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[MWC 2018] L'application Rumii veut être le Slack de la collaboration en réalité virtuelle

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Vidéo L'éducation et le travail collaboratif sont deux cas d'usage parmi les plus prometteurs de la réalité virtuelle. La start-up Doghead Simulations l'a compris, et cherche à en devenir la référence avec Rumii, une application de "VR-conférence" (évolution de la video-conférence) bâtie sur un modèle similaire à celui de Slack.

Rumii, l'application qui se positonne comme le Slack de la collaboration en réalité virtuelle
[MWC 2018] L'application Rumii veut être le Slack de la collaboration en réalité virtuelle © Doghead Simulations

Plusieurs éditeurs de solutions de réalité virtuelle dédiées à un usage professionnel sont présents au Mobile World Congress 2018. Parmi eux se démarque la start-up américaine Doghead Simulations, qui y présente son application de conférence VR : Rumii. Le concept n’est pas nouveau : aller au-delà de la vidéo-conférence traditionnelle en transportant les participants dans un même espace virtuel. Mais Doghead Simulations s'y est intéressé en constatant l'absence de solution satisfaisante sur le marché.

 

Une start-up née d'un besoin

"Tout a commencé il y a un an et demi, explique Chance Glasco, co-fondateur et Chief Creative Officer de la jeune pousse. J’avais quitté mon poste chez Infinity Ward, ma précédente entreprise, et je venais de déménager au Brésil. Je cherchais à l’époque à créer un jeu en VR avec Elbert Perez, qui est notre CTO. Nous faisions des vidéo-conférences pour communiquer, et nous nous sommes rendu compte que les solutions de vidéo-conférence étaient vraiment de piètre qualité et n’avaient pas évolué depuis longtemps. Alors nous avons décidé de nous attaquer à ce problème."

 

La start-up est encore toute jeune et emploie aujourd’hui 12 personnes, dont 5 à plein temps. Son application est disponible en accès anticipé sur son site web. Elle se destine au milieu éducatif ainsi qu’au monde de l’entreprise. Pour le moment, Rumii est compatible avec les casques Oculus Rift et HTC Vive, ainsi qu’avec ceux de l’écosystème Windows. Elle peut aussi être utilisée sur un simple écran 2D sous Windows ou Mac OS. La prochaine version du logiciel, qui sortira cette année, apportera une compatibilité avec les casques mobiles (type Gear VR ou Daydream View) et tout-en-un.

 

Une application déjà disponible et plutôt complète

Ce qui frappe en voyant Rumii, c’est la qualité visuelle de l’application et son nombre de fonctionnalités, même à ce stade encore précoce. Les utilisateurs apparaissent sous forme d’avatars stylisés mais qui disposent d’une personnalisation assez poussée et dont le résultat est satisfaisant à l’usage. L’application permet de partager des images, des fichiers vidéo et audio, des PDFs, ou carrément une reproduction en temps réel de son écran d’ordinateur. Elle dispose également d’un tableau blanc virtuel, d’une intégration avec le système de gestion de projet Jira, et d’une fonction de visualisation de modèles 3D.

 

Cette dernière est pour le moment limitée à des fonctions de déplacement, de rotation et d’activation ou désactivation de l’éclairage. Mais Chance Glasco nous a assuré que d’autres fonctionnalités y seront ajoutées cette année : découpe, mode explosé, sélection de composants et de sous-composants. Quant à la complexité des maquettes, le dirigeant l’estime limitée à 400 000 polygones. "Nous avons un partenariat avec une école de dentisterie et ils ont des scanners dentaires d’environ 300 000 polygones. Cela tourne avec une GeForce GTX 1060." Outre la puissance graphique, l'autre contrainte est le moteur Unity, sous lequel tourne Rumii. Les formats de fichiers compatibles sont OBJ et FBX.

 

 

Jusqu'à 20 utilisateurs par session dans l'immédiat

Rumii gère officiellement jusqu’à 20 utilisateurs par session pour le moment, un nombre qui devrait augmenter cette année. Un mode conférence va également arriver sous peu, dans lequel un présentateur peut s’adresser à une centaine de participants dont seuls quelques-uns pourront contribuer simultanément. Enfin, une fonctionnalité de distribution à grande échelle vers des participants passifs arrivera par la suite.

 

Autre fonctionnalité à venir : la possibilité d’enregistrer une conférence. "Il s’agira plutôt d’une vidéo 360° filmée depuis le centre de la pièce dans un premier temps, mais à terme il sera possible de rejouer intégralement la conférence en VR", explique Chance Glasco. L’un des points forts de Rumii est le peu de bande passante qu’elle nécessite. "Si vous pouvez streamer une vidéo en 720p, vous pouvez utiliser Rumii", commente le cofondateur. La raison est simple : seul le son et les coordonnées des avatars sont transmis sur le réseau.

 

Gratuit jusqu'à trois utilisateurs

Côté business model, rien n’est encore arrêté, mais Rumii expérimente un système à la Slack : l’usage est gratuit pour une équipe allant jusqu’à trois personnes, puis il faut payer 9,95 dollars par mois pour chaque utilisateur supplémentaire. Plusieurs entreprises comme HTC, Amazon, Los Angeles Film School et le chapitre de Calgary de l’AR/VR Association utilisent Rumii dans sa version gratuite.

 

Le premier client officiel (payant) est Full Sail University, une école privée spécialisée dans l’industrie du divertissement qui offre entre autres des cours en ligne. "L’éducation est l’usage le plus évident de Rumii, déclare Chance Glasco. Nous voulons transformer les cours en ligne en véritable école virtuelle." Le travail collaboratif est aussi un cas d’usage majeur, et Doghead Simulations a notamment mis au point une démonstration dans laquelle deux utilisateurs peuvent travailler ensemble sur le logiciel Avid Pro Tools pour créer de la musique.

 

Course contre la montre pour créer le logiciel de référence

Chance Glasco considère l’application BigScreen (disponible gratuitement) comme le principal compétiteur de Rumii, mais son orientation étant plus grand public, il pense que Doghead Simulations peut s’imposer sur le segment B2B. Pour autant, les start-up travaillant sur des logiciels de conférence et de collaboration VR ne manquent pas (dont plusieurs français). Rumii devra donc rapidement faire ses preuves pour s’imposer face à une concurrence bien réelle et plus féroce qu'on ne pourrait le croire.

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