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Nokia supprime 1200 postes dans sa filiale française Alcatel-Lucent

Nokia réduit d'un tiers les effectifs de sa filiale française Alcatel-Lucent avec 402 suppressions de postes à Lannion et 831 à Nozay. Les syndicats accusent l'équipementier finlandais de violer les engagements pris lors du rachat d'Alcatel-Lucent en 2016. Bercy a immédiatement réagi à cette annonce et demande au groupe d'améliorer “très significativement” son projet de réorganisation.
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Nokia supprime 1200 postes dans sa filiale française Alcatel-Lucent
Nokia supprime 1200 postes dans sa filiale française Alcatel-Lucent

L'équipementier finlandais Nokia confirme le 21 juin 2020 la suppression de 1233 postes dans sa filiale française Alcatel-Lucent. Le plan concerne 402 suppressions de postes dans la R&D et les fonctions centrales à Lannion (Côtes d'Armor), et 831 à Nozay (Essonne). Nokia emploie 5 138 personnes en France, dont 3 640 salariés chez Alcatel-Lucent.

Les trois autres filiales françaises de Nokia, Radio Frequency Systems (RFS), Nokia Bell Labs France (NBLF) et Alcatel Submarine Networks (ASN), "demeurent en dehors du périmètre de ce projet", précise la direction.

Le 4e plan de licenciements collectifs depuis 2016
Ces suppressions de postes s'inscrivent dans "le cadre d'un plan mondial de réduction des coûts" lancé fin 2018, précise l'entreprise citée par Le Point. Elle veut "intensifier ses efforts pour améliorer sa compétitivité et garantir sa performance à long terme", "dans un contexte de marché où la pression sur les coûts demeure très importante"

"Ce sera le quatrième plan de licenciements collectifs depuis que Nokia a racheté Alcatel-Lucent début 2016", a relevé dans un communiqué l'intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CGT et CFTC d'Alcatel-Lucent. Il estime par ailleurs que l'équipementier viole ses engagements pris lors de son rachat examiné de près par le gouvernement de l'époque. "Nokia se moque de tout le monde, et en premier lieu du gouvernement français", assure le regroupement de syndicats.


Le retard de Nokia dans la 5G
Le groupe s'était engagé à préserver les emplois en France pendant deux ans et à y développer les équipes de recherche et développement afin de faire du pays une référence au sein du groupe pour la nouvelle génération de télécommunication mobile, la 5G. Cité par Reuters, un porte-parole du gouvernement estime d'ailleurs que Nokia doit améliorer “très significativement” son projet de réorganisation de ses activités en France.

"La France restera un pôle de R&D déterminant au sein de Nokia, principalement autour du développement des technologies 5G et de la transmission par faisceaux hertziens ainsi que dans la recherche avancée avec Bell Labs, dont l’Internet des objets et la nouvelle génération de solutions de transport. […] Nous comptons également continuer à jouer un rôle actif dans l’écosystème numérique français", promet Thierry Boisnon, directeur général de Nokia France. Or, Lannion et Nozay sont justement présentés par l'équipementier comme deux centres d’excellences mondiaux, spécialisés pour l'un dans la cybersécurité et l'autre dans la 5G et l'IoT.

Cette coupe dans les effectifs montre l'incapacité de Nokia à profiter pleinement du déploiement de la 5G. En France, l'équipementier a pourtant été choisi par le groupe Iliad (Free) pour équiper 100 % de son futur réseau 5G et par Orange pour 50 %. Mais à l'échelle mondial il n'arrive pas à combler son retard vis-à-vis de ses concurrents, Ericsson et Huawei. En un an, la part de marché du finlandais est passée de 20 % à 18,8 %, selon LightCounting Research cité par Les Echos

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