Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

MWC : Intel dégaine sa puce SoFIA pour enfin s’imposer dans les smartphones

Le numéro un mondial des semi-conducteurs Intel donne le coup d’envoi de son offensive dans les smartphones en lançant ses premières puces intégrées SoFIA. Objectif : se faire une place au soleil en passant par les petits constructeurs chinois de mobiles, comme il a su le faire dans les tablettes. Pas sûr qu’il gagne son pari.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

MWC : Intel dégaine sa puce SoFIA pour enfin s’imposer dans les smartphones
Le CEO d'Intel Brian Krzanich présente un téléphone tournant sur la puce SoFIA lors de l'Intel Developer Forum de Shenzhen 2014. © Intel

Après les tablettes, les smartphones. Intel profite du Mobile Word Congress, l’événement phare des mobiles qui se tient du 2 au 5 mars à Barcelone (Espagne) pour se lancer à l’assaut du marché. Son arme ? SoFIA, son premier circuit intégré combinant le processeur d’application, en charge des fonctions de PC de poche, et le modem cellulaire, responsable des fonctions de réseau. Brian Krzanich, le patron du groupe, est venu en personne donner le coup d’envoi de cette offensive.

Jusqu’ici, le numéro un mondial des semi-conducteurs offrait les fonctions de processeur d’application et de modem sous la forme de deux composants séparés. Un positionnement qui le mettait à la marge du marché avec seulement quelques terminaux chez principalement deux constructeurs : le taïwanais Asus et le chinois Lenovo. Il fournit aussi ses modems à d’autres, comme Samsung.

une puce intégrée pour défier Qualcomm

Avec ses circuits SoFIA (Smart of Feature phone with Intel Architecture), Intel rejoint le club des fournisseurs de puces intégrées qui comprend Qualcomm, le pionnier et leader du marché, mais aussi Nvidia, Broadcom, Marvell, Samsung et HiSilicon Technologies, le bras armé en semi-conducteurs de l’équipementier télécoms chinois Huawei. Il démarre avec deux composants à modem 3G. La gamme devrait s’enrichir au second semestre 2015 par un produit à modem 4G au standard LTE.

Le groupe de Santa Clara fonde beaucoup d’espoir sur l’intégration pour gagner en compétitivité et percer sur le marché des smartphones. Pour le moment, il semble avoir convaincu seulement deux noms connus des smartphones : Asus et le finlandais Jolla. Mais c’est sur des acteurs chinois moins connus, présents dans l’écosystème de Shenzhen comme Emdoor, Hampoo, Malata ou Yifang qu’il mise pour amorcer la pompe avec des smartphones à moins de 75 dollars. C’est ainsi qu’il a gagné la bataille des tablettes en 2014 face à Qualcomm.

Le pari forcé du low cost

Brian Krzanich réussira-t-il son pari ? Selon Sravan Kundojjala, directeur associé au cabinet Strategy Analytics, le roi de processeurs pour PC dispose d’un grand boulevard devant lui : "De par son faible coût, SoFIA s’adresse aux segments d’entrée et de moyenne gammes des smartphones, qui représentent aujourd’hui une portion importante du marché, complètement ouverte à Intel." Mais ce positionnement risque de cantonner le groupe américain à des produits à faible valeur ajoutée, certes promis à une forte croissance dans les années à venir, mais à faible valeur ajoutée quand même.

Intel n’a guère le choix. Une portion importante du marché échappe aux fournisseurs de puces, parce qu’elle est satisfaite par des solutions captives. Apple n’utilise que ses propres processeurs Ax. Samsung, qui faisait jusqu’ici à appel à des solutions extérieures en complément de ses processeurs Exynos, envisage de privilégier ses propres composants. Huawei se prépare à faire de même. Ces trois constructeurs trustent 46,1% du marché des smartphones, selon les chiffres de Strategy Analytics pour le quatrième trimestre 2014. Il reste donc un marché libre de 54%, solidement contrôlé aujourd’hui par l’américain Qualcomm et le taïwanais MediaTek.

Intel pourrait-il se frayer une place entre ces deux mastodontes ? "Oui, répond Sravan Kundojjala. SoFIA est une solution compétitive, si bien qu’elle n’aura pas besoin de subvention pour s’imposer contrairement à ce qui s’est passé dans les tablettes." Selon l’analyste, Intel a toutes les chances de doubler sa part de marché en un an. Pas de quoi pavoiser. Selon Strategy Analytics, Intel se classe dixième mondial en 2014 avec seulement 0,4% du marché en valeur. Qualcomm, qui s’en arroge environ 50%, n'est pas près de s'inquiéter.

Ridha Loukil

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media