergétique d’ici 4 ans. © Miimosa

Comment accélérer la transition du secteur agro-alimentaire vers un modèle de production plus vertueux, respectueux de la santé des consommateurs et de l’environnement ? En jouant sur l’un de ses principaux leviers : le financement. "D’un côté, les acteurs traditionnels tels que l’Europe (via la PAC), l’Etat et les banques ne peuvent plus contribuer, seuls, à financer la transition du secteur agricole, aux exigences de financements importantes. D’un autre, on perçoit une volonté du grand public de se réapproprier son alimentation. Alors pourquoi ne pas faire participer les industriels et les consommateurs au financement ?", explique Florian Breton, fondateur de la plateforme de financement participatif Miimosa, dédiée à l’agriculture et à l’alimentation. Créée en 2015, la plateforme, qui a déjà accompagné plus de 2 000 projets en France et en Belgique, lance désormais une nouvelle offre de crowdlending, baptisée "Miimosa Transition", exclusivement dédiée aux projets de transition agricole, alimentaire et énergétique.

 

Des projets nécessitant des financements compris entre 50 000 et un million d'euros

Miimosa proposait jusqu’ici aux particuliers de participer - via des dons avec contrepartie (produits, expérience ou séjour à la ferme..) ou des prêts plafonnés à 2 000 euros par personne - au financement de projets d’agriculture ou d’alimentation locale exigeant des besoins de financement de 5 000 à 200 000 euros. "Avec Miimosa transition, il s’agit plutôt de changer d’échelle en s’attaquant à l’agriculture extensive. Soit de grandes exploitations sous contrat avec des coopératives, des industriels transformateurs de l’agroalimentaire, des distributeurs…, nécessitant des financements compris entre 50 000 et un million d’euros", explique Florian Breton.

 

Pour se faire, la fintech a obtenu un nouvel agrément de l’AMF afin de pouvoir faire participer non seulement les particuliers - dont les apports individuels ne seront plus limités - mais aussi les personnes morales que représentent par exemple des partenaires filières comme Carrefour, Danone, Herta, D’aucy… Ou encore des fonds de dettes. Autre nouveauté : les projets intègrent désormais les énergies renouvelables. "Les agriculteurs détiennent aujourd’hui de grandes surfaces qui couvrent près de 54% du territoire national. Ce qui en fait des contributeurs privilégiés de la transition énergétique", souligne l’entrepreneur.

 

Un taux d'intérêt moyen deux fois moins élevé que celui du crowdlending généraliste

Sur Miimosa transition, "le taux d’intérêt moyen, de 3,7% est deux fois moins élevé que celui du crowdlending en ligne généraliste, de 6,7 %", explique Florian Breton. Le plan de financement, plus souple, peut également s’échelonner davantage et le remboursement n’être demandé qu’au bout de 5 ans, et non annuellement. "Les conversions agricoles sont lentes à mettre en place. Ce pricing permet de soutenir la transition agricole sans fragiliser le secteur et il s’adapte bien à une profession qui rencontre peu de défauts de remboursements, détaille l’entrepreneur."

 

"L’agriculture est le secteur de l’économie le moins risqué. Le défaut de remboursement de crédit y est aujourd’hui de 3%, quand il est de 6% en moyenne dans l’économie réelle. Ce tarif s’avère également compétitif face aux banques qui prêtent généralement à moins de 2% (mais qui prennent des garanties pour sécuriser leurs risques). Il ne s’agit pas de devenir une alternative aux banques, mais de pouvoir intervenir en cofinancement avec elles".

 

Carrefour comme partenaire

Les projets, proposés en premier lieu par les grands acteurs partenaires, sont sourcés selon un cahier des charges établi de concert avec des instituts techniques de références (INRA, WWF, FNAB, Idele…) pour répondre aux impératifs de la transition : agro-écologie, agriculture bio, bientraitance  animale, énergies renouvelables… Ils sont ensuite soumis à Miimosa qui évalue les risques et valide ou non le projet avant de le proposer sur sa plateforme de crowdlending. Si le projet est accepté, le partenaire s’engage à verser entre 20 et 30% des besoins de financement. Il pourra en contrepartie valoriser cet effort auprès de ses consommateurs.

 

Carrefour et Miimosa ont ainsi profité du salon de l’agriculture, qui s’est clôturé le 3 mars dernier, pour lancer un appel à projets aux agriculteurs et entrepreneurs engagés dans la transition alimentaire et écologique. Les propositions retenues par Carrefour seront évaluées par les experts de MiiMOSA qui détermineront le plan de financement adapté. Les consommateurs qui le désirent pourront investir dans ces projets. De son côté, MiiMOSA transition perçoit à chaque fois 4% de la collecte et une variable sur les échéances.

 

Lever 100 millions d'euros pour accélérer la transition agricole

Aujourd’hui, MiiMOSA transition a déjà financé quelques collectes : deux de 150 000 euros pour financer d'un côté un projet de méthanisation dans les Ardennes, de l'autre un projet de bientraitance animal en Corrèze. Et une troisième de 50 000 euros pour soutenir un projet d’agro-écologie. Trois autres projets d’éco-serre photovoltaïque, de production de biomasse sous serre et de financement d’une centrale hydro-électrique sont aussi annoncés sur le site. Au total, la fintech ambitionne de lever 100 millions d’euros pour accélérer la transition agricole, alimentaire et énergétique d’ici 4 ans.

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