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[MWC 2022] La voiture connectée, un smartphone presque comme les autres

Les mondes du semi-conducteur et du logiciel se rapprochent de ceux des équipementiers et des constructeurs automobiles. Cela pourrait avoir une conséquence inattendue selon Renault. 
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[MWC 2022] La voiture connectée, un smartphone presque comme les autres
[MWC 2022] La voiture connectée, un smartphone presque comme les autres © Olivier Martin Gambier

Dans les allées du Mobile World Congress 2022, la voiture n'est pas encore un smartphone ou un PC comme les autres, mais c'est en devenir. On ne peut plus parler de mobilité connectée sans évoquer le véhicule connecté. En témoignent par exemple les annonces de Qualcomm autour de sa nouvelle solution pour l'industrie automobile, Snapdragon Digital Chassis, qui combine la connectivité, le framework d'applications télématiques, le système d'infotainment et d'aide à la conduite (ADAS) au sein d'une même plateforme.

Convergence
La convergence est en marche. Aujourd'hui les leaders de l'innovation mobile comme Qualcomm rachètent des compétences logicielles aux équipementiers automobiles (Veoneer), tandis qu'il y a quelques années on avait vu Renault racheter des activités de R&D à Intel. Alors que le constructeur français investissait très peu en logiciel il y a encore quatre ans, désormais 2000 personnes y travaillent, et environ 10% de ses efforts de R&D passent dans le software.

Les partenariats entre constructeurs et fabricants de semi-conducteurs se multiplient aussi. Qualcomm, dont l'activité automobile génère 1 milliard de dollars de chiffre d'affaires, affirme travailler avec l'ensemble des constructeurs automobiles. Son objectif à 10 ans est d'atteindre 8 milliards de chiffre d'affaires. Et si certains clients se contentent de lui acheter ses puces, comme GM, d'autres comme BMW utilise aussi ses solutions logicielles.

Plateforme matérielle, plateforme logicielle
Ces rapprochements avec les constructeurs ont aussi pour but de sécuriser leur approvisionnement en composants électroniques. On a vu avec la pénurie de semi-conducteurs (dont on ne verra pas la fin avant 2023) à quel point l'industrie automobile est dépendante de ces fournisseurs.

Et plus la voiture devient un objet connecté, plus les puces dont elle a besoin se rapprochent des composants les plus évolués du marché, utilisés par exemple dans les smartphones. Ainsi, les systems-on-chip (SoC) de Qualcomm utilisés dans son Digital Chassis sont actuellement produits en 5 nm, et en 2024 le procédé passera en 4 nm, nous indique Nakul Duggal, le patron de la branche automobile de Qualcomm. 

Cette connectivité à la carte, comme le propose Qualcomm, fait figure désormais de deuxième "plateforme", au sens automobile du terme (la structure de base d'un véhicule, composée notamment du châssis, qui peut servir à plusieurs modèles différents). En plus de la plateforme matérielle, il faut désormais compter avec la plateforme numérique. Mais les constructeurs sont aussi prudents quant au fait de trop se reposer sur leurs fournisseurs.

"La valeur résiduelle baissera moins rapidement"
"En tant que constructeur automobile, nous devons avoir le contrôle sur le cœur de la partie logicielle, sinon il y a trop de bugs et on devient trop dépendant des équipementiers. C'est pour cela qu'au lieu d'avoir un cerveau qui contrôle ce qui se passe dans l'habitacle, un autre pour l'infotainment, etc., comme dans les anciens véhicules où il y a une unité de commande électronique par fonction, nous préférons centraliser le système", explique Thierry Cammal, Alliance Global VP Software Factory au sein du groupe Renault.

Côté consommateur, tout cela se paiera, c'est sûr, mais si l'on en croit Thierry Cammal, cela pourrait constituer un mal pour un bien, avec un effet de bord qui arrangerait bien les clients qui conservent longtemps leur auto. "La valeur résiduelle des véhicules baissera moins rapidement, car 40% de leur valeur viendra du software, et ils seront upgradables. La voiture ne sera plus un objet statique qui se déprécie." Adieu, l'argus !

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