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Nest Labs arrive en France pour chambouler la maison connectée

Les thermostats et détecteurs de fumée de l’américain Nest Labs, commercialisés en France à partir du 18 septembre, sont bien plus que de simples objets connectés supplémentaires pour la maison. Ils revisitent totalement le concept de domotique et menacent directement des acteurs comme Legrand ou Schneider.
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Nest Labs arrive en France pour chambouler la maison connectée
Nest Labs arrive en France pour chambouler la maison connectée

Netflix lundi. Nest Labs Jeudi. En une semaine, ce sont deux acteurs majeurs du numérique américain qui débarquent en France avec des atouts certains pour bousculer les acteurs historiques locaux. Le premier dans le domaine de la télévision et du cinéma, avec un service de vidéos à la demande par abonnement ultra-performant. Le second dans tout ce qui touche au confort ménager et à la domotique.

C’est que ses deux produits connectés, un détecteur de fumée et un thermostat, font beaucoup plus que détecter de la fumée et gérer la température !  Pourtant, comme avec Netflix et son catalogue de vidéo pas si ébouriffant à première vue, le thermostat de Nest Labs  pourrait rassurer les concurrents. Inadapté aux chauffages électriques,  incapable de piloter la température pièce par pièce, il a beau apprendre tout seul vos habitudes, avoir un design léché (un des cofondateurs vient de chez Apple) et disposer dès son arrivée en France d’un réseau de 200 points de vente et d’installateurs, (y compris un offre spéciale chez Direct énergie), il n’a rien d’effrayant.

Sauf que, plus que de régler la température, il incite à changer ses habitudes, et permettrait avec ses statistiques, accessibles en ligne et sur smartphone de réaliser de 13 à 31% d’économie sur son chauffage. Et avec son petit frère détecteur de fumée (entre autres), il partage un écosystème avec des partenaires de choix (Mercedes Benz, Logitech, Jawbone, Whirpool) pour savoir si la voiture est au garage, pour lancer la machine à laver au meilleur moment, pour caler la température sur l’activité physique des habitants présents dans la maison, ou encore piloter des ampoules à Led colorée, pour lancer l’alarme si un problème survient (chute, feu…).

Pour une maison consciente

Le détecteur de fumées et de monoxyde de carbone, justement baptisé Nest Protect, fait aussi office de détecteur de présence, de veilleuse de nuit ou d’éclairage de passage dans les zones sombres. Son capteur d’humidité fait la différence entre fumée et sortie de salle de bain… Plutôt que de faire hurler sa sirène, une douce voix de femmes parle doucement, dans votre langue, pour prévenir d’un risque de problème ou d’une anomalie. Et, bien sûr, communique avec le thermostat…  

C’est ce produit-là qui pourrait vraiment bousculer le marché de la domotique français.  D’autant qu’il arrive en France quelques mois avant l’entrée en vigueur d’un décret qui oblige à l’installation de détecteurs de fumée dans tous les habitats !

Des produits de rupture

Mais pour s’imposer Nest va devoir rassurer. Pas sur les capacités techniques de ses produits, mais sur la sécurité des données personnelles. La start-up américaine promet que toutes les données sont cryptées, que le client en garde le contrôle total et peut à tout moment choisir de les effacer de chez Nest ou sélectionner quelles données il partage avec les autres objets connectés de l’écosystème. Et elle promet que Google, qui l’a acheté en janvier 2014 pour 3,2 milliards de dollars, ne voit rien de ses données clients…  Mais les capacités de la NSA, comme des Hackers de tout poil, rendent ces promesses bien fragiles. Le fait que pour s’implanter en Europe (en même temps que la France, Nest ouvre les marchés de la Belgique, de l’Irlande et des Pays Bas) l’américain pilote ses activités depuis Londres où il commercialise ses produits depuis avril 2014, pourrait aussi déplaire à certains.

Pour autant, l’arrivée de Nest Labs sur le marché de la maison connectée européen devrait faire des vagues. Et s’il n’a pas fait autant réagir - publiquement - les Legrand et Schneider que l’arrivée de Netflix n'a fait riposter les Canal+ et autre Numéricable, cela ne devrait pas tarder. Ou alors, c’est que, définitivement, les industriels français préfèrent regarder le tsunami numérique leur arriver dessus plutôt que de prendre de la hauteur.

Aurélie Barbaux

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