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Mis sous pression par l'Autorité de la concurrence, Booking insiste sur son ancrage français

L'Autorité de la concurrence a pointé certaines clauses litigieuses des contrats entre le site Booking.com et les hôteliers. Né aux Pays-Bas mais racheté par le groupe américain Priceline en 2005, l'entreprise de réservation d'hébergements en ligne met en avant ses 650 employés en France.
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Mis sous pression par l'Autorité de la concurrence, Booking insiste sur son ancrage français
Peter Verhoeven, directeur général EMEA de Booking © Booking

Booking.com organisait ce 24 février sa première conférence de presse en France... en 19 ans d'existence ! Officiellement pour présenter sa nouvelle application mobile, Booking Now, qui mise sur une expérience personnalisée grâce aux algorithmes analysant le comportement des utilisateurs et apprenant de leurs habitudes.

Mais Il s'agissait aussi et surtout de présenter sa stratégie globale et de répondre aux critiques alors que le leader de la location d'hébergement en ligne est attaqué de toutes parts.

booking étouffe-t-il la concurrence ?

Booking est accusé, en France et en Europe, d'imposer aux hôteliers des conditions tarifaires qui entravent la concurrence. Les professionnels de l'hébergement devaient jusqu'ici s'engager par contrat à réserver à Booking leurs prix les plus bas. Impossible pour eux de vendre des nuitées moins cher sur des sites concurrents ou via d'autres canaux. Expedia a été mis en cause pour des pratiques similaires.

Une conciliation a été ouverte par l'Autorité française de la concurrence, après que le gouvernement (Arnaud Montebourg puis Emmanuel Macron) ait tapé du poing sur la table. En réponse, Booking a émis un certain nombre de propositions, acceptant de mettre fin, en partie, à ses clauses dites de parité tarifaire. L'Autorité appelle maintenant ses concurrents à se prononcer sur ces engagements, avant de rendre un avis, probablement fin mars. Le groupe Accor (qui planche sur sa transformation numérique, pour contrer les pure players du web) et l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie ont déjà dit que les concessions de Booking ne suffisaient pas à endiguer sa position dominante sur le marché.

Un leader menacé

Alors Booking profite-t-il de sa domination pour dicter ses conditions aux professionnels de l'hébergement ? Le site, évidemment, a une autre vision des choses : "Nous ne détenons pas, comme nous avons pu le lire, 70% du marché", corrige Peter Verhoeven, responsable pour la région Europe / Moyen Orient / Afrique. Le site est tout de même leader des OTA (online travel agencies, agences de voyage en ligne), mais avec "7 à 8% du marché total" si l'on inclut le hors-ligne et toutes les formes d'hébergement, explique-t-il.

"En 2014, dans le monde, Booking a enregistré 800 000 réservations par jour en moyenne, contre 500 000 pour Expedia... et 100 000 pour Airbnb, qui croît très rapidement", ajoute-t-il. Une manière de montrer que la domination construite par Booking est déjà remise en cause par de nouveaux acteurs de l'économie collaborative... qui créent moins de valeur qu'elle pour l'économie locale.

650 salariés français

Booking, contrairement à certains de ses concurrents, a investi en France où il dispose d'équipes locales depuis 2003. Le site de réservation en ligne emploie désormais 650 personnes sur 10 sites répartis dans l'hexagone. L'un des douze "centres de services client" dans le monde est basé à Tourcoing, dans le Nord : il compte à lui seul 350 salariés. En revanche, toutes les équipes techniques sont regroupées à Amsterdam, où travaillent notamment 700 développeurs (dont des Français).

Les démêlés en France du géant hollandais vont-ils freiner son développement dans le pays ? A priori non. Le groupe va même créer en mars un poste de "Directeur régional France-Espagne-Portugal". Et Booking ne s'interdit pas de nouvelles ouvertures de sites. "Faudra-t-il ouvrir d'autres bureaux régionaux ou des centres de service en France ? C'est une question que l'on va se poser cette année", confie Peter Verhoeven.  Evidemment, un arbitrage défavorable de l'Autorité de la concurrence pèserait dans la balance au moment de prendre une décision... Mais Booking reste discret sur le sujet et ne veut pas jouer cette "carte" diplomatique.

Sylvain Arnulf

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1 commentaire

Hotelier
25/02/2015 11h35 - Hotelier

En France, des hôteliers, refusant la pression constante de Booking , et d'accepter la dépendance croissante ont créé un portail : www.fairbooking.com

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