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Newmanity, le webmail qui veut décarboner vos e-mails

Garantir des e-mails qui génèrent deux fois moins de CO2 que la moyenne, et promettre de ne pas stocker les données personnelles : c'est la promesse de Newmanity, plate-forme d'engagement citoyen, qui propose désormais sa propre boîte mail, à l'attention des particuliers... et bientôt des professionnels. Comment la start-up peut-elle relever un tel défi ? En hébergeant ses données dans un datacenter plus vert. De quoi s'assurer un bon coup de pub', à quelques jours de la COP21.

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Newmanity, le webmail qui veut décarboner vos e-mails
Newmanity, le webmail qui veut décarboner vos e-mails

“Sur Newmanity on émet des idées, mais pas de CO2”. Telle est l’ambition affichée de la plate-forme française : une boîte mail respectueuse de votre vie privée et à faible émission de carbone. Et tout ça pour la bonne cause, puisque le site, créé en 2012, est originellement un réseau social dédié à l’engagement citoyen (pétitions, campagnes d'ONG). L'e-mail devient alors tout simplement un point d'entrée pour engager les internautes.

 

Des e-mails plus verts et plus éthiques, donc. Trop beau pour être vrai ? Pas forcément. “Nous voulons réduire l’empreinte numérique et carbone des échanges par courriel, ce qui passe par des infrastructures plus écologiques, mais pas seulement. Et d’ailleurs en collectant moins de données personnelles sur les utilisateurs, on limite les traitements big data, et on réduit de facto les émissions”, explique Stéphane Petitbon, directeur général de Newmanity.

 

Des datacenters plus verts

Aujourd’hui, la majeure partie de l’infrastructure d’internet est cachée dans le cloud : les serveurs d’hébergement sont regroupés en datacenters atteignant parfois la taille (et la pollution) de véritables villes. Autant dire que le cloud est une sacrée boîte noire, qui rend malaisée l’estimation de leurs émissions réelles de gaz à effet de serre pour les entreprises. 

 

C’est pourquoi nous avons choisi de travailler avec un datacenter néerlandais détenteur du label européen Greenfan, précise Stéphane Petitbon. Qu'a-t-il de plus ? “Le freecooling, ou refroidissement naturel des infrastructures, sans recours à des ventilateurs coûteux en électricité. Par ailleurs, c’est l’un des seuls datacenters en Europe à 100% alimenté par de l’électricité verte, chose possible aux Pays-Bas qui misent énormément sur l’énergie solaire, éolienne ou encore marémotrice. En France, ce qui est présenté comme 100% vert n'est souvent issu de la compensation carbone.”

 

“Là où l’envoi d’un e-mail émet en moyenne 20g de CO2 (selon une étude de l’ADEME réalisée en 2014), l'envoyer depuis notre service n’en émet que 10”, avance-t-il. Comment est-ce possible ? En faisant appel à l'hébergeur vert Greenshift, Newmanity a considérablement abaissé le PUE (power use effectiveness, ou indicateur d’efficacité énergétique) de ses serveurs : “Nous nous approchons de 1,1 contre 1,5 pour la moyenne des datacenters” (1 décrivant une efficacité de 100%), s'enthousiasme le directeur général.

 

Séduire les entreprises pour la cOP21

A qui s’adresse une telle opération séduction en vert ? Aux particuliers certes, mais pas seulement. Si le service a été ouvert gratuitement en freemium aux internautes en septembre 2015, il s’adressera également, dans une version payante, aux entreprises dès le 15 décembre 2015... quelques jours après le top départ de la COP21.

 

“Evidemment, l’adresse e-mail sera alors personnalisable selon le domaine de l’entreprise, souligne Stéphane Petitbon. Mais nous allons surtout proposer des services comme la vidéoconférence en-ligne, la VOIP, des outils d’aide à la gestion de projet”... Une offre d'ailleurs alignée sur celle de Google Apps for work. “Mais sur le plan technique, nous voulons aussi gérer les e-mails en peer to peer - c’est à dire éviter qu’un courriel échangé par deux collaborateurs sur le même lieu de travail ne transite par un serveur, ce qui contribuera vraiment à réduire l'empreinte écologique”, poursuit le patron.

 

L'initiative est saluable. Pour autant, afin de faire une véritable différence au niveau mondial, améliorer l'efficacité des datacenters ne suffira pas : ces derniers ne représentent que 25% des émissions totales de gaz à effet de serre, contre 47% imputables aux équipements des utilisateurs, selon les estimations de GreenIT.fr. Décarboner internet ne saurait alors être aussi simple qu'un changement de boîte mail. Ce sujet complexe sera peut-être, on l'espère, lui aussi abordé lors de la conférence climatique.

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