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[Movin’On 2019] Les entreprises françaises trustent le "Davos de la mobilité"

Le sommet mondial de la mobilité durable Movin’On s’est tenu du 4 au 6 juin 2019 à Montréal. Créé par Michelin, cet événement est l’occasion de réunir les différents acteurs du secteur ou du moins, bon nombre d’entreprises françaises. Reportage.
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[Movin’On 2019] Les entreprises françaises trustent le Davos de la mobilité
[Movin’On 2019] Les entreprises françaises trustent le "Davos de la mobilité" © Kévin Deniau

Depuis trois ans maintenant, Montréal devient au début du mois de juin le lieu de rendez-vous des acteurs de la mobilité. Quelques jours avant le Grand Prix du Canada de Formule 1, disputé sur les bords du fleuve Saint-Laurent, se déroule en effet le sommet mondial de la mobilité durable, Movin’On. Un événement à mi-chemin entre salon professionnel et... festival artistique ! Dans un cadre semi-industriel, on retrouve en effet, au-delà des traditionnels stands d’entreprise, des pianos en libre service, des balançoires ou encore des ateliers de danse.

"Ce climat décalé facilite les échanges rapides, informels et efficaces. On discute de choses sérieuses sans se prendre au sérieux", témoigne Valérie Bertheau, Vice-Présidente politique de produits chez Thalès, un des partenaires de l’événement. "Cela crée un choc des cultures quand on voit par exemple Guillaume Pépy, le président de la SNCF, avec sa cour en costume trois pièces qui trottine derrière lui et, à côté, des clowns qui circulent dans les allées", plaisante pour sa part un observateur québécois.


Créé et inspiré par Michelin

Un choc des cultures car, même si nous sommes dans la métropole québécoise, c’est souvent l’accent français "de France" qui résonne aux oreilles. Il faut dire que son instigateur n’est autre que Michelin, qui d’ailleurs a profité de l’occasion pour dévoiler son nouveau pneu révolutionnaire… sans air. Le Movin’On est en effet le prolongement du Challenge Bibendum Michelin, un événement autour des acteurs de l’automobile qui s’est déroulé de 1998 à 2014 dans différentes villes du monde (Berlin, Rio de Janeiro, Paris…). 


"Le Movin’On n’est plus un événement Michelin : Michelin n’est plus dans le nom, notre stand a la même taille que les autres. Mais on joue sur ce que représente notre marque pour rassembler l’ensemble de l’écosystème de la mobilité durable", indique Nicolas Beaumont, le Directeur du développement et de la mobilité durable du fabricant de pneumatiques et Senior vice-président de l’événement. À noter le passage du terme "automobile" à "mobilité" dans cette transition.


Un think tank, le Movin’On Lab, a d’ailleurs été mis sur pied avec, à son board une quinzaine d’entreprises comme Solvay, Dassault Systèmes, Total ou Microsoft. Et un fonds de dotation de 6 millions d’euros a vu le jour l’an passé pour pérenniser l’événement, avec, malgré tout, encore Michelin comme gros contributeur pour lancer la dynamique.

L’enjeu de l’internationalisation

"Il y a encore pas mal de Français au Movin’On car on a commencé avec les gens que l’on connaissait. Mais le but est d’arriver à faire venir des écosystèmes internationaux", assure Nicolas Beaumont, qui cite la présence cette année d’intervenants du World Economic Forum ou de la Banque Mondiale. "On pourrait en effet profiter de cette opportunité pour inviter des grands acteurs américains, comme les “Big Three”. On perdrait peut-être notre français mais les idées seraient encore plus globales", plaide François Bouffard, directeur des affaires globales au Canada de Dassault Systèmes.

"À l’origine, c’est vrai que c’était assez franco-français. Mais l’événement prend de l’ampleur et s’internationalise", analyse Philippe Montantême, directeur stratégie marketing recherche de Total Marketing & Services. Preuve de ce développement, de grosses entreprises comme la SNCF, via sa direction innovation et recherche, ou Transdev, ont fait le déplacement pour la première fois cette année. "On est venu en force avec les trois quart de notre comité exécutif, explique Yann Leriche, le directeur Amérique du nord de l’opérateur de transport multimodal. Avec plus de 5 000 participants, Movin’On fait désormais partie des événements de référence dans le domaine."

Pourquoi Montréal ?

Se pose malgré tout une question : pourquoi traverser l’Atlantique et venir à Montréal ? "Pour être très clair, la région n’est pas au coeur de notre dispositif", lance ouvertement Philippe Montantême de Total. "C’est une ville festive, multiculturelle, bilingue et qui sert de porte d’entrée vers l’Amérique du Nord", suggère Marc-Antoine Ducas, l’entrepreneur québécois derrière l’application de covoiturage Netlift.

"Cela a fait l’objet d’une longue discussion mais la ville est un creuset d’innovations dans la mobilité et l’intelligence artificielle, en plus d’être un écosystème accueillant", répond Valérie Bertheau. Selon le Journal de Montréal, le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ont injecté près de 3 M$ en trois ans dans l’événement. "Le Québec tourne à l’hydroélectricité donc la question du transport est très importante ici car c’est la source principale de CO2", ajoute Nicolas Beaumont.

Autre raison : l'organisateur du Movin’On, l’entreprise montréalaise C2, est également derrière la grand-messe annuelle de la ville sur la créativité, C2 Montréal, la semaine précédente. Deux événements à quelques jours d'intervalle avec le même dispositif logistique : on peut imaginer les grandes économies d’échelle engendrées. C2 n’a pas souhaité répondre à la demande d’interview de l’Usine Digitale.

Le Movin’On sera-t-il pour autant lié durablement à Montréal comme l’est le World Economic Forum à Davos ou l’International Transport Forum Summit à Leipzig ? "Aujourd’hui, on n’en sait rien, déclare M. Beaumont. On est bien à Montréal, on voit que ça fonctionne et on apprend en marchant. Ce n’est que la troisième année." Avant d’ajouter : "On se demande s’il n’y aurait pas intérêt à avoir des déclinaisons thématiques dans d’autres régions du monde."

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