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Mon-eparti veut redonner une voix aux électeurs pour réduire l’abstention

Avec son appli, la jeune pousse "Mon-eparti" propose aux internautes de donner leur point de vue sur des sujets de société et d’actualité. De quoi, selon elle, les remotiver à se rendre aux urnes et proposer à tous, politiques compris, une état de l’opinion plus proche du réel que les sondages.
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Comment Mon-eparti veut redonner une voix aux électeurs pour réduire l’abstention
Mon-eparti veut redonner une voix aux électeurs pour réduire l’abstention © Mon-eParti

A sept mois des élections présidentielles, Mon-eparti veut s’attaquer à l’abstention croissante en redonnant aux Français le goût de se rendre aux urnes. L’idée ? Appliquer une toute nouvelle façon de mesurer –et donc de valoriser– l’opinion du corps électoral, en tirant parti du potentiel du numérique. Et du même coup, proposer une solution en rupture par rapport aux instituts de sondage. L’app sollicite à intervalles réguliers le point de vue des internautes inscrits sur des questions de société, et établit en temps réel des cartographies des opinions. "Il ne s’agit plus que les citoyens posent des questions aux politiques pour qu’ils y répondent, explique Serge Pilicer, le fondateur de la jeune pousse éponyme née en août 2016. Mais d’inverser ce rapport pour que ce soit les politiques qui se positionnent par rapport aux réponses des citoyens."

 

"Nous pouvons faire voter les internautes tous les matins sur tous les sujets de société"

Le mobinaute paramètre dans son profil les sujets qui l’intéressent parmi les 22 thématiques prédéfinies telles les affaires européennes, l’éducation, les primaires, le droit des femmes, l’agriculture, l’immigration, la sécurité, l’écologie, la défense… L’équipe éditoriale de la start-up, qui comptera à terme autant de rédacteurs que de thématiques et une rédactrice en chef, sélectionne des questions de fond choisies pour leur pertinence dans le débat électoral et leur actualité, et alerte les inscrits en fonction de leurs intérêts. Pour accompagner les mobinautes sur des thèmes souvent complexes –"Doit-on légiférer sur l’obsolescence programmée ?", "L’école doit-elle être une institution professionnalisante ?", "Doit-on réguler la finance ?"–, l’app propose des articles de presse, et une revue des commentaires de ceux qui ont déjà voté. Les points de vue des internautes ainsi récoltés permettent d’établir les statistiques et les cartographies sur les différents sujets. "Contrairement à un sondage, nous nous appuyons sur le volume des réponses, ainsi que sur notre équipe de mathématiciens et de statisticiens, détaille Serge Pilicer. Nous pouvons faire voter les internautes tous les matins sur tous les sujets de société, et les représenter sur n’importe quelle partie du territoire."

 

Des opinions géolocalisées

Pour s’inscrire, il faut donc donner ses nom, prénom, numéro de téléphone et code postal. Pour cartographier les opinions à l’échelle nationale, mais aussi locale, les membres de Mon-eparti sont géolocalisés. Dans la seconde version de l’app, ils pourront même l’être à plusieurs endroits avec leur adresse principale, celle de leur bureau, de leur résidence secondaire… Un moyen pour eux de se positionner par rapport aux tendances dans ces différentes zones. Les analyses des réponses sont réalisées sur des données anonymisées. L’app est déjà téléchargeable et quelques bêta-testeurs participent à la peaufiner et la déboguer. La première version finalisée sera lancée aux alentours du 25 octobre 2016, avant les primaires de la droite. Et la seconde entre janvier et mars 2017 pour les Présidentielles proprement dites.

 

Mettez le président dans votre poche

"Nous voulons mesurer le vrai bruit, celui de l’opinion, sur des panels de 2 à 3 millions de Français, poursuit le fondateur de la jeune pousse. Nous sommes capables de faire adhérer de 2 à 4 millions de personnes." Pour recruter ses adhérents, Mon-eParti a plusieurs solutions. Elle veut mobiliser les patrons d’entreprises, en les prenant par la fibre citoyenne, et en leur proposant un échange de bons procédés. Son premier partenaire, la compagnie aérienne Hop!, diffusera ainsi une promotion de l’app dans les salles d’embarquement de ses vols. Elle souhaite aussi proposer aux internautes qui s’inscrivent d’adhérer à certains de ses services. La start-up a recruté une responsable des écosystèmes pour trouver des relais vers certains groupes de citoyens spécifiques comme les femmes, les habitants de banlieue, les ruraux, les Français de l’étranger… Le rappeur Rost, organisateur en 2013 d’un forum Banlieues actives, autour du numérique, soutient déjà l’initiative et devrait la décliner derrière le slogan : "Mettez le président dans votre poche".

 

Objectif : Changer la face de la démocratie française

A l’origine de plusieurs forums numériques dont Ruralitic, les Assises du Numérique, la Conférence de Paris ou les États généraux des RIP… Serge Pilicer a revendu les marques de ses conférences, pour suivre son épouse nommée en Suisse. "Et je me suis dit, vraiment sans aucune prétention, j’ai 55 ans et je vais essayer de changer la face de la démocratie française, raconte-t-il. J’ai réfléchi à la façon de mettre à profit le numérique pour ramener les citoyens vers les urnes."

 

Réenchanter les citoyens

Selon le fondateur de la jeune pousse, les démarches actuelles ne vont pas encore dans ce sens, car elles partent du haut pour aller vers le bas. Il veut se distinguer de Make.org, de Gov, Bastille, Mavoix ou même de l’américain Nationbuilder qui a servi les campagnes de Barack Obama. "Nationbuilder crée des outils très intelligents pour faire gagner les politiques, note-t-il. Mais si plus personne ne vote, à quoi est-ce que cela servira ?" De la même façon, il constate que les grandes consultations publiques lancées autour des projets de loi, par exemple, ne récoltent que les réponses de quelques milliers d’élites et non de la population. "Je ne dis pas qu’il faut des députés de la société civile, ajoute-t-il, mais qu’il faut réenchanter les citoyens. Et pour moi, nous sommes la seule vraie civitech," tranche-t-il.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

PIERRE Dominique
27/10/2016 07h50 - PIERRE Dominique

Très bel outil, est-il transformable en droit ? à savoir, peut-il, demain, inciter des engagements de candidats-citoyens sur les prochaines #Législatives2017 . Engagements pour, non pas un contenu programmatique, mais engagement pour porter des députés qui vont, travailler ( par votre outil) à la création d'une votation "Francisée" de valeur parlementaire, sous inspiration Suisse. Est-il possible de donner aux citoyens le gout, le temps, les capacitiés à s'approprier les dossiers de ste pour installer un "equilibre des pouvoirs" ?? Une contribution sur www.votationcitoyenne.com Les mêmes personnes produisant les mêmes effets, sans citoyens qui seront en capacités de se présenter, signer des CERFA et créer un groupe parlementaire ... le déplacement aux urnes n'est pas gagné, par ce ras le bol général où qd il s'agit de voter, le citoyens reste aux pieds des marches de l'A.N. !

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